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Alors que revoilà Jardim... Opération commando

Mis à jour le 26/01/2019 à 05:06 Publié le 26/01/2019 à 05:06
Leonardo Jardim sait déjà que le costume d’entraîneur de l’ASM lui va comme un gant.

Leonardo Jardim sait déjà que le costume d’entraîneur de l’ASM lui va comme un gant. J.-F. Ottonello

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Alors que revoilà Jardim... Opération commando

Licencié en octobre, Leonardo Jardim retrouve l’ASM à la place de Thierry Henry. Le Portugais, officialisé hier jusqu’en 2021, sera du voyage à Dijon mais retrouvera le banc à GuingampAprès les défaites honteuses contre Strasbourg (1-5) et Metz (1-3) au Louis-II, Monaco se rend à Dijon, 18e, avant de filer à Guingamp, mardi, pour deux matches qui doivent tout changer

L’avantage de reprendre Leonardo Jardim au poste d’entraîneur de l’AS Monaco, c’est le gain de temps dans une période où l’ASM n’en a plus.

Le coach portugais, licencié en octobre moyennant 8 millions d’euros, vit toujours à Monaco avec sa famille, possède déjà des costards du club et maîtrise parfaitement le groupe monégasque à l’exception des recrues hivernales. La direction russe du club ? Des amis. « Je suis très reconnaissant envers le club, envers Vadim (Vasilyev) et envers le président (Dimitri) Rybolovlev pour le pari qu’ils ont fait avec moi quand je suis venu du Sporting Portugal, en 2014. Et aussi envers le Prince (Albert II), qui m’a toujours soutenu, m’a toujours encouragé, y compris quand j’ai quitté le club. Une partie de mon cœur est à Monaco » disait-il à nos confrères de L’Equipe en début de semaine dans une interview qui, aujourd’hui, prend un tout autre sens.

Évidemment, on peut s’interroger sur la stratégie du club qui consiste à virer un entraîneur qui concède ne plus avoir de ressources pour tirer le meilleur de son groupe pour finalement le reprendre trois mois plus tard. Pourquoi Jardim aurait-il plus de solutions aujourd’hui qu’en octobre ? Qui plus est face à un groupe de joueurs complètement perdu qui n’a jamais réussi à rebondir sous Thierry Henry, dont le passage sur le banc est, maintenant on peut l’affirmer, un fiasco total.

Et comment les joueurs qui avaient lâché le Portugais vont-ils accueillir son retour au club ?

Pendant trois mois, Jardim, lui, a voyagé, fait du ski, de la pétanque, des courses en bagnole, bref, il s’est ressourcé loin des soucis monégasques.

Cette fraîcheur sera-t-elle suffisante à l’heure de retrouver un groupe fatigué et apeuré ?

Quid du staff technique élargi venu avec Thierry Henry (Bob Tahri, Romain Giroud, Franck Passi) ?

Quid des recrues comme Cesc Fabregas ? L’Espagnol est venu sur le Rocher, en partie, pour Thierry Henry. Par ailleurs, le mercato d’hiver a été mené en concertation avec « Titi » (volonté d’avoir des profils qui collaient avec sa défense à trois, par exemple).

Sans oublier le directeur sportif Michael Emenalo, dont les rapports avec Jardim sont, au mieux, froids et distants. Les chantiers sont toujours là. Et nombreux même si Leonardo Jardim connaît la maison, la Ligue 1 et réalise souvent des miracles.

Son dernier en date ?

Revenir en héros dans un club qui estimait qu’il n’était plus l’homme idoine il y a trois mois. Cette affaire - qui pourrait coûter environ 13 millions d’euros d’indemnités de licenciement entre celui de Jardim (8) et de Henry (5) - montre deux choses. La direction russe est réactive et n’a pas peur de faire marche arrière quand elle se trompe.

Dans le même temps, on a l’impression que le projet monégasque est dans le flou le plus total depuis cet été.

Jardim a quatre mois pour éviter un désastre encore plus grand. Si l’équipe se maintient, avec un roster bâti pour faire un podium ne l’oublions pas, on dira de lui qu’il est un héros. S’il échoue, il aura fait de son mieux. Dans les deux cas, il n’a rien à perdre. Et c’est bien le seul à Monaco dans ce cas aujourd’hui.

