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Rosie Bernard, 84 ans de brèves de comptoir

Mis à jour le 27/08/2015 à 08:40 Publié le 27/08/2015 à 08:30
Depuis la fermeture de son célèbre bar Le Chatham, en 1996, Rosie Bernard tient une boutique de souvenirs dans Monaco-Ville. Sur le fronton, on peut voir l'ancien logo du bar, une caricature dessinée par Pierre-André Cousin.

Depuis la fermeture de son célèbre bar Le Chatham, en 1996, Rosie Bernard tient une boutique de souvenirs dans Monaco-Ville. Sur le fronton, on peut voir l'ancien logo du bar, une caricature dessinée par Pierre-André Cousin. (Photos Michaël Alési et DR)

Rosie Bernard, 84 ans de brèves de comptoir

La vie de la patronne du Chatham, célèbre bar de l’avenue d’Ostende détruit en 1996, est intimement liée à celle de la principauté. Dans sa boutique aujourd’hui, elle n’est jamais lassée d’en parler

La vie de la patronne du Chatham, célèbre bar de l’avenue d’Ostende détruit en 1996, est intimement liée à celle de la principauté. Dans sa boutique aujourd’hui, elle n’est jamais lassée d’en parler

Elle a vieilli, Rosie. Elle est un peu fatiguée, dit-elle. Et ce n'est pas la première fois qu'on lui demande de parler de tout ça. De son bar, du Grand Prix, des pilotes qui venaient descendre une bière entre deux essais. De la beauté de la Princesse Grace qui passait saluer les commerçants. De ce Monaco-là.

Elle a vieilli, Rosie. Elle est un peu fatiguée. Mais c'est toujours avec plaisir qu'elle ouvre l'album souvenir. Des anecdotes, l'ancienne patronne du Chatham, le célèbre bar de l'avenue d'Ostende détruit en 1996, en a à revendre.

Et dans sa boutique de Monaco-Ville, où elle s'est installée en 1997, elle continue d'accumuler des histoires. La vie de Rosie Bernard, c'est 84 ans de brèves de comptoir.

"Je suis née dans un bar", aime rappeler celle qui s'est d'abord appelée Rose-Marie Balbo. "Mais tout le monde dit Rosie, c'est plus court."

"Mes parents étaient italiens, ils sont venus ici après la première Guerre. Mon père a d'abord ouvert quelque chose rue Caroline. Il a ensuite ouvert le bar Azur, aux Moneghetti. C'est là que je suis née, en 1931… Plus tard, il en a acheté un autre, sur l'avenue d'Ostende, le London Bar. C'est lui qui est devenu le premier Chatham", raconte Rosie. Pourquoi ce nom ? "Parce que des marins en avaient fait une étape. Et beaucoup venaient de Chatham, en Angleterre."

Et puisqu'elle est née derrière le comptoir, Rosie ne s'est pas posé longtemps la question quand elle a eu l'âge de travailler.

"Un été, j'avais 17 ans, je suis allée donner un coup de main à mon père… J'y suis restée cinquante ans!"

L'affaire est familiale. L'ambiance aussi. Et c'est ce qui va faire le succès du fameux bar. Où du beau monde avait ses habitudes. On dit même que Winston Churchill y est passé plus d'une fois. Enzo Ferrari aussi.

"Tout le monde venait boire un coup. Toutes les nationalités, toutes les classes sociales. Et tout ça s'entendait à merveille", s'enthousiasme Rosie Bernard.

Le secret du Chatham? L'ambiance donc. Et une vue imprenable sur le circuit du Grand Prix.

"Outre les marins, nous recevions, chaque année, des pilotes, des amateurs d'automobiles, des techniciens aussi. Ils me commandaient du Coca pour nettoyer les moteurs!", sourit Rosie.

"C'était une famille. Quelque chose d'unique qui, je crois, n'existe plus ailleurs. Et ne pourrait plus exister. Le monde a trop changé."

Son pilote préféré? "Graham Hill. D'une gentillesse! Sa femme Bette et son fils Damon, lui aussi champion, m'écrivent encore", dit Rosie, en sortant une mallette pleine de cartes postales.

"Beaucoup de gens m'écrivent régulièrement. D'autres passent au magasin après m'avoir retrouvée je ne sais comment."

En 1969, le Chatham ferme. On veut enfouir la voie ferrée qui le longe et élargir la route. Après une mobilisation venue des quatre coins du monde, le bar est finalement relogé un peu plus haut, sur l'avenue d'Ostende. Et va vivre encore de longues années.

 "Mon père est décédé deux ans plus tard. J'ai pris la suite. Les habitués étaient revenus. Les murs étaient tapissés de signatures, de plaques minéralogiques, c'était vraiment à part", se souvient, Rosie, nostalgique.

Et c'est encore là, derrière son comptoir, qu'en 1971, Rosie va rencontrer Jean-Louis. Son mari. Ce musicien d'abord venu chercher du travail.

 "Il était tellement gentil, sourit-elle, qu'on a fini par se marier!"

Ils tiendront les lieux jusqu'à leur démolition, en 1996. "Une sale période, se souvient Rosie ,j'ai perdu mon mari la même année."

À la place du bar, on a construit le Centre cardio thoracique.

"Je retourne régulièrement sur les lieux…, plaisante Madame Bernard, j'ai un bon cardiologue!"

Sur les murs de sa boutique de la rue Comte-Félix-Gastaldi, aujourd'hui, les cartes postales de la principauté se mélangent aux lettres qu'on lui a écrites à elle.

Aux portraits de Jean-Louis, aux dédicaces des amis. Aux reliques du Chatham. Et sur le fronton du magasin trône l'ancien logo du bar, une caricature dessinée par Pierre-André Cousin.

Et la boutique, comment s'appelle-t-elle? "Les souvenirs de Rosie". Évidemment.

Le Chatham avec sa vue imprenable sur le Grand Prix. Et Rosie, en 1992.
Le Chatham avec sa vue imprenable sur le Grand Prix. Et Rosie, en 1992. DR archives repro N.-M.
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