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La tour Odéon met les riverains de Beausoleil à l'ombre

Mis à jour le 15/02/2015 à 15:04 Publié le 15/02/2015 à 15:00
Les travaux de la tour Odéon ont débuté le 4 novembre 2009 sous le nez de riverains de Beausoleil impuissants.
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La tour Odéon met les riverains de Beausoleil à l'ombre

Après cinq ans d’études et de travaux titanesques, celle qui sera la plus haute tour résidentielle d’Europe sera livrée au printemps. À ses pieds, dans l’ombre, les riverains racontent…

Après cinq ans d’études et de travaux titanesques, celle qui sera la plus haute tour résidentielle d’Europe sera livrée au printemps. À ses pieds, dans l’ombre, les riverains racontent…

D'ici quelques mois, le penthouse de la tour Odéon, le plus haut building résidentiel d'Europe qui affiche 170 mètres de hauteur, sera livré.

Trois mille mètres carrés sur quatre étages avec une piscine à débordement et un toboggan pour y accéder, une salle de danse et un ascenseur personnel depuis le bas de la tour qui mettra huis secondes pour grimper les 48 étages…

Un logement hors normes, donc, avec une vue imprenable sur la Méditerranée, dont le prix est estimé à 500 millions d'euros…

>>RELIRE.

De là-haut, les villas des riverains des vallons de la Noix, de la Roussa et du bas du boulevard Guynemer, sur la commune de Beausoleil, paraissent toutes petites. Toutes petites et sans doute aussi trop en bas pour que les plaintes se fassent entendre.

Car ceux qui vivent là ont vu la tour pousser comme un champignon… vénéneux. Et en toute impuissance, disent-ils.

Aujourd'hui, à quelques semaines de sa livraison, c'est avec résignation et colère qu'ils repensent à leur combat perdu.

«Peur de fâcher la Principauté»

«En 2008, quand j'ai acheté mon appartement, c'est la vue que j'avais sur la mer qui a tout déclenché. Un vrai de coup de foudre», se souvient Angelo. Depuis son balcon, il scrute désormais la tour qui, à quelques mètres de ses jardinières, domine le paysage. Il est un des rares riverains à accepter de témoigner.

«Vous ne trouverez pas beaucoup de monde prêt à vous parler ici des désagréments de cette tour,nousavait confié une dame croisée un peu plus haut sur le boulevard Guynemer. Les habitants de Beausoleil ont en effet peur de fâcher la Principauté. On y travaille tous, vous savez…»

Angelo y travaille aussi d'ailleurs. Mais il s'est fait une raison. «Que voulez-vous y faire ? Rien. Alors maintenant, on apprend à vivre avec la tour. On va chercher le soleil ailleurs que sur sa terrasse ! Et la nuit, on apprend à fermer ses volets pour dormir, car maintenant ils l'allument», sourit Angelo.

Lui aussi a fait partie de l'association de défense des riverains de la tour qui, face à 10.000 tonnes d'acier et 80.000 mètres cubes de béton, n'ont pas pu - ou pas su - faire le poids. C'était pourtant sous leur nez. Mais de l'autre côté de la frontière. Dans un autre pays.

Aujourd'hui, plus que l'échec d'une action en justice, ils gardent en mémoire un sentiment d'humiliation et d'infériorité.

«Durant cinq ans, on a enduré le va-et-vient des camions, les cris des ouvriers, les nuages de poussière, la cacophonie des travaux. Un avant-goût d'enfer, confie une habitante du vallon de la Roussa qui a été trésorière de l'association. Aujourd'hui encore, il y a toujours énormément de bruit. Des coups sourds ou stridents avec des camions qui déchargent avant 6 heures du matin. Il y a eu aussi des moments où le chantier ne s'arrêtait jamais, nuit et jour, les samedis comme les dimanches. L'enfer ! On a vécu avec la poussière, les tremblements et les sorties de rats… Des tonnes de terres et de roches, ça ne déplace pas que des mimosas ! Pourtant, on pensait être au calme en France où, en principe, certaines lois, ne serait-ce que par rapport à l'environnement, s'appliquent.»

«Et maintenant... la pollution nocturne!»

Le chantier touche à sa fin. Et ce serait presque un soulagement pour tous les habitants du quartier. Mais aujourd'hui, c'est bien sous leur fenêtre que la tour affiche son insolente supériorité.

>>RELIRE.

«On vit avec une perte d'ensoleillement dans la journée et l'air de la mer ne monte plus. Et désormais, la nuit, les éclairages prévus et qui n'en sont qu'aux essais s'annoncent comme une nuisance visuelle aussi désagréable que celle du jour,témoigne le propriétaire d'une villa collée à la tour. Ces couleurs rouge et bleu que l'on voit actuellement sont une pollution visuelle nocturne insupportable et agressive pour ceux qui vivent en face ou à côté de la tour. Même la nuit, on n'est pas tranquille!»

«Vendre? Difficile»

La question de vendre et de partir s'est donc naturellement posée chez ces Beausoleillois qui vivent à l'ombre de la tour.

Angelo a essayé durant deux ans de vendre son appartement. «Les rares personnes qui sont venues ont vite fait demi-tour…» dit-il.

«C'est un marché tendu,confirme un agent immobilier de Beausoleil. Surtout pour les biens qui sont au pied de la tour. Un peu plus haut sur le boulevard Guynemer, en revanche, depuis que le chantier touche à sa fin, les ventes repartent dans les résidences de standing. Mais forcément, avec la tour Odéon au milieu, ça dévalue les biens. Avoir une vue dégagée, c'est un argument de vente important. Alors les maisons au pied de la tour…»

«Qui a les moyens de partir lorsque ce genre de chose survient? Les retraités qui touchent une retraite minuscule? Les travailleurs qui ont un emploi à Monaco et qui y tiennent dans le contexte actuel? Impossible, répond ce riverain. Alors on reste et on subit.»

Offre numérique MM+

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