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Un Niçois condamné pour le cambriolage de la villa de Flavio Briatore à Monaco

Un Niçois s’est s’introduit lundi dernier chez l’homme d’affaires italien par une porte de service déverrouillée. Repéré par des gens de maison, il a été arrêté par les policiers et son butin restitué.

JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 25/06/2021 à 20:20, mis à jour le 25/06/2021 à 20:27
Le tribunal correctionnel de Monaco. Photo archives Michael Alesi

Certes, la réputation sécuritaire de la Principauté ne doit pas écarter la vigilance. A l’impossible nul n’est tenu, rappelle consciemment le proverbe.

Ce relâchement a pourtant facilité le vol de bijoux, six montres, des vêtements et autres accessoires par un délinquant niçois de 40 ans le mardi 21 juin. Vers 12h30, il profitait de l’opportunité d’un portail ouvert et d’une porte de service déverrouillée, pour pénétrer dans la villa du propriétaire d’entreprises liées à la Formule 1 dans la rue Bel-Respiro.

Rapidement, ce serveur au chômage raflait un butin à portée de main et dissimulait l’ensemble dans un sac à dos appartenant à un des enfants du couple.

Rattrapé par les employés de maison

L’erreur! Quand il s’apprête à fuir en direction du garage, il croise dans les escaliers des employés de maison, dont la nounou qui reconnaît aussitôt la sacoche de l’enfant. Malgré les coups de poing reçus, elle tente alors de lui arracher.

 

Bloqué aux jambes par les domestiques, l’individu devient plus agressif encore afin de leur échapper.

Mais l’alerte est donnée. Et très vite, les policiers vont retrouver le voleur caché sous le canapé d’une habitation proche où il avait pris le temps de changer de vêtements pour brouiller les pistes.

À l’audience de flagrance, le prévenu a comparu ce vendredi menotté. Pressé de questions par le président Jérôme Fougeras Lavergnolle, c’est un véritable acteur de série B qui évoque à la fois une attitude consciente et inconsciente. Larmoyant, il ne sait expliquer son comportement violent.

"Tout est allé très vite, raconte-t-il. Je présente mes excuses aux plaignants. Je ne suis pas un grand voleur. J’ai eu de la chance et j’ai pris les affaires au hasard…"

 

Un peu trop d’aubaine pour le magistrat.

"Je suis kleptomane, c’est une pulsion"

"Vous étiez frappé d’une mesure de refoulement depuis 2001. On a retrouvé sur vous différents bijoux, des espèces, des cartes bancaires, 300€ en bons d’achat et une clé spéciale: un passe PTT. Pour quelle raison?" Le prévenu confesse la détention de ce sésame depuis qu’il vit dans la rue. "Cela me permet de rentrer dans les immeubles et de dérober le courrier placé au-dessus des boîtes à lettres. Je frappe ensuite aux portes et jouant les employés de l’administration postale. Je troque… Je suis kleptomane. C’est une pulsion qui me guide…"

La cause? Un rejet paternel, depuis l’annonce de son homosexualité, a forgé le rôle fondamental dans le développement de sa personnalité délinquante.

L’unique partie civile vient à la barre pour décrire sa peur, le stress de ses enfants, depuis que les policiers les ont informés que le malfaiteur s’était planqué sous le canapé. "Notre porte était toujours entrouverte. Depuis, nous sommes une famille perturbée et toujours aux aguets avec la crainte de tomber sur un intrus."

Vingt mentions au casier judiciaire

Les vingt mentions inscrites, dès l’âge de 18 ans, sur les casiers judiciaires français et monégasque démontrent un individu prêt à voler, à dégrader, à escroquer, à violenter et à pénétrer par effractions sans aucun regret pour subsister.

 

Un numéro d’acteur, une version pleurnicharde dénuée d’authenticité sont abordés par le procureur général adjoint Olivier Zamphiroff. "Ne croyez pas au naïf ni à l’angélique, lance-t-il avec une voix tonitruante. C’est un voleur à l’instinct pulsionnel, à la recherche de tout ce qui peut l’enrichir. Ne voyez pas un individu branquignol, Mais un stratège! Un cambrioleur qui ne fait pas dans la douceur. Sur une photo du 4 décembre dernier, on l’aperçoit dans l’impasse des Carrières avec des lettres à la main afin de se faire passer pour un postier ou un livreur. C’est un professionnel méthodique et préparé. Comment pourrait-il en être autrement avec 172 mois ou 14 ans de prison; 48 mois de sursis avec mise à l’épreuve; 20 ans de délinquance pour en arriver là…"

Le parquetier réclamera une peine lourde pour montrer la conception stricte de la sécurité à Monaco "qui doit avoir un retentissement pour des éventuels émules": trois ans ferme! Le tribunal suivra les réquisitions du ministère public. Une ultime phrase est lâchée à l’annonce de sa culpabilité: "Que va devenir de mon petit chien?"

NOTE// * Assesseurs: Mmes Françoise Barbier-Chassaing et Virginie Hoflack.

Offre numérique MM+

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