Rubriques




Se connecter à

AS Monaco : presque trop facile... Falcao, et de deux qui font onze

Sans forcer et avec une efficacité redoutable, Monaco a très (trop) facilement disposé du LOSC de Marcelo Bielsa dans le Nord (4-0). Place à Porto maintenant

A Lille, Mathieu FaureA Lille, M.FAURE Publié le 23/09/2017 à 05:21, mis à jour le 23/09/2017 à 05:21
Stevan Jovetic avait ouvert le score pour l'AS Monaco. Son premier but sous ses nouvelles couleurs cette saison.
Stevan Jovetic avait ouvert le score pour l'AS Monaco. Son premier but sous ses nouvelles couleurs cette saison. AFP

Mine de rien, se confronter à une équipe de Marcelo Bielsa, même quand celle-ci affiche une moyenne d'âge de 22 ans - plus jeune équipe d'Europe - c'est assez excitant quand on aime le football. Hier, Leonardo Jardim et son escouade ont regardé dans le blanc des yeux l'entraîneur qui a inspiré Josep Guardiola, Mauricio Pochettino et Jorge Sampaoli, rien que ça. Et force est de constater que Jardim, « El Tactico », n'a rien à envier à Bielsa, « El Loco ». Oui, les deux coaches n'ont pas le même matos sous la main mais, dans un stade Pierre-Mauroy très calme malgré la situation catastrophique du LOSC (17e ce matin), Jardim a donné une leçon de réalisme, mais aussi de football à Bielsa (4-0). Car Monaco est un animal à sang-froid et après trente minutes de jeu, le club de la Principauté n'avait cadré que deux frappes. Le score ? 2-0.

Deux buts en 7 minutes qui plus est. Moralement, l'adversaire est au tapis. Couché. Sonné. KO. Monaco a déployé son 4-4-2 d'école, avec un pressing haut d'entrée pour gêner les sorties de balle du 3-3-3-1 de Bielsa et notamment Junior Alonso dont le ballon semblait lui brûler les pieds. Ce n'est d'ailleurs pas anodin de voir l'ASM ouvrir la marque sur une passe manquée lilloise. Sur le coup, le pauvre El Ghazi se troue et Jovetic fait parler sa technique et son sang-froid. Monaco marque sur sa première demi-occasion. La recette des grands. A la 50e minute de jeu, Marcelo Bielsa a dû s'arracher les derniers cheveux en regardant les statistiques offensives de l'ASM. 4 tirs cadrés, 3 buts. Une équipe de Ligue des champions, c'est ça. Tueuse au possible. « Nous avons été dépassés à tous les niveaux. A aucun moment du match, nous n'avons réussi à nous hisser à hauteur de l'AS Monaco » a simplement analysé Bielsa après la rencontre. En bon Sud-Américain, Marcelo Bielsa a également dû apprécier le match de Falcao.

Falcao, 11 buts en 7 matches

 

L'artificier principal du Rocher, auteur d'un doublé hier, affiche déjà 11 buts en 7 journées de Ligue 1. Cela donne quand même de sérieux arguments à l'ASM pour tutoyer les sommets. Des chiffres qui, d'ordinaire, devraient donner le tournis à n'importe qui, mais Monaco est dans une telle folie offensive depuis un an que l'incroyable devient, non pas banal, mais presque normal. Falcao n'a pas le bagage technique de Neymar, la débauche d'énergie de Cavani, la vitesse de Mbappé, la personnalité de Balotelli, non, le Colombien est un homme qui cite Dieu le tout puissant dans chaque phrase, prend son temps sous la douche et parle d'une voix calme. Mais dans la surface de réparation, il devient bestial.

Animal. Tueur.

Hier, il n'a pas fait un grand match dans le jeu mais il termine la rencontre avec un nouveau doublé dans la besace. Ce matin, le Tigre pèse 43 buts en 56 matches de Ligue 1. Et c'est largement suffisant pour faire de Monaco un prétendant à sa propre succession. A quatre jours de la réception de Porto, Monaco s'est donc préparé de la meilleure des façons. On se doute que l'équipe de Sergio Conceiçao proposera une opposition plus dense, plus compacte et plus agressive que la jeune garde lilloise complètement amorphe, en attendant Monaco continue son excellent début de saison. Et avec 18 points sur 21 possibles en Ligue 1, sans vraiment donner l'impression d'avoir trouvé ni son rythme de croisière ni son équipe type, c'est fort. Très fort. Terriblement fort.

