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Victime d'un tir accidentel du GIGN, il réclame justice

Mis à jour le 16/08/2018 à 05:21 Publié le 16/08/2018 à 05:20
Wajdi Sassi, qui a déposé plainte le 12 juillet dernier, retrace les événements dans le bureau de son avocat Me Jawed Dani.

Wajdi Sassi, qui a déposé plainte le 12 juillet dernier, retrace les événements dans le bureau de son avocat Me Jawed Dani. Patrice Lapoirie

Victime d'un tir accidentel du GIGN, il réclame justice

Wajdi Sassi, 35 ans, a reçu une balle dans le pied lors d'une intervention du GIGN à Grasse le 4 juin dernier. Sans papiers, sans ressources et menacé d'expulsion, il souhaite obtenir justice

Il était 6 heures du matin. Je dormais quand j'ai entendu du bruit. J'ai été traîné par les pieds, sorti du lit par terre et menotté au sol. Je n'ai pas bougé. On m'a appuyé avec les genoux dans le dos. Puis il y a eu une détonation. »

Et la douleur, fulgurante, dans son pied. « J'ai vu du sang. Je n'ai rien compris. J'ai eu très mal mais aussi très peur », raconte Wajdi Sassi dans le bureau de son avocat Me Jawed Dani.

Cet homme de 35 ans, de nationalité tunisienne, arrivé en France en 2007 de manière irrégulière, multiplie depuis les petits boulots entre la France et l'Italie. Pour manger. Pour survivre. « Je ramasse les olives, je fais un peu de jardinage aussi. »

Rapidement mis hors de cause

« Il possède un titre de séjour italien », précise son conseil.

Le 4 juin dernier, Wajdi est à Grasse pour travailler. Une connaissance propose de l'héberger dans son appartement au cœur de la vieille ville. Ce matin-là, les forces de l'ordre mènent des perquisitions dans le cadre d'une affaire de stupéfiants. « C'est le fils de son ami qui était a priori recherché », indique encore l'avocat. Le jeune homme, qui n'habite visiblement plus chez son père, est absent au moment de la "descente". C'est sur son père et Wajdi que tombe le GIGN en pénétrant dans l'appartement, juste avant l'incident. « Mon client n'a absolument rien à voir avec ce trafic ! », clarifie Me Dani. Une information confirmée par le parquet de Grasse. Wajdi a en effet rapidement été mis hors de cause. La balle, entrée par le bas du mollet et ressortie par l'orteil droit, aurait été tirée accidentellement alors qu'il était menotté au sol.

En dépit de nos multiples sollicitations, la gendarmerie n'a pas réagi. Une enquête est actuellement en cours pour retracer le fil des événements... Mais les mésaventures de Wajdi ne s'arrêtent toutefois pas là.

« Camoufler l'affaire »

« Il a été emmené tout de suite à l'hôpital de Cannes, et opéré dans la foulée », retrace son avocat.

À sa sortie du bloc opératoire, les gendarmes l'attendent. Le lendemain, il est à nouveau interrogé durant près de huit heures selon ses dires. « Le 5 juin, les gendarmes sont venus lui remettre un OQTF [Ordre de Quitter le Territoire Français, ndlr], qu'il avait à peine deux jours pour contester », s'insurge Me Dani : « Le but était clairement de camoufler l'affaire afin qu'il quitte le pays sans déposer plainte. C'est un procédé inadmissible ! »

Wajdi Sassi est remis dehors le soir même, vers 23 heures. « Il est parti de l'hôpital à cloche-pied », relate son conseil. « On m'a dit que je ne pouvais pas passer une nuit de plus à l'hôpital, que ça coûtait trop cher. Et on m'a dit d'aller m'acheter des béquilles », confirme le Tunisien.

Opérations et séquelles

« Nous avons pu faire annuler l'ordre de quitter le territoire rapidement, et déposé une demande de régularisation dans la foulée. Et nous avons déposé plainte le 12 juillet dernier pour " violence volontaire et négligence" », reprend Me Dani.

Wajdi, qui a dû être amputé d'un orteil dans un premier temps, a dû être réopéré fin juin et garde de lourdes séquelles de ce terrible accident.

Aujourd'hui, le trentenaire espère obtenir justice. « Le préjudice n'a pas encore été chiffré, il doit encore voir un médecin expert. »

Le Tunisien aspire à une vie paisible.

Hébergé par des amis à tour de rôle, il espère pouvoir rapidement s'installer en France.


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