On remet tout à plat. Ou presque. En une semaine, Monaco va réaliser un exploit, celui de jouer trois matches avec trois entraîneurs différents : Thierry Henry contre Metz, mardi, Franck Passi ce soir à Dijon et, enfin, Leonardo Jardim à Guingamp, mardi.

Un jeu de chaises musicales qui ne fait pas franchement rire les supporters de l’ASM qui se demandent dans quel bourbier leur cœur a mis les pieds depuis le début de saison.

Ce soir, Monaco entame une série de deux matches clés pour sa survie.

Dijon en Ligue 1, 18e au classement, et Guingamp en demi-finale de Coupe de la Ligue, mardi.

Deux matches qui peuvent tout changer.

Soit Monaco réagit enfin et saupoudre un peu de joie sur sa fin de saison avec une éventuelle qualification européenne en cas de victoire en Coupe de la Ligue, ce qui serait un miracle au regard de la saison.

Soit l’équipe continue de s’enfoncer et le seul objectif viable jusqu’en mai tient en un seul mot : maintien.

Comment le groupe va-t-il réagir au départ de Thierry Henry ? En football, c’est souvent la même chose quand un coach est congédié, les langues se délient.

« Titi » était trop arrogant, exigeant, sûr de lui et dépassé par sa fonction.

Globalement, Jardim a eu droit au même traitement quand il n’arrivait plus à faire passer son message en octobre. Les joueurs étaient lassés, s’ennuyaient à l’entraînement et pestaient contre cet entraîneur qui ne donnait que trop peu d’explications. Le destin va permettre aux deux parties de se retrouver dans l’intimité d’un huis clos puisqu’entre Dijon, ce soir, et Guingamp, mardi, l’équipe ne rentrera pas sur la Principauté.

Cette mise au vert de quatre jours ressemble à ce qu’elle est : une mission commando. Franck Passi, comme Henry avant lui et comme Jardim après, va devoir trouver les mots pour motiver cette équipe qui peine à se transcender.

Il se dit que Thierry Henry a perdu l’appui des anciens au fur et à mesure de ses décisions vexatoires.

Donner le brassard de capitaine à Tielemans en cas d’absence de Falcao partait d’une bonne intention, il fallait « réveiller » le Belge. Mais Glik l’a pris comme un affront. Surtout que l’explication a mis du temps à venir jusqu’aux oreilles du Polonais. Des petites histoires comme ça, le groupe en regorge depuis la prise de fonction de Thierry Henry, début octobre.

Rien de bien méchant mais l’accumulation des grains de sable a fait dérailler une machine qui peinait déjà à avancer.

Au sein du groupe règne malgré tout une forme d’incompréhension. Parce que l’effectif est trop dense pour y créer la moindre émulation (près de 50 joueurs susceptibles d’être convoqués dans les 18). Et aussi car le staff (technique, médical ou autre) qui gravite autour de l’équipe première est tout aussi dense. « Il y a des gens qui sont au contact de l’équipe première dont j’ignore complètement la fonction » souffle un salarié. Comme souvent en cas d’échec, on se dévisage.

On pointe du doigt les responsabilités des uns et des autres. Henry, Vasilyev, Rybolovlev, Emenalo, les joueurs.

Chacun a son bouc émissaire en ligne de mire.

Pour le moment, seul le poste d’entraîneur a été mis en danger. Jardim d’abord, puis Henry. Avec le retour du Portugais à son poste, Monaco se focalise sur l’essentiel : sa survie. Alors que certains suiveurs de l’ASM trouvent que la saison actuelle a des faux airs de celle de 2010-2011 qui s’était terminée en Ligue 2, le board monégasque ne veut pas en entendre parler. On espère un électrochoc. On disait la même chose avec l’arrivée de Thierry Henry. En attendant, à Dijon, on est aussi prêt à en découdre à en croire Antoine Kombouré : « C’est une finale avec un match à six points. Gagner est essentiel. Le changement d’entraîneur à Monaco ne change rien pour nous dans la préparation. On jouera contre onze Monégasques ».

Les Monégasques doivent prouver qu’ils sont capables de jouer en équipe, ce soir, à Dijon.
Les Monégasques doivent prouver qu’ils sont capables de jouer en équipe, ce soir, à Dijon. Cyril Dodergny

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