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Un Varois jugé pour avoir poignardé son ex-conjointe à 59 reprises sur le parking de l'école maternelle

Le 13 décembre 2018, Mohamed Meghraoui-Labbadi avait poignardé son ex-conjointe à 59 reprises. Elle avait miraculeusement survécu.

V. W. Publié le 15/09/2021 à 15:30, mis à jour le 16/09/2021 à 07:57
recit
L’accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité. (Photo D. M.)

Une miraculée. Le 13 décembre 2018, point d’orgue d’une relation émaillée de violences, Aurélie [le prénom a été modifié] a vécu l’enfer. Frôlé la mort, sous les yeux de son fils de quatre ans. Poignardée "au minimum", selon un médecin légiste, à 59 reprises sur le parking de l’école maternelle des Œillets à Toulon par son ex-conjoint Mohamed Meghraoui-Labbadi.

Touchée au cœur, à la rate, au visage... Aurélie a trouvé la force de survivre, de se reconstruire. C’est aujourd’hui une nouvelle épreuve qui se présente à elle à l’occasion du procès de son agresseur devant la cour d’assises du Var, à Draguignan. Jugé pour tentative d’assassinat, Mohamed Meghraoui-Labbadi encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

"Ça va mal tourner pour toi"

Aux yeux des enquêteurs, et malgré les dénégations de l’accusé, l’intention homicide ne fait aucun doute. Car avant de se présenter sur le parking de l’école, où Aurélie était venue chercher leur fils malade, il l’avait appelé ce jour-là à de nombreuses reprises, lui affirmant notamment que ça allait "mal tourner" pour elle.

Une menace qu’il mettait à exécution alors que sa victime venait d’installer son fils sur son siège. Ce dernier sera ensuite emmené par Mohamed Meghraoui-Labbadi à la mairie de La Garde où son père, désorienté, sera interpellé. Dans un sac à dos et son véhicule seront retrouvés un cutter, l’arme du crime ainsi qu’une réplique de Beretta tirant des balles à blanc.

 

Pour trouver une réelle explication à ce geste fou - le jour des faits, Mohamed Meghraoui-Labbadi reprochait à Aurélie d’avoir mis leur enfant à l’école alors qu’il était malade et de ne pas lui avoir répondu au téléphone... -, la cour d’assises devra remonter dans le temps. Et se plonger dans le passé de l’accusé, violent et jaloux à l’extrême durant les treize années de cette relation. Alors qu’il soupçonnait sa conjointe d’adultère, allant jusqu’à créer un esclandre sur son lieu de travail, le père de famille entretenait lui-même des relations avec d’autres femmes.

Un discernement altéré?

La séparation était finalement intervenue en mars 2018, la jeune femme craignant pour sa vie face à cette "cocotte-minute" qu’était devenu son conjoint. Mais la distance n’avait pas empêché Mohamed Meghraoui-Labbadi de multiplier les reproches, notamment sur le style de vie de son ex-compagne. Pour garder un œil sur elle, il n’avait pas hésité à pirater son téléphone et à installer un micro dans son salon.

Un comportement paranoïaque à la limite de la pathologie, comme n’ont pas manqué de le souligner les experts psychiatres durant l’instruction. L’un d’eux estime ainsi que Mohamed Meghraoui-Labbadi était atteint au moment des faits "d’un trouble psychique qui a altéré son discernement". Un levier sur lequel la défense, représentée par Mes Bertrand Pin et Morgan Daudé-Maginot, devrait s’appuyer durant les deux jours de procès. Me Laurie Franchitto assurera les intérêts de la partie civile. Les débats seront présidés par Patrick Véron.

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