“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Découvrez l’offre numérique > Abonnez-vous

Un pompier électrisé reconnu comme victime

Mis à jour le 17/10/2017 à 05:24 Publié le 17/10/2017 à 05:24
Victime d'une forte commotion électrique, le soldat du feu a gardé de graves séquelles. 	(Archives J.-F.O.)
Soutenez l'info locale et Monaco-Matin

Un pompier électrisé reconnu comme victime

Les juges ont confirmé en appel la sentence d'un couple accusé d'avoir conservé un branchement électrique artisanal. La défense réfutant le lien avec l'incendie qui a brisé la carrière d'un pompier

Six mois avec sursis ; liberté d'épreuve pendant trois ans ; obligation de réparer les dégâts ; provision de 20 000 euros pour le pompier blessé et indemnisation de 5 000 euros pour son épouse ; versement de la somme de 58 309,32 euros réclamée par l'État. Le tribunal correctionnel vient de condamner, quasiment aux mêmes peines, les deux prévenus monégasques, absents à l'audience du mardi 30 mai dernier, qui avaient fait appel du jugement pour blessures involontaires (lire nos éditions du samedi 10 juin 2017). Seule la somme allouée au plaignant diffère : elle n'excédait pas 15 000 euros.

Afin de saisir les ramifications de cette affaire au caractère assez complexe, un retour au 29 avril 2016 s'impose. Vers midi, un incendie se déclarait au niveau des caves de l'immeuble domanial « Les Eucalyptus », avenue des Guelfes, à Fontvieille. Un sapeur-pompier, en première ligne, était blessé au cours des actions entreprises pour circonscrire le sinistre. Muni d'une caméra thermique, l'homme du corps de secours de la Principauté avançait au milieu d'une épaisse fumée en positionnant sa main gauche sur le mur. Soudain, en voulant atteindre le point de départ du foyer et maîtriser les flammes, il ressentait une forte commotion électrique. Il avait touché un branchement artisanal pour fournir du courant dans le local en sous-sol. Toujours en arrêt de travail depuis cet accident, il a été obligé de mettre un terme à sa carrière de pompier, débutée il y a vingt-trois ans à Monaco.

« Une personne allume une cigarette »

Alors, la justice reproche au couple résidant d'avoir conservé le branchement électrique qui est, peut-être, la cause de l'incendie. À la barre cette fois, mari et femme concernés contestent les faits. Plus encore, l'homme soutient qu'il n'est « jamais entré dans la cave » car il avait « oublié les clefs dans l'appartement ». Certes, il ne nie pas avoir « fumé une cigarette, mais dans le couloir du sous-sol ». Et de conclure : « On est désolé. On s'est fait du souci pour le pompier et on a également passé des nuits blanches ».

Le président Jérôme Fougeras Lavergnolle lui fait toutefois remarquer : « La caméra de vidéosurveillance montre nettement pendant le créneau horaire précédent l'incendie, une personne qui allume une cigarette avant d'entrer dans la cave. Quand il en ressort, cinq minutes plus tard, il ne l'a plus… » L'intéressé réfute pareil comportement et maintient sa version.

Invitée à s'exprimer, la victime préfère se concentrer sur les faits et conséquences de l'incendie. « Il y a eu trois départs de feu. Je ne peux pas l'expliquer… Depuis, ma vie n'est plus la même. Impossible de reprendre mon activité. Je dors seul et je prends des médicaments du matin au soir. » Pour son épouse, sa vie quotidienne « est difficile à imaginer et compliquée. C'est une fatigue permanente provoquée par des efforts constants. » Leur conseil, Me Raphaël Svara, entend bien demander réparation. « Les prévenus ont fait preuve d'imprudence en maintenant le branchement artisanal. Et de fumer, cela a dû aider au déclenchement du feu… »

L'avocate est émouvante quand elle retrace la vie douloureuse de ses clients avec une longue énumération de traitements, opérations, affections, médication… Au final, elle réclamera une provision de 50 000 euros pour le plaignant et 20 000 euros pour son épouse. Me Hervé Campana y ajoutera 55 000 euros plus les frais pour l'État. Il déplorera l'argument de négligence développé par les personnes mises en cause et très déplacé. « On ne peut pas reprocher à un sapeur-pompier de risquer sa vie pour sauver celle des autres ! »

« Pourquoi n'a-t-on pas coupé le courant ? »

Une procédure dramatique sur le plan humain, une vie brisée, une famille impactée, un comportement irréprochable ! Autant de malheurs rappelés par le procureur Alexia Brianti qui met en exergue « les imprécisions et incohérences des prévenus au cours de versions différentes et multiples. Les hommes qui combattaient l'incendie ont bien demandé de couper l'électricité avant d'intervenir. Le mal est fait, mais le préjudice doit être réparé : quatre mois avec sursis et le régime de la liberté d'épreuve. »

La défense s'interrogera plutôt sur la partie dysfonctionnelle. « Y a-t-il des éléments qui justifient une condamnation dans ce dossier ? J'aurais aimé entendre, poursuit Me Thomas Giaccardi, un expert qui détermine les causes de l'incendie. Il semblerait que le branchement ne soit pas conforme. À quoi ? Quelles normes ? Pourquoi n'a-t-on pas coupé le courant ? On n'en sait rien ! Une erreur du concierge ? De la SMEG ? Prononcez la relaxe ! » Les juges n'acquiesceront pas !


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.