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"Si sa mort peut sauver...": son petit frère décédé, elle écrit un livre qui raconte le calvaire de ses addictions

Mis à jour le 03/08/2020 à 14:09 Publié le 03/08/2020 à 14:05
Derrière le sourire, une infinie tristesse chez celle qui a voulu rendre hommage à son petit frère à travers ce livre poignant.

Derrière le sourire, une infinie tristesse chez celle qui a voulu rendre hommage à son petit frère à travers ce livre poignant. Photo DR

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"Si sa mort peut sauver...": son petit frère décédé, elle écrit un livre qui raconte le calvaire de ses addictions

Résidente ramatuelloise, Johanna Kohl a écrit pour témoigner de la descente aux enfers de son petit frère toxicomane, Mickaël (29 ans), retrouvé pendu en septembre dernier. Rencontre.

Johanna Kohl passe ses vacances en famille à Ramatuelle, où elle vient chaque année depuis qu’elle est toute petite.

Mais cet été, c’est le cœur gros que cette Alsacienne de 33 ans séjourne sous le ciel varois. Johanna avait un petit frère, Mickaël, décédé le 12 septembre 2019.

Au lendemain d’une grosse déception sentimentale, il est retrouvé pendu dans l’appartement de sa fiancée. L’enquête privilégie la thèse du suicide mais la famille a des doutes sur les circonstances de sa mort et porté plainte pour suspicion d’homicide.

Johanna ressent une terrible culpabilité de ne pas avoir décelé assez tôt la perdition de ce frère pourtant très proche. Alors elle a décidé d’écrire, de témoigner, pour que d’autres drames puissent être évités.

« Loin du noir, je cherche la lumière, loin du noir vers un nouvel horizon », c’est un récit de 170 pages où elle se glisse dans la peau de Mickaël, à la première personne, pour raconter qui était cette forte tête, à qui on ne pouvait rien refuser, qui se croyait invincible.

Une adolescence de petit caïd dans une cité alsacienne, les premières drogues à l’âge de 16 ans. Elles ne le lâcheront plus, les dealers non plus.

C’est le placement en foyer, le divorce de ses parents, trois années de prison, deux autres à vivre dans la rue. Et toujours les drogues, diverses et variées.

Mickaël semble avoir stoppé sa descente aux enfers quand il prend son premier appartement et trouve un boulot dans une entreprise d’échafaudage. Mais le 20 mars 2015, c’est l’overdose et le coma.

Il a les poumons ravagés mais il s’en sort par miracle alors que les médecins le pensaient perdu. La convalescence est longue, Mickaël suit des traitements et tente de se sortir de ses addictions mais ce ne sera, hélas, qu’un sursis. En septembre dernier, il avait 29 ans.

Comment est née l’idée de ce récit ?
Nous, sa famille, on a seulement pris conscience de la détresse de Mickaël et de ses addictions quand il s’est retrouvé dans le coma. Quand les médecins nous ont dit ce qu’il avait comme drogues dans le sang et que ses poumons étaient ceux d’un homme de 85 ans... J’ai voulu raconter sa vie, son combat, avant tout pour sauver des vies. Car Mickaël arrivait à toujours montrer que tout allait bien, que tout était normal. On ne s’apercevait de rien. À travers ce livre, je veux alerter les familles. Personne n’est à l’abri de faire de mauvaises rencontres comme cela a été le cas pour Mickaël. Il ne faut pas laisser faire, ne pas lâcher. Il faut s’inquiéter et prendre les choses en main quand une personne s’isole de plus en plus de ses proches, de sa famille, qu’on la voit dépérir physiquement. J’ai déjà réussi à aider deux familles et j’en suis vraiment très heureuse. Il faut du soutien, du courage, et se dire qu’il n’est jamais trop tard pour venir en aide à quelqu’un qui est en train de se détruire. Et qui est déchiré parce qu’il ne sait pas comment s’en sortir. Mais pour cela il faut être très vigilant sur les signes qui peuvent alerter car on peut facilement passer à côté. Souvent la personne qui est addict va vous repousser, devenir méchante, s’isoler. Mickaël, à la fin de sa vie, on lui courait toujours après. La première réaction, c’est de laisser cette personne dans son coin. Et c’est tout l’inverse qu’il faut faire, quitte à la brusquer.

Quand l’avez-vous écrit ?
J’ai commencé juste après son décès et j’ai mis neuf mois. Il est sorti début mai et depuis, les commandes n’arrêtent pas.

Où peut-on se procurer votre livre ?
En me contactant sur ma page Facebook. Je me suis auto-éditée pour environ 150 exemplaires et cela part comme des petits pains. Mais je souhaite trouver un éditeur pour que ce livre puisse être diffusé plus largement, qu’il serve à faire de la prévention dans les lycées, les collèges. J’ai envoyé des manuscrits à des maisons d’édition mais je n’ai pas encore de réponse. J’aimerais aussi qu’il puisse faire l’objet d’une fiction pour la télévision, un téléfilm, car beaucoup de personnes n’aiment pas lire. Je prépare un second livre qui parlera de l’après, de l’enquête qui a pris du retard à cause du confinement. Il y a beaucoup d’éléments troublants, de choses que l’on a apprises par la suite...

Écrire, est-ce que cela a été pour vous une façon de faire le deuil de ce petit frère ?
Le fait d’écrire en le faisant parler lui, c’était une façon pour moi de le faire vivre éternellement, dans les yeux et le cœur des gens, de le faire voyager... Et si sa mort peut sauver ne serait-ce qu’une personne, au moins il ne sera pas parti pour rien : il aura réussi son combat après tous les échecs qu’il a connus dans cette vie-là.

Parlez-vous de cette vidéo où l’on vous voit effeuiller en silence des messages sur votre frère...
Mickaël chantait et jouait de la guitare. C’est lui qu’on entend en fond sonore... Il avait la vie devant lui, il avait des rêves, des espoirs. Se retrouver devant un cercueil parce qu’on n’a pas su faire ce qu’il fallait, c’est un moment très difficile.


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