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Le muguet niçois aussi rare que le trèfle à quatre feuilles

Mis à jour le 01/05/2014 à 08:04 Publié le 01/05/2014 à 07:45
Charles Cirasa a fait le plein de muguet en pots et en brins coupés...

Le muguet niçois aussi rare que le trèfle à quatre feuilles

Trop galère cette production de fleurs d'un jour, autrefois cultivée sur nos collines. A Nice, sur le cours Saleya, persistent toutefois quelques irréductibles de ce brin porte-bonheur.

Trop galère cette production de fleurs d'un jour, autrefois cultivée sur nos collines. A Nice, sur le cours Saleya, persistent toutefois quelques irréductibles de ce brin porte-bonheur.

Après Pâques et la chasse aux œufs en chocolat, voici venue la course aux grappes de clochettes qui sonnent l'arrivée du printemps. En bouquet ou en pot, le muguet, fleur porte-bonheur, est à offrir le 1er mai. Soit demain. Une tradition qui remonterait à la Renaissance, depuis que Charles IX prit l'habitude d'offrir à chaque dame de la cour un brin de ces lys des vallées…

Enracinée dans le pays nantais (Loire-Atlantique), cette production de fleurs d'un jour se cultive aussi à Bordeaux (Gironde) et en Allemagne pour inonder, quelques jours avant le 1er mai, le marché français.

Et le muguet niçois, dans tout ça ? Il a existé autrefois, cultivé par des générations d'horticulteurs attachés aussi bien aux traditions qu'à la beauté gracile de cette plante de sous-bois. Si depuis, cette production azuréenne se poursuit notamment à Cagnes-sur-Mer, La Gaude et sur les versants de Gattières, en revanche celle du muguet nissart a quasiment disparu de nos collines.

« Trop galère, trop de soins, pour une production éphémère sur un marché trop concurrentiel », défend-on. En deux mots : non rentable.

Dans les exploitations horticoles, les clochettes du mois de mai ne poussent plus, remplacées par des kyrielles de plantes et agrumes en pots. Toutefois, sur le marché aux fleurs existent encore quelques producteurs irréductibles du brin de muguet.

Griffes achetées surgelées !

Françoise Maillat en fait partie. Les jeudis, samedis et dimanches matins, cette horticultrice de Saint-Laurent-du-Var débarque, sur le cours Saleya, avec sa cargaison odorante. Quantité d'ibiscus, géranium, lavandes, marguerites, sauges, plantes de jardins et, au milieu, des pots de muguet.

« Notre production est petite et se limite à 300 pots. Juste de quoi rendre service à notre clientèle. Côté bénéfices, notre marge est réduite, livre Françoise. On ne gagne pas grand-chose, juste des soucis… »

Cette production de plantes forcées est de l'aveu de Françoise délicate. La griffe - c'est-à-dire la racine avec un petit bout de tige - achetée auprès de producteurs en gros, arrive comme les carrés de poissons panés : surgelée ! Entre sa décongélation et sa mise en pot, il faut compter un mois de culture et de soins. Dans le terreau et sous abri pour voir pousser ces brins de muguet.

« Cette plante craint la chaleur comme le froid. Le secret réside donc dans la bonne température, pour que le jour J, cette fleur arrive en boutons ni trop fermés, ni trop éclos. Et ça, c'est stressant ! »

Demain, Françoise sera donc sur le marché, comme d'autres producteurs ou revendeurs de muguet. Pour écouler, à 7 euros le pot, ces griffes qu'elle a décongelées, plantées et transformées en grappes de clochettes porte-bonheur…


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