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Le gérant du restaurant "Piedra del Sol" expulsé après 6 ans de procédure à Monaco

Antonio Petrini, gérant et copropriétaire de la Piedra del Sol, le restaurant situé rue du Portier, a été sommé par huissier de quitter les lieux. Son conflit avec l’administration date de 2008

Axelle Truquet Publié le 17/12/2014 à 08:17, mis à jour le 17/12/2014 à 09:24
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Antonio Petrini ne possède plus les clés de la Piedra Del Sol qui avait ouvert ses portes il y a 20 ans. Cyril Dodergny

Antonio Petrini, gérant et copropriétaire de la Piedra del Sol, le restaurant situé rue du Portier, a été sommé par huissier de quitter les lieux. Son conflit avec l’administration date de 2008

Après 6 ans et demi de procédure, le couperet est tombé. Antonio Petrini, le copropriétaire et gérant du restaurant Piedra Del Sol, a été expulsé ce lundi 15 décembre. L'épilogue d'une procédure entamée il y a plus de 6 ans.

Cet Italien s'occupe de l'établissement depuis vingt ans. « La société SCS Petrini & Cie était titulaire d'une convention d'occupation précaire et révocable portant sur une parcelle de terrain dépendant du domaine public de l'État située au 2, rue du Portier, aux fins d'exercice d'une activité de bar-restaurant sous l'enseigneLa Piedra Del Sol, explique l'administration des Domaines. L'échéance de cette convention, non renouvelable tacitement, était fixée au 30 juin 2008. L'État de Monaco a souhaité ne pas la proroger, ainsi qu'il en a le droit et tel que mentionné à la convention. »

 

Communication complexe

Sauf qu'Antonio Petrini regrette qu'à l'époque, rien n'ait été clair : « Je n'ai jamais reçu de préavis, ni de résiliation. J'ai été informé un peu par hasard. Je n'ai jamais reçu de réponses par écrit à mes courriers. »

« Bien que l'administration n'en avait pas l'obligation, rétorquent les services de l'État, elle a pris soin d'en informer la société SCS Petrini & Cie. Cette dernière a refusé, en dépit de plusieurs demandes amiables, de libérer les lieux. »

Le restaurateur multiplie alors les contacts auprès de l'administration et de conseils. « Je me suis entretenu au téléphone avec le conseiller de gouvernement pour les Finances et l'Économie de l'époque. Il m'a confirmé que la convention ne serait pas renouvelée. J'ai donc fait appel à un avocat. Il m'a certifié que tout serait vite réglé. Quelques jours plus tard, il avait radicalement changé de ton. Il m'a annoncé qu'il ne pouvait rien faire pour moi que j'allais être expulsé. Je ne comprends toujours pas ce qu'il s'est passé. J'ai toujours payé le loyer, assumé toutes mes obligations. »

 

En mars 2009, Antonio Petrini reçoit une lettre du ministre d'État lui signifiant le retrait de son autorisation d'exploitation. Cette décision a été annulée par le Tribunal suprême.

L'État a mis en œuvre plusieurs procédures à l'encontre du restaurateur. Elles se sont soldées par un avis d'expulsion appliqué en début de semaine.

Ce lundi 15 décembre, à 10 h 30, un huissier accompagné par la force publique est donc venu déloger Antonio Petrini. Il a fallu renvoyer les employés chez eux.« Ils étaient quasiment tous en extra, je ne pouvais plus embaucher des CDI, ne sachant pas combien de temps tout cela durerait. » Le restaurateur ne cache pas sa déception.

« Je perds mon fonds de commerce qui avait été estimé entre 2,5 et 3 millions d'euros. » Reste à savoir comment se positionnera la Cour de révision, que le restaurateur a saisie, d'ici quelques mois.

 

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