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Un bon coup d'arrêt porté à la Münegu Connection

Mis à jour le 15/02/2018 à 05:11 Publié le 15/02/2018 à 05:11
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Un bon coup d'arrêt porté à la Münegu Connection

Joli coup de filet.

Joli coup de filet. Après de longues écoutes, filatures et enquêtes des policiers monégasques, trois dealers ont comparu menottés, mardi matin, devant le tribunal correctionnel. Un Italien de San Remo, un Tunisien de Beausoleil et un Français de Menton, détenus à la maison d'arrêt depuis le 21 juillet 2017, ont écopé de peines de prison ferme de dix à six mois.

À ces trois revendeurs s'ajoute un Belge, principal consommateur résidant en Principauté, qui a été condamné à dix mois d'emprisonnement avec sursis et 5 000 euros d'amende. C'est l'histoire d'un ex-gestionnaire de fortune de 54 ans, de nationalité belge, aujourd'hui sans profession. Devenu dépressif au cours du mois de février 2014, il glisse progressivement vers une consommation de stupéfiants quasi quotidienne. Cette montée en gamme englobe vite herbe et résine de cannabis. Jusqu'à la cocaïne.

Pour satisfaire ses addictions, il a ses fournisseurs attitrés : un serveur italien de 56 ans, récidiviste ; un agent d'opération au sol de l'héliport, de nationalité tunisienne et âgé de 46 ans ; un chauffeur français de 39 ans. Les trois dealers se trouvant dans le box.

« Le bon vin de Naples est arrivé »

L'affaire démarre il y a tout juste un an. Le 14 février 2017, un témoignage anonyme parvient à la Sûreté publique. Il met en cause le Tunisien. Il profiterait de sa fonction pour livrer de la coke à ses clients à Monaco. Le point de chute serait un bar de la Principauté.

Aussitôt, les enquêteurs mettent son téléphone sur écoute. Ils identifient le consommateur belge et un interlocuteur français. Ils notent une sorte de code pour communiquer entre eux. On évoque souvent « le moment de prendre l'apéro », « on a de la bouteille », « le bon vin de Naples est arrivé, rendez-vous à l'église », « on te jette le colis, il est arrivé », « j'ai le Cialis », « il y a du limoncello »

Une première planque des policiers, le 14 juin dernier, apporte de précieux éléments. Le serveur italien et l'agent tunisien échangent quelque chose au pied du Musée océanographique. Leur interpellation suit le 21 juillet, aux abords de l'héliport, avec la saisie de deux bonbonnes de 2,98 g de cocaïne et la somme de 180 e. Dans la foulée, les limiers monégasques arrêtent le ressortissant belge à son domicile. Puis, le voiturier à la Tour Odéon, en possession d'une petite quantité d'herbe.

« Aviez-vous besoin de consommer autant de drogue ? », demande le président Jérôme Fougeras-Lavergnolle au prévenu à la barre. « Oui, le cannabis était festif ; la coke, c'est à la suite d'un décès. À partir de 2009, je me suis lié d'amitié avec le Tunisien rencontré dans les bars. Il me fournissait en haschich. Soit 100 g par trimestre pour un coût de 400 e à 500 e. En 2014, je suis passé à la blanche, avec 10 g tous les deux à trois mois et au prix de 80 e le gramme. Les transactions se faisaient par texto. Il me livrait chez moi. Aujourd'hui, j'ai tout arrêté et je suis suivi médicalement… »

Dans le box, le Tunisien assure qu'il croyait rendre service à son ami, ignorant les risques et n'en tirant aucun avantage. À ses côtés, l'Italien se procurait la drogue auprès de la communauté marocaine de San Remo. « J'en prélevais une partie, ajoute-t-il, que je comblais avec une poudre laxative afin de retirer quelques subsides. Je n'ai fréquenté personne du groupe. » Quant au Français, il achetait la résine de cannabis à Menton. Pour l'échange, le chanvre était dans une enveloppe et l'argent dans un paquet de cigarettes.

« 3 kg de cannabis et 240 g de cocaïne sur trois ans »

Il y a comme une dissonance dans les récits pour le premier substitut Olivier Zamphiroff. « Il faut peu de temps pour constater la liquéfaction du cerveau par la cocaïne. Dans ce dossier, l'amitié est un lien ténu. Pourtant, il s'agit de diffuser des produits dangereux. Alors on cache sa grosse consommation derrière les mots "Cialis", "limoncello"... S'il y a des fournisseurs, c'est parce qu'il y a des consommateurs qui ont besoin de leurs doses ! Faites le compte : sur trois ans, cela représente 3 kg de cannabis et 240 g de cocaïne. »

Des peines de prison ferme sont requises : dix-huit mois pour l'Italien ; douze mois plus 10 000 e d'amende pour le Tunisien ; dix à douze mois plus 5 000 e d'amende pour le Français.

La sanction de douze mois est assortie du sursis avec une amende de 10 000 e pour le Belge. Comme il se défend seul, le prévenu affirme avoir mis la tête hors de l'eau après sa descente aux enfers. Il essaie de reconstruire sa vie en reprenant son ancienne activité professionnelle.

Les dealers veulent changer de vie

Les longues plaidoiries des avocats défenseurs des détenus mettront en exergue les 198 jours d'incarcération effectués par leurs clients et des peines requises disproportionnées. Tous ont l'intention de changer de vie en mettant un terme à leur passé délictuel. Une peine ferme, pour la défense, n'est pas adaptée. Le tribunal doit préférer la clémence. Respectivement, Mes Clyde Billaud, Christophe Ballerio et Xavier-Alexandre Boyer ajouteront respectivement : « Le Français a des dettes et il soutient son frère » ; « Le Tunisien n'a rien du dealer, c'est juste un intermédiaire » ; « A son âge, il est compliqué pour l'Italien de retrouver un emploi. Son avenir professionnel est incertain ».

Le tribunal réduira sensiblement les peines requises par le ministère public.


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