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Un pompier se blesse lors d'une intervention, les propriétaires de l'appartement condamnés

Mis à jour le 11/06/2017 à 14:00 Publié le 11/06/2017 à 13:56
Après  ans de service, le soldat du feu ne peut plus exercer sa profession et souffre de nombreuses séquelles.

Après  ans de service, le soldat du feu ne peut plus exercer sa profession et souffre de nombreuses séquelles. Photo Jean-François Ottonello

Un pompier se blesse lors d'une intervention, les propriétaires de l'appartement condamnés

Le 29 avril 2016, vers midi, un incendie se déclarait au niveau des caves de l'immeuble domanial "Les Eucalyptus", avenue des Guelfes, à Fontvieille. Un sapeur-pompier, en première ligne, avait été blessé au cours des actions entreprises pour circonscrire le sinistre.

Muni d'une caméra thermique, l'homme du corps de secours de la Principauté avançait au milieu d'une épaisse fumée en positionnant sa main gauche sur le mur. Soudain, en voulant atteindre le point de départ du foyer et maîtriser les flammes, il ressent une forte commotion électrique.

Il avait touché un branchement artisanal pour fournir du courant dans le local en sous-sol.

En arrêt de travail depuis, il a été obligé de mettre un terme à sa carrière de pompier, débutée il y a vingt-trois ans à Monaco.

"Je ne pourrais plus être pompier"

Le plaignant était à l'audience du tribunal correctionnel pour demander réparation du préjudice matériel. En revanche, le couple de Monégasques mis en cause était absent. Dès lors, le président Jérôme Fougeras Lavergnolle a rappelé les faits avant d'ajouter: "Au cours de l'enquête, les policiers ont eu accès aux enregistrements de la vidéosurveillance. On voit nettement dans un créneau horaire précédent l'incendie, une personne qui allume une cigarette avant d'entrer dans la cave. Quand il en ressort, cinq minutes plus tard, il ne l'a plus. Au niveau du branchement, les prévenus affirment qu'il était déjà en place au moment de l'échange d'appartement. Le précédent locataire réfute toute installation sauvage. Donc ce couple de quadragénaires est bien fautif."

C'est au tour de la victime d'évoquer son calvaire à la barre. Émotion, choc, secousse violente intense, peur rythment ses propos. "Il m'était impossible de voir ses fils qui pendaient. Avec la fumée épaisse, on ne voyait pas à 20 cm! Et il y avait de l'eau sur le sol… J'étais électrisé… L'électricité est entrée dans mon bras sans ressortir. Je ne pourrais plus être pompier. Avec mon épouse, on a une vie difficile ponctuée par des douleurs inimaginables, des spasmes nocturnes. Depuis je prends des médicaments…"

Pour appuyer ce témoignage, Me Raphaëlle Svara, conseil de la partie civile, n'hésite pas à mettre en exergue "les déclarations contradictoires et incohérences des prévenus. L'ensemble démontre que ces gens ont eu des problèmes lors de l'installation… Mon client ne peut plus rien faire! Il est assujetti à des perfusions hebdomadaires et une médication très forte. À quarante-six ans, il demande 53.000 euros de préjudice matériel et 50.000 euros au plan moral. Son épouse doit accepter de faire chambre à part à cause des spasmes. Nous réclamons 20.000 euros."

Me Hervé Campana, à son tour, sollicitera 55.000 euros pour l'assureur-loi. Quant au procureur général Jacques Dorémieux, il suggère de prononcer une peine de six à huit mois avec sursis pour cette addition de contradictions, mensonges et carences.

Le tribunal condamnera les prévenus par défaut: six mois avec sursis, liberté d'épreuve, désignation d'un médecin pour une expertise avec une provision de 15.000 euros. Plus le versement de 50.000 euros pour l'État.


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