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Aurélien, supporter de l'AS Monaco: "Je continuerais à aller au stade même en DH"

Mis à jour le 18/08/2017 à 09:20 Publié le 18/08/2017 à 09:18
Supporter de l’AS Monaco depuis ses 5 ans, Aurélien est au Louis-II comme à la maison.

Supporter de l’AS Monaco depuis ses 5 ans, Aurélien est au Louis-II comme à la maison. Photo M.A.

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Aurélien, supporter de l'AS Monaco: "Je continuerais à aller au stade même en DH"

Aurélien sera derrière l’AS Monaco à Metz, ce soir à 20h45. De ses premiers matchs au Louis-II à cinq ans jusqu’à son périple en Azerbaïdjan en 2015, le Mentonnais a tout vécu avec son club

"Mon amour pour l’AS Monaco? C’est dur à définir. Je serai toujours supporter, quoiqu’il arrive. Même si on descendait en Division Honneur, je continuerais à aller au stade."

Quand on parle de son club, Aurélien est du genre extrême. L’ASM, c’est une histoire de famille et une affaire sérieuse. Et même un peu plus que ça: quand on aime, on ne compte pas.

Jean-Pierre, son père, se rendait déjà à l’ancien stade Louis-II, avant de s’abonner au nouveau, dès 1990. Dès lors, Aurélien ne pouvait échapper à la passion.

"J’ai commencé à aller au stade à 5 ans, avec mon père. C’était vers l’an 2000 mais je n’ai pas de souvenirs du titre de champion", retrace-t-il. Sa revanche interviendra quatre ans plus tard, lors de la formidable épopée des Rouge et Blanc en Ligue des Champions.

En 2004, alors âgé de 10 ans, Aurélien assiste à quelques rencontres européennes dont le mémorable 8-3 infligé au Deportivo La Corogne mais doit faire l’impasse sur les prestigieuses affiches: "Ma mère ne voulait pas trop que j’aille au stade donc j’ai regardé Chelsea et le Real Madrid à la télé. Quand on se qualifie pour la finale, je suis comme un fou!" Mais le destin est taquin.

Les sommets, la chute…

Après avoir connu très tôt l’ivresse des sommets, Aurélien voit peu à peu son club nager en eaux troubles. Le navire chavire une première fois lors de la finale européenne (3-0), Aurélien sombre dans la tristesse.

"J’ai passé la nuit à pleurer. Si ça devait se reproduire aujourd’hui, je ne le vivrai pas de la même manière. Je serai déçu, certes, mais quand t’es petit, tu vis le truc complètement sur l’instant, sans jamais penser au futur", explique-t-il. Et vu les années suivantes, c’est à pleurer.

L’équipe qui l’a tant fait rêver s’en va, la «légende» Giuly quittant Monaco, au même titre que Rothen et Morientes. La flamme monégasque tient quelques saisons puis s’éteint le 29 mai 2011. Le bateau coule, Monaco descend en Ligue 2.

"J’étais au stade. Sur le moment, t’es en colère mais ça nous pendait au nez depuis deux ans. On faisait n’importe quoi.Tu te dis que ça te gonfle mais tu vas quand même au stade."

Suite à cette relégation, Aurélien commence à se déplacer pour soutenir son équipe à l’extérieur. «À Istres, la première fois», précise-t-il. Le début d’une longue série. Après avoir vu vaciller son club, il l’accompagnera vers la lumière.

Le 23 décembre 2011, Dmitry Rybolovlev, homme d’affaires russe, reprend le club. Le renouveau: "J’étais un peu sceptique, je ne voulais pas me faire de faux espoirs. De nouveaux joueurs arrivent et tu reprends confiance."

Un espoir devenu réalité lorsque Monaco s’offre un ticket pour la Ligue 1 au stade des Costières de Nîmes. "Carrasco rate un penalty et, derrière, Ibrahima Touré marque à la dernière seconde. C’était la libération. Rien que d’en parler, ça me donne les frissons."

Après une saison aboutie, Monaco retrouve les joutes européennes. Aurélien, qui sillonnait déjà la France du football, va découvrir l’Europe. La Russie, la Suisse, la Belgique, l’Angleterre, l’Espagne, l’Allemagne… et l’Azerbaïdjan s’ouvrent à lui.

... une lueur et le titre

"À Bakou, on était 10 et on s’est séparés en deux groupes. On est arrivés les premiers au stade, sans billets, et le stadier nous a laissés rentrer. On n’a rien compris, lâche-t-il en rigolant. J’ai une préférence pour les pays de l’Est. J’étais tellement content de visiter Saint-Pétersbourg et Moscou! Disons que le foot est un bon prétexte pour voyager."

Pour financer ses voyages, ce diplômé en journalisme multiplie les petits boulots. Ce qu’il aime dans les déplacements, c’est "les moments entre potes" durant le trajet. "Tu t’éclates et tu vas supporter le club que tu aimes", ajoute Aurélien. Mais la joie peut vite laisser place à la douleur.

Du bonheur des Costières à l’horreur de Dortmund… Le Mentonnais de 23 ans était dans le stade au moment de l’annonce de l’attaque.

"À 20h20, personne ne s’échauffe. Bizarre, se remémore-t-il. Un message en allemand est dicté, on ne comprend rien puis on entend un mec gueuler qu’il y a une attaque sur le bus allemand. Et là, le speaker annonce en français que le match est reporté. On était solidaires. Mais qu’est-ce que le foot à avoir avec ça? C’est un truc qui rassemble normalement…"

Ces événements ne l’ont pas poussé à arrêter ses déplacements, n’ayant "jamais eu peur dans les stades". 15 jours plus tard, il était au Parc des Princes. Il assistera à la dernière de la saison, à Rennes, après avoir loupé le match du titre contre Saint-Etienne, à cause du travail.

"Je l’ai en travers de la gorge. Depuis le temps que je l’attendais… Même si je n’y étais pas, je suis quand même champion de France! Ce titre, il est aussi pour nous, supporters qui n’avons rien lâché. Nous sommes archi fidèles."

Aujourd’hui, il fera la route jusqu’à Metz pour encourager son équipe de cœur et rentrera dans la foulée pour prendre son service à 11h30. À son retour à Menton, il aura atteint 80.400 kilomètres pour l’AS Monaco, soit un double tour du monde.

De quoi donner du crédit à ce qu’écrivait Albert Camus en son temps: "Il n’y a pas d’endroit dans le monde où l’homme est le plus heureux que dans un stade de football…"

Offre numérique MM+

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