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Respect du confinement : face à un "relâchement" Monaco et la France coordonnent leurs contrôles pendant le week-end de Pâques et renforcent la répression

Mis à jour le 10/04/2020 à 12:12 Publié le 10/04/2020 à 11:48
Un drone de la police judiciaire française et les scooters des mers de la police maritime de Monaco sont venus en renfort des patrouilles terrestres, ce jeudi après-midi, sur le littoral.

Un drone de la police judiciaire française et les scooters des mers de la police maritime de Monaco sont venus en renfort des patrouilles terrestres, ce jeudi après-midi, sur le littoral. Jean-François Ottonello

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Respect du confinement : face à un "relâchement" Monaco et la France coordonnent leurs contrôles pendant le week-end de Pâques et renforcent la répression

Gendarmes et polices françaises et monégasques ont mené une opération coup de poing ce jeudi après-midi aux portes de la Principauté. Gare à ceux qui braveront le confinement ces prochains jours : "On ne fait plus de cadeaux!"

La gendarmerie a investi l'entrée ouest de Monaco ce jeudi pour mener des contrôles communs avec la Sûreté publique monégasque.
La gendarmerie a investi l'entrée ouest de Monaco ce jeudi pour mener des contrôles communs avec la Sûreté publique monégasque. Photo Jean-François Ottonello

Ce week-end pascal, qui coïncide avec ce qui aurait dû être le début des vacances scolaires, les forces de police françaises et monégasques ne chasseront pas les œufs de Pâques en famille mais traqueront les “cloches” qui continuent à braver les règles du confinement.

Finie la prévention, place à la répression sur la base d’un constat unanime : 'un relâchement de certaines personnes' de part et d’autre des frontières de la Principauté. "On fait face à des gens qui nous disent sciemment que c’est un jeu du chat et de la souris", déplore Nicolas Tasset, commandant de la compagnie de gendarmerie de Menton.

Ce jeudi, la gendarmerie a ainsi mené des contrôles coordonnés avec la police nationale, la Sûreté publique de Monaco, et les polices municipales de Roquebrune et Beausoleil. Une Principauté verrouillée à ses entrées et sorties. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la mauvaise foi des automobilistes et piétons subsiste (lire ci-dessous).

"En première ligne pour casser
la chaîne
de l'épidémie"

"On est en première ligne pour casser la chaîne de l’épidémie. Certains perçoivent notre action comme une atteinte à la liberté mais c’est fondamental pour endiguer la propagation. Ne serait-ce que pour apporter une bouffée d’air au personnel soignant", insiste le chef d’escadron Tasset alors que les verbalisations se succèdent à l’ouest de Monaco, côté Cap-d’Ail (lire ci-dessous).

Et les souches à PV n’ont pas fini de chauffer car tous annoncent la couleur de concert. "Le confinement est globalement bien respecté à Monaco, affirme le directeur de la Sûreté publique, Richard Marangoni, mais certains relâchements ont justifié qu’on entre dans une phase de verbalisation assez importante depuis la semaine dernière. Une phase plus répressive, ce qui n’empêche pas la pédagogie."

Le tarif pour défaut d’attestation en bonne et due forme ? 200 euros. 100 euros transigé, si vous réglez de suite. Un chiffre à garder en tête car le week-end pascal sera rythmé par les contrôles intra-muros. Avec, au besoin, l’appui aérien du drone des pompiers de Monaco.

Ce jeudi, c’est celui de la police judiciaire française qui a clamé son message d’appel au confinement au-dessus de la plage marquant la frontière entre Monaco et Roquebrune. À terre, les hommes du commissaire Frédéric Le Pollozec, chef de la circonscription de police de Menton, faisaient barrage devant le Monte-Carlo Beach et à Saint-Roman, où beaucoup de joggeurs avaient oublié que les déplacements ne peuvent excéder une heure dans un périmètre d’un kilomètre.

Égoïsme coupable

Un drone de la police judiciaire française et les scooters des mers de la police maritime de Monaco sont venus en renfort des patrouilles terrestres, ce jeudi après-midi, sur le littoral.
Un drone de la police judiciaire française et les scooters des mers de la police maritime de Monaco sont venus en renfort des patrouilles terrestres, ce jeudi après-midi, sur le littoral. Photo Jean-François Ottonello
Un drone de la police judiciaire française et les scooters des mers de la police maritime de Monaco sont venus en renfort des patrouilles terrestres, ce jeudi après-midi, sur le littoral.
Un drone de la police judiciaire française et les scooters des mers de la police maritime de Monaco sont venus en renfort des patrouilles terrestres, ce jeudi après-midi, sur le littoral. Jean-François Ottonello

Là aussi, les sanctions sont tombées. A la française, soit 135 euros. En une heure, 150 personnes ont été contrôlées. Une dizaine verbalisée. Non habilitée à verbaliser les Monégasques, la police nationale pouvait toutefois procéder à des consignations, voire, à défaut de paiement sur place, à une immobilisation du véhicule. Cela n’aura pas été nécessaire mais un homme aura tout de même viré dans l’outrage au point de finir en garde à vue à Menton pour mise en danger de la vie d’autrui (lire ci-dessous).

