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Sursis pour une jeune apatride sous cocaïne et MDMA

Mis à jour le 19/09/2017 à 17:45 Publié le 19/09/2017 à 17:45
« J'ai pris mes premières doses à vingt ans, en même temps que j'ai commencé à boire...», a avoué  la prévenue tout en évoquant une enfance meurtrie.

« J'ai pris mes premières doses à vingt ans, en même temps que j'ai commencé à boire...», a avoué la prévenue tout en évoquant une enfance meurtrie. archives NM

Sursis pour une jeune apatride sous cocaïne et MDMA

Était-elle à a recherche du plaisir toujours plus fort? Ou bien faisait-elle office de mule?

 La jeune accro à la drogue, célibataire et apatride, interpellée le 12 septembre dernier, vers 2 heures, au « Sass' Café », vient de comparaître devant le tribunal correctionnel selon la procédure de flagrant délit. Menottée, dans le box, la toxicomane ne livrera que les grandes lignes d'une fille de vingt-six ans en pleine dérive où toutes formes de substances illicites sont propices à « soigner » son mal-être au sein de la société.

Suite à une « descente » au Larvotto, les policiers contrôlent la cliente dans le club branché de l'avenue Princesse-Grace. Ils la soupçonnent de se livrer à la prostitution. La jeune femme remet 1,75 g de cocaïne plus quelques comprimés de MDMA. Elle vient d'ailleurs de consommer. Placée en garde à vue, elle déclare être hébergée chez un ami. Une rapide inspection au domicile mentionné ne révélera rien de plus, à part un très grand nombre de pilules médicinales.

« Pourquoi dans des petits bouts de papier ? »

Face au président Morgan Raymond, la prévenue conteste la moindre débauche sexuelle tarifée tout en avouant sa dépendance à la drogue. Mais le magistrat cherche à cerner plus encore la personnalité de l'intéressée. « Vous êtes sans emploi. Comment logez-vous à Monaco ? Où avez-vous acheté les stupéfiants ? Pourquoi fréquentez-vous cet établissement de nuit, car vous n'en avez pas les possibilités financières ? » En réponse à la salve d'interrogations, on apprendra que « l'hébergeur bienfaiteur » a d'abord cédé à une relation amicale devenue intime et dont elle a une entière confiance depuis trois ans.

« S'il ne m'accompagnait pas ce soir-là, poursuit-elle, c'est parce qu'il a une petite amie… Et puis, Monaco est synonyme de fête ! J'aime cette ambiance nocturne des réjouissances au Sass' Café. J'y viens chaque fois que suis présente à Monaco. On me connaît bien ! Quant aux produits, je les ai achetés dans un café sur une place de Nice lors d'une précédente soirée, avec de l'argent que l'on m'a prêté. Mais ne m'en demandez pas plus : je ne connaissais ni la personne ni le lieu. »

Le président note au passage : « Vous avez ramené la drogue en Principauté. Pourquoi dans des petits bouts de papier ? Depuis combien de temps vous consommez ? » Pour une question d'économie semble-t-il, la détenue a « l'habitude de couper la cocaïne. J'ai pris mes premières doses à vingt ans, en même temps que j'ai commencé à boire… Parce que je suis dépressive… Je ne sais pas exactement pourquoi… »

« Mes parents sont partis à cause de la guerre »

Dernier point important soulevé par le magistrat : « Pourquoi êtes-vous apatride ? » Les larmes coulent, essuyées d'un revers de main, et les paroles restent bloquées un long moment au fond de sa gorge. « À l'origine, mes parents sont partis à cause de la guerre en Serbie et ils ont fui en Allemagne. Je suis née à Hambourg. Je ne connais pas ma mère. Mon père a abusé de moi. Il m'a abandonnée à 4 ans. On m'a mis dans une famille d'accueil aux Pays-Bas et des gens m'aident à vivre. De ce fait, je n'ai pas le droit d'avoir un passeport néerlandais… »

L'émotion passée, le procureur général adjoint, Hervé Poinot, a le sentiment que la prévenue « ne prend pas conscience de venir à Monaco avec des stupéfiants et des drogues synthétiques. Le conditionnement interpelle et cette jeune fille n'a pas de finances. Or elle achète les substances illicites en petites doses et elle se promène la nuit avec l'ensemble des produits. Il est important pour le Parquet général de s'interroger sur le risque de renouvellement des faits… »

Et de décrire une « vie de chaos depuis toute petite, avec des psychologues qui s'en occupent en permanence. Est-ce la conséquence qui amène à la drogue ou l'inverse ? C'est justement parce qu'elle prend de la drogue qu'elle a ce comportement anachronique. On peut faire la fête sans stupéfiants : quinze jours ferme ! »

Après avoir écarté et reproché au tribunal la suspicion de prostitution « parce qu'une jeune fille se trouve dans un établissement de nuit », Me Arnaud Cheynut estime qu'une « peine ferme ne résoudra pas la solution. Ma cliente n'a aucun antécédent et mérite d'avoir une main tendue. Il faut la soigner ! Elle doit aussi retourner aux Pays-Bas afin de soigner cette névrose. Je sollicite le sursis ! » Après en avoir délibéré, le tribunal, compréhensif, ne dépassera pas le mois d'emprisonnement assorti du sursis.


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