Auteur d'un nouveau doublé, Falcao affiche 11 buts après 7 journées de championnat. Le Colombien avance à un rythme frénétique. Indécent !

BENAGLIO : le Suisse poursuit son brillant intérim. Très bien placé sur des tentatives de Ié (71') et surtout de Ponce (76'), il voit une frappe de Luiz Araujo frôler son montant (45'), et celle d'El Ghazi passer à côté (53'). Il dégage une vraie solidité.

TOURE : Sidibé suspendu, le latéral droit a saisi l'opportunité de montrer qu'il était mieux qu'une simple doublure. Il offre à Ghezzal le but du break à la suite d'une montée dans le dos de la défense lilloise.

 

GLIK : affublé du surnom « tueur à gages » par Thierry Laurey après la victoire contre Strasbourg, le Polonais a donné encore un peu plus de poids à sa légende. Il a envoyé des relances dans les cimes du Nord récompensées par les « Glik, Glik, Glik » du parcage monégasque, et annihilé la moindre envie de révolte lilloise.

JEMERSON : face à la vitesse de Pépé, il ne s'est pas dispersé et a très vite éteint l'ancien joueur d'Angers. Appliqué.

JORGE : petit à petit, le Brésilien commence à trouver ses marques et encaisse mieux les coups. Parfois sur un fil face à El Ghazi en début de match, il a très vite trouvé son rythme de croisière. Il va chercher un penalty comme un grand, à la course, en seconde période.

GHEZZAL : le gaucher a ouvert son compteur but d'une reprise du gauche à la suite d'un centre en retrait de Touré d'une frappe limpide. Il monte doucement en puissance et semble avoir mis la main sur ce poste de milieu droit.

Très intéressant quand il repique puisqu'il trouve facilement des positions de tir (75') et provoque beaucoup dans les 30 derniers mètres avec le déchet que cela engendre (23 ballons perdus). Remplacé par Lemar qui retrouvait les pelouses après sa petite blessure à la cuisse.

MOUTINHO : le taulier retrouvait le XI de départ et a très vite repris ses bonnes habitudes. Le premier relanceur, c'est lui. Et face à une équipe qui ne presse pas, il s'est régalé comme jamais. Un adulte qui jouait au ballon dans une cour d'école primaire.

FABINHO : tout semble si simple avec lui : récupération, pressing, relance. En même temps, vu la liberté d'action qu'il avait, il ne s'est pas privé. Il manque le cadre sur une superbe action individuelle où il croise trop sa frappe (68'). Dans la lignée de ses dernières sorties.

 

R.LOPES : le Portugais retrouvait Lille, où il a joué pendant trois ans, il avait donc à cœur de bien figurer. Il est au départ du troisième but où il fait tout : gagne son duel avec Bissouma, bute sur Maignan avant de voir Falcao terminer le travail. Du gaz et de l'épaisseur.

FALCAO : le meilleur buteur de Ligue 1 est dans une forme olympique. Toujours aussi solide dans son jeu dos au but et dans les airs, il trouve le chemin des filets en début de seconde période, de la tête, à la suite d'un bon travail de Rony Lopes avant de s'offrir un doublé sur penalty. Déjà onze buts en Ligue 1. La saison passée était celle de la résurrection mais à ce rythme, il faudra canoniser le Tigre en fin d'exercice. Remplacé sous les applaudissements par Carrillo.

JOVETIC : deuxième titularisation de rang pour le Monténégrin et premier but sur ce délicieux enroulé du droit à l'entrée de la surface. Son contrôle orienté avant la frappe est un bijou. Difficile de rester de marbre face au football des Balkans dont l'intelligence balle aux pieds saute aux yeux. Un peu plus discret après son but. Remplacé par Diakhaby qui avait du jus.

AFP.

Offre numérique MM+

...

commentaires

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.