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Avec 72 Monaco-Nice à son actif, ce supporter de Monaco est l’homme des derbys

Supporter de l’ASM, Phil Berrini l’est tout autant des derbys azuréens. Un fidèle qui transpire autant que "ses" joueurs à chaque rencontre et ce depuis presque soixante ans. Rencontre.

Yann Douyère Publié le 19/09/2021 à 11:04, mis à jour le 22/09/2021 à 10:13
Le derby AS-Monaco-OGCNICE fait toujours vibrer les cœurs des supporters. archives J-F. O.

Il est un peu la version Docteur Jekyll et Mister Hyde du supporter. Au quotidien, Phil Berrini, "la soixantaine passée" est un artiste touche-à-tout, qui "malgré des mains de maçons est doté d’une délicatesse presque désarçonnante comme disait ma mère", plaisante l’intéressé.

Mais une fois au stade, on est jamais loin de l’extinction de voix "en partie à cause des mots vociférés aussi doux que ma carrure laisse imaginer". Un homme plein d’humour qui retrouve tout son sérieux quand on aborde l’AS Monaco, dont il est "amoureux". Bien qu’il soit résident niçois depuis plus de 40 ans.

Joe Dalton
versus Lucky Luke

"C’est un derby qui m’a véritablement fait aimer le foot. C’était dans les années 60, avec des joueurs que la plupart ont oubliés comme Charly Loubet à Nice ou Yvon Douis à Monaco. À l’époque, les deux clubs s’affrontaient en Division nationale et pas mal de fois en Coupe de France je me rappelle. Le 24 mars 1963, je m’en souviens comme si c’était avant-hier, l’AS Monaco avait fessé les copains niçois 6 buts à 2. J’étais ébahi, les étoiles dans les yeux et tout ce qui va avec. Ce jour-là, je suis devenu supporter de l’ASM", raconte un brin nostalgique celui qui part la suite fera de cette affiche son événement phare annuel.

 

Si bien que presque soixante ans plus tard, ce peintre autodidacte a consommé "72 derbys dans ma carrière de chauffeur de tribune. Ils n’ont pas tous une saveur particulière mais c’est un match avec une rivalité qui m’est chère et qui m’a toujours fait sourire. C’est vrai que Monaco et Nice sont séparés de quoi, 20 bornes ? Mais les deux villes n’ont tellement rien à voir, et j’ai eu la sensation par moments, de le remarquer sur le terrain ou dans les tribunes. Les Niçois avaient la hargne de faire tomber le voisin princier, alors que les Monégasques semblaient plus sereins, moins agressifs si je puis dire. C’est un peu Joe Dalton versus Lucky Luke. Je suis amateur de bande dessinée, je ne vous l’ai pas dit."

Une passion indescriptible

Car si Phil a entretenu de nombreuses passions et en a cultivé davantage, l’AS Monaco est une sorte de fil conducteur.

"L’émotion que l’on ressent quand on voit jouer notre équipe de cœur est presque incompréhensible pour le commun des mortels. Qui peut, outre un autre supporter, imaginer la puissance négative d’une défaite cruciale, qui plus est contre les rivaux supposés, comme en 2003 (lire ci-dessous) ? Ou ce quadruplé fantastique d’Onnis en 76 dans un match alors sans enjeu et aucunement décisif ? C’est ce qui fait la beauté de cette passion que l’on a, elle est indescriptible." Parole d’artiste.

 

Au Ray à l’époque ou au Louis-II, Phil a pris l’habitude d’y aller seul car "quand j’angoisse, je suis insupportable. Et puis mes amis n’aiment pas le foot ou pire, supportent une autre équipe que la mienne", rigole le Monégasque d’adoption.

Avec ses 72 derbys dans les pattes, il est loin d’être rassasié. "Je veux être centenaire, donc si on pouvait rejouer la Coupe de la Ligue ça m’arrangerait."

En attendant, il sera au Louis-II aujourd’hui avec la même ferveur qu’en 1963, avec peut-être un peu moins de voix.

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