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"Pourquoi tout confinement partiel est une aberration". Jean Leonetti hostile à un troisième week-end confiné sur la Côte d'Azur

Mis à jour le 09/03/2021 à 18:29 Publié le 09/03/2021 à 18:30
Le maire d’Antibes conteste l’efficacité d’un troisième week-end de confinement.

Le maire d’Antibes conteste l’efficacité d’un troisième week-end de confinement. Sébastien Botella / Nice Matin

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"Pourquoi tout confinement partiel est une aberration". Jean Leonetti hostile à un troisième week-end confiné sur la Côte d'Azur

Alors que la décision du préfet sur un 3e week-end de confinement est attendue ce mercredi, de plus en plus d’élus jugent que cette mesure aurait plus d’inconvénients que d’avantages.

"Je constate que plus aucun élu du 06 ne propose un confinement le week-end prochain", tweetait hier le maire d’Antibes. En estimant que le gouvernement et le préfet des Alpes-Maritimes devraient y renoncer, Jean Leonetti se prononçait en faveur d’une accélération de la vaccination. Seule chance, selon ce médecin, de sortir du tunnel, peut-être dès le début du mois de mai. Voici son raisonnement.

Pourquoi êtes-vous hostile au principe d’un nouveau week-end de confinement ?

Un confinement ne porte ses fruits qu’au bout de trois semaines à un mois. Partiel, il n’a jamais prouvé son efficacité. Même dur et prolongé, il n’a pas abouti à une situation de "zéro Covid". C’est donc une arme dont on doit peser à chaque fois l’efficacité sanitaire au regard des difficultés sociales, économiques. Par ailleurs, on a tout intérêt à ce que les gens sortent dans les grands espaces, les contaminations se faisant essentiellement dans le cadre familial et professionnel, dans les lieux clos.

On se contamine entre soi…

Un confinement total doit être éliminé car il serait inacceptable, même s’il devait porter ses fruits. Même en Israël, il a été durement ressenti, encore qu’il y ait été couplé à une vaccination de masse pouvant donner une perspective. Cette vaccination de masse, nous ne l’avons pas. Je défends l’idée qu’il existe des méthodes prouvées médicalement et qui sont efficaces et comprises par la population : la vaccination, donc, le masque, la prise en charge précoce des malades. Le couvre-feu est un confinement, s’y ajoute celui des week-ends. Malheureusement, tous les confinements partiels sont peu efficaces et peut-être même néfastes.

Le confinement partiel, néfaste ?

Je continue à penser que le couvre-feu à 18 heures qui précipite les gens dans un laps de temps très court dans les magasins ou les transports en commun est un point négatif qui peut favoriser la propagation de la maladie. Déjà, un confinement partiel est une aberration, puisqu’il faut six semaines d’un confinement total pour une efficacité. Ensuite, on interprète les résultats. Et d’une manière erronée. Il n’y a pas de modélisation réelle de la pandémie. Nous avons des fluctuations avec des vagues. On ne peut pas, en haut de la vague, prolonger la ligne et dire que dans un mois, nous serons tous morts. On ne peut pas non plus, dans la petite descente de la vague, prévoir que dans quinze jours, nous serons tous libérés. Un peu de modestie, d’autant que la baisse de l’incidence dans les A-M commence avant le premier week-end de confinement.

Ce troisième week-end n’est pourtant pas improbable ?

Alors que, sur le plan local, plus un élu ne le défend, je pense que, du côté de la préfecture, on a bien ressenti le faible degré d’acceptabilité de ce confinement du week-end, le plus pénalisant. On peut travailler, mais pas s’aérer ? C’est extrêmement limite, alors que nous entrons dans le printemps. Et impossible à prolonger de manière perpétuelle, compte tenu des agitations dans des banlieues où le maintien de l’ordre est déjà difficile. Quand on prend une mesure, on regarde son intérêt, ses inconvénients, mais aussi l’acceptabilité et enfin la capacité que nous avons de la faire respecter. On peut mettre des pluies de PV sur la Promenade des Anglais. C’est plus ardu quand on a cinquante jeunes à un pied d’immeuble.

Donc, la vaccination. Vous avez été ministre, vous êtes médecin, que pensez-vous de l’éventualité d’une obligation chez les soignants ?

Pour moi, c’est une obligation morale. 32 % au CHU ? À l’hôpital d’Antibes, 75 % des médecins sont vaccinés et 60 % des infirmiers. Plus on sait, moins on sait. L’AstraZeneca a été dénigré alors qu’il n’avait pas encore été testé chez les personnes âgées. Les études écossaises montrent qu’il est même le plus efficace chez les plus de 75 ans. D’autant que les réactions fébriles qui lui sont reprochées dans les 24 heures suivant l’injection sont inversement proportionnelles à l’âge. Malheureusement, ce vaccin a beaucoup dormi dans les frigos.

Quelles perspectives ?

Si, la semaine prochaine, le gouvernement décidait de maintenir un confinement pour le week-end sans être en capacité de prolonger l’effort de vaccination tel que nous l’avons connu dans les A-M, il lui sera vite reproché d’avoir fait une opération de communication, et non pas d’accélération. L’enjeu, c’est d’obtenir dans la semaine qui vient un nombre important de doses. Je me suis fait critiquer pour avoir défendu l’idée qu’il fallait vacciner plus, là où il y avait plus de propagation. La carte montrait que les territoires où la circulation du virus était la plus faible avaient la plus forte couverture vaccinale. Le gouvernement a réagi positivement ce week-end, il ne faut pas que cela s’arrête. Au moins, que l’on se maintienne à un plateau élevé pour que soient vaccinés mi-avril les sujets âgés et ceux à comorbidité. Quinze jours après, nous aurons une diminution de la mortalité et de la pression sur les hôpitaux. Et tel est bien l’objectif recherché.

La vaccination donne déjà les résultats escomptés ?

S’il y a un seul indicateur à retenir sur le plan national comme sur le plan local, c’est que la mortalité, chez les plus de 75 ans, est en chute. Hospitalisation et décès se reportent sur la tranche d’âge inférieure. Il ne faut pas l’interpréter en disant que cela tue des gens de plus en plus jeunes. La réalité, c’est que la Covid ne tue plus les très vieux. Parce qu’ils ont reçu les injections. Il n’en reste que 3 000 à vacciner à Antibes, sans compter les comorbidités. Nous devons recevoir très vite les doses dont nous avons besoin. Le Président aura gagné son pari et, dans les A-M, on observera une décroissance des hospitalisations dans le courant du mois d’avril, et une reprise de l’activité économique entre avril et mai.

La fin du tunnel est proche ?

Dire que tout sera fini, ce n’est pas vrai. Mais je suis favorable à un "pass" sanitaire, et non pas seulement vaccinal, qui permette, avec des tests rapides, de retourner au théâtre, au restaurant, et de reprendre une vie normale. Donnons à chacun le moyen de se tester et de se vacciner. À Antibes, nous avons supprimé toutes les activités en mars, nous sommes vigilants pour avril et nous maintenons tout pour mai. Avec l’idée de recouvrer une activité normale cet été. Pour le moment, poursuivons l’effort. Il n’y a déjà plus de clusters mortels en Ehpad. Normalisons les visites dont les personnes très âgées ont besoin pour leur vie. Pour leur qualité de vie. Pour leur survie.

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