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Un nouvel accueil pour les victimes de violences Les couleurs et la matière pour exprimer la douleur

Mis à jour le 18/02/2020 à 11:30 Publié le 18/02/2020 à 11:30
Sur le mur, un texte de Charles Chaplin, sur l’estime de soi. Un élément essentiel dans la prise en charge des victimes.

Sur le mur, un texte de Charles Chaplin, sur l’estime de soi. Un élément essentiel dans la prise en charge des victimes. Cyril Dodergny

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Un nouvel accueil pour les victimes de violences Les couleurs et la matière pour exprimer la douleur

L’Association d’aide aux victimes d’infractions pénales a inauguré, hier, ses nouveaux locaux. Un cadre confortable et rassurant pour apporter une aide psychologique et judiciaire à ceux qui souffrent

Canapés, fauteuils, cafetière. Du bleu, ciel ou canard, et du rose. De la couleur et du confort pour faire face à la douleur. « C’est l’une des personnes que l’on accompagnait, qui est artiste fresquiste, qui a fait la décoration de l’appartement. Nous avons voulu nous organiser comme un salon, pour recevoir les gens dans une ambiance sereine » explique Valérie Campora-Lucas, directrice générale de l’Association d’aide aux victimes d’infractions pénales qui vient d’inaugurer ses nouveaux locaux (dont l’adresse n’est pas révélée pour des raisons de sécurité des personnes suivies, N.D.L.R.).

Créée en 2014, comme une suite logique de la loi de 2011 sur la répression des violences particulières, l’Avip joue le rôle d’un précieux trait d’union. « Nous apportons une aide aux victimes de violence, entre autres, physiques et psychologiques, souvent dans le contexte familial, mais pas uniquement. Nous accueillons, nous écoutons, nous assurons un suivi et nous les accompagnons dans les démarches judiciaires et administratives. En cas d’urgence, nous avons aussi un hébergement provisoire », explique la présidente de l’association, Évelyne Karczag-Mencarelli.

« La violence n’a pas de frontières »

Hier, le ministre d’État Serge Telle, et les membres du gouvernement ont visité les nouvelles installations. Une étape indispensable pour Serge Telle : « C’est toujours utile de passer d’un dossier à la réalité. C’est important d’écouter les témoignages de ces thérapeutes pour savoir ce qui se passe sur le terrain. Nous avons besoin de cette complémentarité entre la Sûreté publique, l’administration, l’association, l’hôpital. C’est important que l’on s’assure que tout fonctionne. Ce n’est pas parfait mais ça fonctionne. Et cela montre que la violence n’a pas de frontière, ni géographique, puisqu’on s’occupe ici des gens de Monaco, ni sociale. »

Les hommes aussi

La violence ne fait pas non plus de discrimination de genre, puisque quelques hommes aussi ont fait appel à l’Avip pour des violences dans le cadre du foyer. La violence est alors plutôt psychologique, avec souvent un chantage à l’enfant.

Le gouvernement fait savoir que : « En 2019, on dénombre 64 victimes prises en charge dont 33 sont des victimes de violences conjugales. 37 personnes sont suivies par les professionnels de santé au sein de l’association auxquelles il faut ajouter 9 victimes de l’année 2018. »

Ces nouveaux locaux sont une vraie force, car il ne s’agit ni de la police, ni des services sociaux. Ici, c’est une sorte de terrain neutre. Pousser la porte de l’Avip est souvent moins impressionnant qu’aller voir les autorités. Cela peut constituer un tremplin. Une première étape vers une nouvelle vie.

« Papa m’a dit que si j’étais méchant il allait me bousculer. Qu’est-ce que ça veut dire bousculer ? » Cette phrase, Fabrice Tasin, art-thérapeute, l’a entendue dans les locaux de l’Avip, dans la bouche d’un enfant. Parce qu’ils n’ont souvent pas les mots, il faut trouver un autre moyen d’aider les plus petits : « Les enfants ont du mal à verbaliser alors on travaille sur d’autres supports comme l’argile ou la peinture » explique Fabrice Tasin. Il désigne une sculpture colorée sur la table : « Ce volcan en argile a été imaginé par un enfant. Le volcan le représente lui. Son père est représenté en requin et sa mère est un oiseau sur le point de se faire dévorer. Ça lui permet de sortir ce qu’il a à l’intérieur de lui. Ces autres sculptures ont été faites par des enfants victimes de violences sexuelles. Les enfants, victimes de ce genre de violences, utilisent souvent le rouge, la couleur du sang ». Des œuvres glaçantes, en rapport avec les horreurs que les petits ont subies. Des violences qui ont eu lieu à Monaco.

« En ce moment, je travaille avec 3 enfants, qui ont de 4 ans à 6 ans. Un enfant qui déteste son père, il faut l’aider. Il faut casser sa haine pour éviter qu’il ne reproduise le schéma qu’il a subi. »

Pour autant, pas question d’entrer ici en thérapie. « Nous ne sommes qu’un intermédiaire avant que les affaires sociales prennent le relais, précise la directrice générale, Valérie Campora-Lucas. Parfois les enfants arrivent pour être pris en charge dans le cadre des violences subies par les parents, et le travail réalisé ici fait apparaître qu’il a lui même subi des violences. Alors nous faisons des signalements. »

Les violences sont souvent subies dans le cadre du foyer.
Les violences sont souvent subies dans le cadre du foyer. illustration Frantz Bouton
Un éléphant, des requins, un volcan. Toutes les formes aident les enfants à exprimer leur mal-être.
Un éléphant, des requins, un volcan. Toutes les formes aident les enfants à exprimer leur mal-être. Cyril Dodergny

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