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Un généraliste d'un quartier huppé de Nice poursuivi pour agression sexuelle

Le médecin de famille avait agressé une de ses patientes. Face à ses dénégations, elle l’avait enregistré à son insu pour le faire avouer, puis avait remis l’audio aux enquêteurs.

Grégory Leclerc Publié le 22/06/2021 à 17:07, mis à jour le 22/06/2021 à 21:46
Maître Jean-Pascal Padovani, avocat du médecin généraliste. (Photo Eric Ottino)

Lundi prochain, un médecin généraliste niçois expérimenté comparaîtra devant le tribunal judiciaire de Nice, en correctionnelle. Il y sera jugé pour "agression sexuelle par personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction".

Le praticien de 56 ans, qui exerce dans un quartier huppé de Nice, est soupçonné de s’en être pris à une de ses patientes en 2014. Elle avait alors la trentaine. "C’était son médecin de famille", explique Me Jean-Denis Flori, avocat pénaliste niçois, qui défend la victime. "Elle souffrait de migraines importantes. Il lui a prescrit de la morphine à haute dose, 120 mg, alors qu’elle est toute fluette. Elle était enceinte. Elle est devenue dépendante."

Selon l’avocat, les doses de morphine étaient si importantes qu’elle devait se rendre tous les deux jours au cabinet pour retirer une ordonnance. Cette addiction était-elle provoquée pour voir sa patiente plus souvent? Le médecin généraliste n’est pas poursuivi pour cela. Mais Me Jean-Denis Flori le pense. Le nouveau-né, lui aussi dépendant de la morphine, a dû être traité dès sa naissance. La relation médecin-patiente va durer ainsi jusqu’à ce 1er septembre 2014 où tout va déraper selon l’accusation. Il l’agresse dans son cabinet médical

 

Ce jour-là, le médecin généraliste saute sur sa patiente dans son cabinet médical, l’embrasse sur la joue, la poitrine, les fesses et passe la main dans son pantalon. Elle se débat, le repousse et réussit à fuir le cabinet. "Par la suite, ma cliente a tenté de lui faire reconnaître l’agression, mais en vain." La jeune femme met alors en place un subterfuge. Elle s’équipe d’un enregistreur pour le piéger.

Sur l’audio, le médecin avoue à mi-mots l’agression sexuelle. Placé en garde à vue à la mi-décembre 2020, il niera dans un premier temps. Mais, mis en présence de l’enregistrement, il finira par passer à table devant les enquêteurs. Et reconnaîtra les faits d’agression sexuelle.

Son avocat, Me Jean-Pascal Padovani, minimise l’acte, évoquant "un geste déplacé". Il rappelle également que le médecin n’est en rien poursuivi pour l’administration de morphine. "Cette histoire de morphine est une fable et nous le démontrerons. Ce médecin généraliste n’est pas un violeur et il aura seulement à s’expliquer sur un geste déplacé."

La mère et l’enfant ont depuis été sevrés, la morphine a disparu de leur vie. La victime, dont la vie a été bouleversée, attend désormais réparation. Le médecin encourt jusqu’à dix ans de prison maximum.

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