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Un véhicule d'expédition

Hier, le constructeur monégasque a présenté au souverain le premier engin « zéro émission » capable d'évoluer en milieu hostile (-50 °C). Il sera testé par le prince Albert II en mars au Canada

Thibaut Parat Publié le 01/12/2018 à 05:06, mis à jour le 01/12/2018 à 05:06
Jean-François Ottonello

Dans les anciennes écuries du Palais, transformées depuis en garage, les voitures de la famille princière ont laissé place à deux autres véhicules pour le moins atypiques. À des années lumières l'un de l'autre.

À droite, la Venturi VFE-05, engagée en Formule E (lire page suivante). Esthétiquement épuré et qui n'attend que d'avaler les courbes des circuits automobiles.

À gauche, un mastodonte orange de deux tonnes répondant au doux nom d'Antarctica. Au design robuste. Une sorte de jouet pour enfants géant qu'on prendrait plaisir à conduire. C'est, bien sûr, tout le contraire puisqu'il s'agit en réalité du tout premier véhicule d'expédition polaire électrique, pensé par Venturi. Réputé « zéro émission ». Capable d'évoluer sur terrain hostile et de résister à des températures flirtant avec les moins 50 °C. « Jusqu'à présent, sur certaines zones de recherches, les chercheurs étaient obligés de se déplacer à pied pour ne pas polluer les champs d'études, confie Gildo Pallanca-Pastor, président de Venturi Automobiles. Désormais, ils vont bénéficier d'un véhicule efficient, très maniable et avec une très bonne motricité et pourront mener leurs recherches sans polluer ces sites où la qualité des analyses se joue à la molécule près. »

 

Ce projet un peu fou est parti d'un constat, pour le coup réaliste. Celui du prince Albert II, en 2009, alors qu'il visitait quelque 21 stations de recherches scientifiques en Antarctique. « Ils n'avaient pas de moyens de mobilité propre pour travailler, transporter du matériel et se déplacer, même sur des distances courtes », raconte le souverain.

Un premier prototype

L'idée a germé. Pour se concrétiser avec la naissance d'un prototype, élaboré entre 2013 et 2015. Lequel a été testé en zone froide du côté de Gréolières. Une fois les données récoltées sur cette première version, l'équipe d'ingénierie de Venturi a pondu une seconde version. Dotée d'une technologie de batterie plus performante et d'un rendement général amélioré.

En mars prochain, l'Antarctica, deuxième génération, sera cette fois testé dans une contrée plus lointaine, au cours d'une expédition baptisée « Back to Telegraph Creek », du nom de ce lieu aux confins du Canada. Un hommage, aussi, à la Croisière blanche de 1934, l'un des quatre raids automobiles de Citroën au début du XXe siècle. L'expédition sera menée par le prince Albert II aux côtés de Xavier Chevrin, président de Venturi North America et de Chris Hadfield, un astronaute canadien. « Ils se relaieront sur un trajet de 42 km entre Dease Lake et Telegraph Creek, dernière partie de cette expédition restée inachevée du fait de la nature du terrain et des conditions climatiques désastreuses à l'époque », commente-t-on chez Venturi Automobiles. Sur place, il sera alors question de vérifier la fiabilité de l'appareil mais aussi sa résistance aux conditions climatiques des plus draconiennes.

 

Des contacts établis

Dès lors, le véhicule sera expédié en Antarctique pour des missions scientifiques. « Des contacts sont établis avec deux institutions proches de cette région : l'Institut polaire français Paul-Émile Victor et la station belge Princesse-Élisabeth, confirme Bernard Fautrier, vice-président de la Fondation Prince Albert II qui accompagne activement le projet. Cette dernière a développé une station vertueuse car essentiellement alimentée par des énergies renouvelables. On peut imaginer qu'elle produira l'électricité qui va servir à charger les batteries du véhicule. »

Un cercle pour le moins vertueux. Et respectueux de ces régions du globe, les premières impactées par le changement climatique.

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