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Seconde Guerre mondiale : un film pour ne pas oublier

Mis à jour le 03/09/2016 à 05:05 Publié le 03/09/2016 à 05:05
La brigade Saint-Juste, constituée de jeunes résistants de Monaco et Beausoleil.

La brigade Saint-Juste, constituée de jeunes résistants de Monaco et Beausoleil. DR

Seconde Guerre mondiale : un film pour ne pas oublier

Aujourd'hui, les commémorations autour de la Libération rappellent d'abord et avant tout les années de guerre et de résistance, les arrestations, les fusillades, la famine

Il y a l'allégresse de la Libération. Mais il y a surtout les années de guerre auxquelles le pays n'a pas échappé. En Principauté, c'est un Français, dont les liens avec Monaco sont aussi forts et précieux qu'avec le journalisme, qui a réalisé un film sur « La vie quotidienne en Principauté durant la Seconde Guerre mondiale ».

Frédéric Laurent, un des fondateurs du journal Libération, avec la coproduction de la direction de la Communication du gouvernement princier, a interviewé quarante-cinq témoins de l'époque, « qui avaient entre 80 et 95 ans lorsque nous les avons rencontrés, explique Frédéric Laurent. Certains sont malheureusement décédés depuis. Le film dure une heure et demie environ. C'est une sélection de trente-cinq heures de rushes tournées sur trois ans avec mon fils Jérémie. Il y a dans ce travail une volonté patrimoniale. Le film est destiné à être diffusé sur le canal local Monaco Info dans les prochains mois. Toute la vie du pays est replacée dans son contexte historique. Nous avons ajouté une quinzaine de minutes d'archives sur la guerre ».

« Héros de la résistance »

Parmi les personnes interviewées, certaines sont des personnalités de la Principauté : René Novella, Max Brousse, Roger Bennati, René Clérissi, Michel Chiappori… « Ils avaient tous entre 10 et 25 ans à l'époque », souligne Frédéric Laurent.

Car si aujourd'hui est célébrée la Libération, il ne faut pas non plus oublier les années de guerre : les restrictions, les bombardements, la faim, la résistance, l'arrestation des juifs et de résistants monégasques... « Les derniers mois ont été terribles parce qu'il n'y a plus de vivres. Les quinze derniers jours sont des jours de famine. Certains témoins racontent : "Je faisais 1,80 m pour 37 kg." Le débarquement à Cavalaire avait bloqué tout ravitaillement et la Principauté était alors bombardée. Il y aura des morts. Tout le monde est à la soupe populaire. On n'imagine pas aujourd'hui que Monaco a vécu la guerre et a souffert ainsi. L'image de la Principauté est celle d'un bonheur permanent. Or, on a certainement plus souffert de la guerre ici qu'à Nice parce que les gens ne pouvaient pas sortir du pays. C'est la princesse Antoinette qui a organisé la soupe populaire. Elle a permis à la population monégasque de subsister. Le prince Rainier, qui avait 21 ans en 44, était également présent au moment de la Libération. Il s'engagera, quelques semaines pus tard, dans l'armée française. »

Aujourd'hui, à 16 heures, au cimetière, aura lieu une cérémonie du Souvenir avec un dépôt de couronnes au monument aux Morts ainsi que sur les tombes des deux Monégasques de la Résistance René Borghini et Joseph Lajoux.

« René Borghini, secrétaire général du Conseil national, a été arrêté sur dénonciation par les Allemands puis fusillé, explique Frédéric Laurent. C'est un vrai héros de la résistance. Dans les jours qui suivent, son agent de liaison, Estelle Poggio, Française, est également arrêtée puis fusillée. Lui était responsable d'un groupe de la résistance en Principauté, associé au groupe Combat, un grand groupe de la Résistance de la Côte d'Azur. Joseph Lajoux, lui, est décédé en prison à Grasse, vraisemblablement assassiné par les Allemands. »

C'est cette histoire que les Monégasques et gens de Monaco peuvent se rappeler aujourd'hui, peut-être l'histoire de leur propre famille, à l'occasion de 72e anniversaire de la Libération.


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