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Noyade dans le Verdon: le père d'une victime témoigne

Le 25 juillet, Maïlys, 19 ans, décédait, aspirée par un siphon, alors qu’elle avait pied, dans les Gorges. Deux mois plus tard, son père se bat pour alerter la population des dangers

Prisca Thivaud (pthivaud@varmatin.com) Publié le 17/09/2013 à 07:09, mis à jour le 17/09/2013 à 09:13
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À la vue du site, très fréquenté par les familles, rien ne pouvait laisser présager un tel drame. C'est ici même que Maïlys, 19 ans, a perdu la vie, par moins d'1m50 d'eau. DR

Le 25 juillet, Maïlys, 19 ans, décédait, aspirée par un siphon, alors qu’elle avait pied, dans les Gorges. Deux mois plus tard, son père se bat pour alerter la population des dangers

À aucun moment, Maïlys, 19 ans, a pensé qu'elle prenait un quelconque risque, ce 25 juillet dernier. Son année aux Beaux-arts à Marseille bouclée, la jeune Iséroise entendait souffler un peu en prenant la direction des Gorges du Verdon, avec son petit ami, pour quelques jours de vacances. Une destination qui lui sera fatale. Victime d'une noyade.

Pour son papa, accablé par le chagrin, un tel drame, ne doit plus jamais se reproduire. D'où sa volonté de témoigner. « Ce qui est arrivé à ma fille peut arriver à tout le monde, il faut bien le comprendre. Elle n'a commis aucune imprudence »,assure-t-il, la gorge serrée.

 

Un site fréquenté par les familles

Le dernier jour, avant de plier bagages, ils avaient décidé de balader du côté du Chalet de la Maline et de traverser la passerelle de l'Estellié pour chercher un endroit où piquer une tête. « Il y avait du monde, des familles avec leurs enfants, insiste son père. Le Verdon était bas, avec un débit de 1,5 m3d'eau selon EDF. La profondeur était faible, 1,50 m au plus ».

Avec son compagnon, ils se rafraîchissent avant de rentrer. Ce dernier sort directement tandis que Maïlys décide de longer les rochers côté sortie d'eau.

« Son copain l'a vue subitement disparaître sous ses yeux. En fait, elle s'est coincé le pied au fond, entre deux rochers. Elle a alors perdu l'équilibre et est tombée dans le déversoir, là où le flux augmente et où le phénomène de siphon s'accentue. Il a essayé de la sortir, il la touchait, il avait pied ! Des pères de famille sont venus à sa rescousse. En vain. Ce genre d'accident peut arriver à tout le monde.».

 

Pour le papa de Maïlys, venu sur place, la scène est insupportable. « J'avais besoin de voir, de situer, de me représenter les choses pour comprendre, essayer de faire mon deuil. On ne peut pas mourir ainsi ».

Installer des bornes d'appel d'urgence

Ce dernier, qui déplore le fait qu'il ait fallu plus de trente minutes en courant pour grimper jusqu'au poste de secours, entend mobiliser l'administration afin de réfléchir à un dispositif plus efficace, plus rapide. Même s'il est conscient que « Maïlys a dû décéder en deux ou trois minutes seulement ».

« En me rendant sur place, j'ai constaté la difficulté d'alerter les secours, dans une zone où les familles sont nombreuses en saison, en raison du bas niveau du Verdon, franchissable à gué. Ne serait-il pas possible d'installer une ligne directe de téléphone au niveau de la passerelle de l'Estellié, permettant ainsi de réduire les délais d'alerte? On pourrait sans doute réanimer des victimes. Pour ma fille, énormément de moyens ont été mobilisés. Mais c'était déjà trop tard… »

Un dispositif impossible à mettre en place, selon les services de la Préfecture. En raison de la configuration du site et de l'absence de réseau, seul une liaison satellitaire, via portable, peut être imaginée. Un dispositif très coûteux, qu'il serait impossible de laisser sur place. Seule solution, apparemment : que les promeneurs soient équipés, individuellement…

 

Le père de Maïlys, quant à lui, entend sensibiliser la population. Afin de faire comprendre à tous les utilisateurs qu'un tel drame, en aucun cas lié, à ses yeux, à une imprudence ou à la pratique d'un sport extrême, peut arriver à tout le monde.

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