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Une aubaine pour les escrocs

Mis à jour le 03/12/2015 à 05:13 Publié le 03/12/2015 à 05:13
L'argent sale ou dissimulé dans un paradis fiscal peut être retiré directement au distributeur.
Monaco-Matin, source d'infos de qualité

Une aubaine pour les escrocs

Au cours des dix derniers jours, sept plaintes ont été déposées au commissariat de Menton.

Au cours des dix derniers jours, sept plaintes ont été déposées au commissariat de Menton. À chaque fois les victimes décrivent le même scénario…

« Bonjour, c'est la police… » Au téléphone les escrocs n'hésitent pas à se faire passer pour des enquêteurs. Ils sélectionnent leurs victimes dans l'annuaire téléphonique, en fonction de leur prénom. « Ils ciblent des gens potentiellement âgés », explique Stéphane, un enquêteur de la brigade financière de la Sûreté départementale. Les aigrefins leur expliquent que leur compte bancaire a été piraté, qu'une enquête va être ouverte, mais qu'au préalable il fallait payer de pseudos frais de dossier… Pour d'autres ce sont des frais de douanes qu'il fallait acquitter avant de conclure une vente par Internet. « Des frais qui n'existent pas, souligne le policier niçois. De même qu'aucun service ne vous demandera jamais vos codes confidentiels par téléphone. » Et pourtant nombreux sont ceux qui se sont déjà fait avoir.

Le point commun entre ces affaires résolues récemment sur la Côte d'Azur, ce sont les cartes prépayées. À chaque fois les escrocs invitaient leur victime à en acquérir une, puis ils se faisaient communiquer les codes d'activation pour vider la carte. Rien de plus simple, ces titres de paiement permettent d'effectuer des virements internationaux. Et lorsque les policiers tentent de les tracer, ils remontent souvent à des identités frauduleuses. « Ils s'appellent tous Napoléon Bonaparte ou Azerty », souffle Stéphane. Les obligations relatives à ces cartes ne sont en effet que déclaratives. La plupart du temps il suffit d'un numéro de téléphone mobile pour ouvrir un compte. En passant par des cartes Sim elles aussi prépayées, on peut donc rester parfaitement anonyme. Dans la grande délinquance, ces nouveaux titres de paiement, qui sont parfois vendus par paires, sont même utilisés pour transférer de l'argent sale d'un pays à un autre. Dans le cas de la prostitution par exemple : « Les filles déposent sur leur carte leur recette de la nuit au premier bureau de tabac venu. Et le mac resté tranquillement en Roumanie ou en Bulgarie peut retirer l'argent au premier distributeur venu. La transaction est faite au nom de la banque, pas au sien », explique un autre enquêteur azuréen qui est tombé, au cours d'une affaire, sur un gros bonnet de l'évasion fiscale qui en avait quatre dans sa poche. « Les siennes lui avaient été fournies directement par son banquier Suisse. Elles étaient créditées à distance depuis ses comptes offshore. Comme ça, il pouvait retirer tranquillement l'argent qu'il avait dissimulé au fisc français, n'importe où dans le monde, y compris dans l'Hexagone. Plus besoin du coup d'aller en Suisse pour récupérer des liquidités au risque de se faire pincer par la douane. »

Pour ce spécialiste de l'économie souterraine « si on avait voulu faciliter le blanchiment d'argent, on n'aurait pas trouvé mieux ! » Ces cartes prépayées ont en quelque sorte importé en France le secret bancaire si cher aux paradis fiscaux.

Offre numérique MM+

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