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Elle laisse ses deux fillettes seules pour une nuit d’ivresse

Mis à jour le 29/11/2019 à 10:17 Publié le 29/11/2019 à 10:17
« C’est une femme en proie à des violences extrêmes, elle a été massacrée », a plaidé l’avocat de la prévenue en évoquant sa séparation avec son ex-mari.	(Illustration MM)
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Elle laisse ses deux fillettes seules pour une nuit d’ivresse

L’immoralité de la conduite inattendue d’une mère de famille a été évoquée devant le tribunal correctionnel.

L’immoralité de la conduite inattendue d’une mère de famille a été évoquée devant le tribunal correctionnel. Cette trentenaire, invitée par une amie, a abandonné quelques heures ses deux fillettes sans surveillance dans son appartement pour s’enivrer dans deux établissements de nuit.

On peut être surpris d’un tel comportement de la part d’une femme par ailleurs malmenée par une séparation difficile avec un mari violent. La sollicitation « amicale » ne serait-elle d’ailleurs pas un dessein pervers de l’époux afin d’obtenir la garde des enfants, comme l’a laissé entendre le conseil de la prévenue ?

Le tribunal s’est uniquement concentré sur l’infraction de délaissement. Elle est caractérisée dans la nuit du 9 au 10 juillet dernier. Cette généraliste laisse ses deux gamines seules dans son logement fermé à clé dès 23 h 45, sans avertir le concierge de l’immeuble du quartier de l’Annonciade. On la retrouve au « Sass’Café », vers 1 h 15, alcoolisée avec un comportement agressif. Les policiers viendront à plusieurs afin de la maîtriser, l’interpeller et la conduire au CHPG.

« J’ai perdu la tête »

Au cours de son interrogatoire, la mère affirme que ses enfants sont à la maison avec leur père. Contacté par téléphone, le gardien de l’immeuble conforte les soupçons des fonctionnaires : il n’y a aucun adulte dans l’appartement. Les agents se déplacent jusqu’à l’étage indiqué afin d’ouvrir la porte avec les clés de l’occupante. Les deux fillettes dorment seules dans le grand lit. Sur la table de nuit un appareil permet d’épier tout mouvement à distance. Une connaissance de la famille viendra au domicile pour surveiller les enfants pendant la garde à vue de la mère.

La présidente Françoise Barbier-Chassaing veut comprendre pareille aberration : « Pas de nounou, un téléphone, pas de clés déposées chez le concierge pour pénétrer dans l’appartement ? Or, c’est obligatoire dans des immeubles de grande hauteur. Expliquez-vous ! »

Apeurée, larmoyante, la prévenue reconnaît son erreur. « J’ai perdu la tête. Quand on m’a appelé pour boire un premier verre au Buddha Bar, j’ai essayé de joindre la baby-sitter. Victime de violences de la part de mon mari, je venais de changer les serrures et je n’avais pas encore laissé les clés au gardien… »

« Vous semblez exercer illégalement la médecine »

La magistrate soulève aussitôt : « Il n’y a aucune trace d’un appel de la personne qui garde vos enfants. Puis, vous semblez exercer illégalement la médecine sur le territoire monégasque. Des règles s’imposent dans cet État souverain. » Le ministère public a écouté attentivement. Il va se poser des questions sur les cotisations sociales…

Sur l’heure, le contexte du divorce ne fait pas partie du débat pour le premier substitut, Olivier Zamphiroff. « Peu importent les difficultés du couple. Ce qui compte à cette audience ce sont les enfants sans surveillance. Ce système téléphonique est-il fiable pour être en relation en temps réel avec les bambins ? À tout moment, le réseau peut disparaître. C’est un risque inconsidéré qui ne fait pas tomber l’infraction. Pendant ce temps Madame se met dans des états déplorables pour une nuit d’ivresse. Et chez elle, aucun aliment pour faire déjeuner ses enfants. Une peine de 5 000 euros est compatible avec son train de vie. »

« Elle a été massacrée et s’est réfugiée en Principauté »

La défense va insister sur la période épouvantable vécue par sa cliente. « C’est une femme en proie à des violences extrêmes, elle a été massacrée. Elle est venue se réfugier provisoirement en Principauté avec ses fillettes. Ce soir-là, elle était malheureuse, d’où son acceptation à sortir. Or, dès le lendemain, le mari va déposer une requête devant le juge tutélaire pour la garde des enfants. Comment a-t-il été averti ? Cette mère a-t-elle été piégée ? L’enquête sociale démontre que la nourrice a été contactée. Vous avez tous les éléments d’une personne attentive pour ses enfants. Laissez-la résider à Monaco où elle est venue se protéger… »

Le tribunal prononcera une amende de 10 000 euros. Soit le montant de ses émoluments mensuels.


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