Un comportement individualiste malheureusement récurrent selon le commandant Tasset, qui pointe les dangers de l’égoïsme même en dehors des zones urbaines. Quand les joggeurs ou randonneurs veulent s’évader sur le littoral ou dans l’arrière-pays. "S’il vous arrive quelque chose, vous risquez d’attendre plus longtemps qu’à l’accoutumée que quelqu’un vous retrouve. Vous vous mettez en danger et vous exposez les autres car vous générez des moyens supérieurs de recherche, des hommes qui sont utiles ailleurs."

En infraction, ils osent tout... quitte à finir
en garde à vue

Récalcitrant, ce homme a fini sa journée en garde à vue à Menton.
Récalcitrant, ce homme a fini sa journée en garde à vue à Menton. Photo JFO

Certains ne manquent décidément pas de toupet et, pris la main dans le sac, rivalisent d’excuses déroutantes, voire carrément pathétiques.

Responsable du point de contrôle de la Sûreté publique, hier devant le Monte-Carlo Bay, à Monaco, le lieutenant Alessandri confiait une perle du genre. "Une personne nous a dit qu’elle n’avait pas la télé et ne lisait pas le journal et qu’elle n’était pas au courant qu’il y avait le coronavirus."


"À Roquebrune, on a aussi entendu : “Ah bon ? On n’est pas à Monaco ?” », sourit le commissaire Le Pollozec avant de briefer ses troupes devant le Monte-Carlo Beach. "On contrôle tout et on ne fait pas de cadeaux ! Pas d’état d’âme, c’est 135 euros." Quelques minutes suffiront pour qu’un couple russe double la mise avec panache… et ridicule.


Une grosse berline allemande immatriculée à Monaco s’arrête. A son bord, un couple. Au volant, Madame, enceinte, daigne couper le moteur et justifie par un rendez-vous médical en France son besoin urgent de passer. Ni l’un ni l’autre ne présentent d’attestation dérogatoire de circulation. Condescendante à souhait, Madame prend son téléphone prétextant que quelqu’un va la sortir de ce pétrin. Pas de réponse…

Mise en danger d’autrui


Assise, tout en toisant les agents de police, elle filme le contrôle dont elle fait l’objet alors que Monsieur hausse le ton… Une vingtaine de minutes plus tard, c’est menotté car "récalcitrant et outrageant" que Monsieur prendra la route du commissariat de Menton. Quant à Madame, elle ira retirer de l’argent non loin pour s’acquitter de sa faute.

Sauf que, jeudi soir, niant toujours ses torts, Monsieur était toujours en garde à vue à attendre que le Parquet tranche son sort. État d’urgence oblige, son comportement relevait de la mise en danger d’autrui.

"Il y a des mesures d’urgence sanitaires en place, à partir du moment où on commet une infraction et qu’on n’obtempère pas sur la verbalisation, le délit peut être retenu", résume le commissaire Le Pollozec qui, quelques minutes plus tard, aura à le rappeler à un… avocat ! Avant que ce dernier fasse demi-tour sans amende… pour l’instant. Car tous les Monégasques contrôlés jeudi ont fait l’objet d’un signalement aux autorités de la Principauté.


À deux pas, alors que les barrages se levaient, un père et son fils se glissaient sous la rubalise barrant l’accès à la plage pour se cacher derrière les rochers. Avec succès. Pour cette fois…

Ces prochains jours, la police aux frontières renforcera les 150 policiers nationaux et plus de 80 militaires déployés chaque jour à l’est du département en continu.

"Nous sommes courtois mais fermes", prévient le commissaire Le Pollozec quelques jours après le coup de gueule du préfet des Alpes-Maritimes, Bernard Gonzalez.

REVOIR. VIDEO. "C'est un cri d'alarme, la situation est inquiétante", le coup de gueule du préfet des Alpes-Maritimes

Les gendarmes dotés de visières
de protection imprimées en 3D

Les gendarmes ont testé leurs nouvelles visières ce jeudi à Cap-d'Ail.
Les gendarmes ont testé leurs nouvelles visières ce jeudi à Cap-d'Ail. Photo Jean-François Ottonello

Ce jeudi, les gendarmes arboraient pour la première fois des visières de protection dont le support, créé grâce à une imprimante 3D, est maintenu par un simple élastique.

Un outil facilement lavable et apprécié car il protège aussi les yeux.

Le directeur de la Sûreté publique monégasque, Richard Marangoni, dont les hommes portent des masques en tissu lavables antiprojection de la société Bettina et des masques de protection lavables équivalent FFP2, n’est pas resté insensible à cette option pour l’avenir.


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