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Volé il y a 28 ans, le tableau d'une Monégasque refait surface à New-York

Mis à jour le 04/06/2015 à 09:44 Publié le 04/06/2015 à 09:42
Une partie de la somme de la vente aux enchères à New-York de la "La Madone et l'Enfant" devrait revenir à Patrick Lautier et Muriel Agliardi, les héritiers.

Une partie de la somme de la vente aux enchères à New-York de la "La Madone et l'Enfant" devrait revenir à Patrick Lautier et Muriel Agliardi, les héritiers. (Jean-François Ottonello et Repro NM)

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Volé il y a 28 ans, le tableau d'une Monégasque refait surface à New-York

Acheté par leur grand-tante et son associé en 1977, puis sorti frauduleusement d’un coffre d’une banque suisse, un tableau du XIIIe siècle a refait surface. L’histoire d’une saga familiale

Acheté par leur grand-tante et son associé en 1977, puis sorti frauduleusement d’un coffre d’une banque suisse, un tableau du XIIIe siècle a refait surface. L’histoire d’une saga familiale

"Je suis heureuse de parvenir à finaliser une affaire de famille ; ce que nos parents n'ont pas réussi à faire." Muriel Agliardi, qui fut chef d'établissement du collège François-d'Assise-Nicolas-Barré, est la plus grosse héritière d'un tableau volé en 1986 et retrouvé en 2014.

À elle seule, elle possède plus d'un tiers de la Madone et l'Enfant, une peinture florentine du XIIIe siècle. La toile a été remise ce mardi chez Christie's à New York, en vu d'être expertisée puis mise aux enchères l'hiver prochain. C'est la fin d'une histoire qui a débuté il y a 38 ans…

Aux côtés de son cousin, Patrice Lautier, Français, ancien ingénieur informaticien, aujourd'hui à la retraite dans le Var, la Monégasque explique les péripéties qui l'ont conduite de Monaco à New York…

"Le tableau a été acheté à parts égales par ma grand-tante Camille Agliardi-Aprosio et son associé de l'époque John Cunningham, le 25 octobre 1977. Tous deux tenaient une galerie d'art avenue Princesse-Alice. À la mort de ma grand-tante, trois ans plus tard, l'œuvre est placée dans un coffre d'une banque genevoise et placée sous la responsabilité de mon père et l'ancien associé de ma grand-tante. Mais le 25 novembre 1986, John Cunningham sort, seul, le tableau de la banque et se volatilise… Notre famille entame alors des actions et le voleur est condamné par le Tribunal de Monaco, par contumace, en 1996, à 6 mois de prison notamment."

Cela n'aurait pu être qu'une triste péripétie familiale. Sauf qu'en janvier 2014, coup de théâtre ! Alors que tous les protagonistes sont décédés, la famille découvre que le tableau est mis en vente chez Sotheby's à New York. Celle qui se dit propriétaire du tableau n'est autre que la veuve de John Cunningham, remariée, qui se présente aux commissaires priseurs sous le nom de son second mari. Par ailleurs, alors que l'œuvre non signée est - a priori - attribuée à Duccio, elle présente le tableau comme un Cimabue…

45 millions d'euros ?

Sa mise à prix : 445.000 euros. "Une estimation très basse", note Muriel Agliardi et Patrick Lautier. En effet, selon le travail non achevé d'un imminent expert en 1994, ce pourrait être un vrai Duccio.

Dans ce cas, l'œuvre aurait une valeur avoisinnant les 45 millions d'euros ! C'est en tout cas le prix qu'a payé le Métropolitan Museum à New York en 2004, pour une Vierge à l'enfant attribuée à Duccio…

Dans la confusion totale, le lot N° 5 a bien failli définitivement disparaître d'un coup de marteau chez Sotheby's… Mais c'était sans compter sur la vigilance des autorités américaines qui retrouvent trace du tableau identifié comme volé sur le fichier Interpol.

 "Nous avons donc pris un conseiller juridique à Monaco, Maître Donald Manasse, qui nous a mis en relation avec un cabinet d'avocats new-yorkais,soulignent Muriel Agliardi et Patrick Lautier. Pour éviter des années de batailles judiciaires, le juge a proposé une transaction : la fin des poursuites contre la veuve de John Cunnningham."

Depuis mardi, c'est Christie's qui veille sur la Madone et l'Enfant… L'îcone de 70 x 45 centimètres doit être expertisée. Puis, une fois vendue, 50 % reviendront aux 26 héritiers de Camille Agliardi-Aprosio…

Mais ce tableau est-il vraiment un trésor de famille? "On ne va pas forcément récupérer une grosse somme", souligne Patrick Lautier qui détient 1/70e de la valeur du tableau.

"Pour moi, c'est le rêve de ma mère qui se réalise. Elle pensait à ce tableau comme au Pérou. De voir que ce tableau réapparaît d'une façon rocambolesque, c'est inouï."

"Et cette histoire a rapproché toute la famille", se réjouit aujourd'hui Muriel Agliardi.

 


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