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"Reconnaissance spirituelle et financière, prévention..." Ce qu’attend une victime des conclusions de l’enquête indépendante sur les abus sexuels dans l’église

Sébastien Liautaud est un des premiers à avoir contacté la commission indépendante sur les abus sexuels dans l’église (Ciaise), après avoir déposé plainte en 2019 pour attouchements subis lorsqu’il avait 11 ans et fréquentait la paroisse d’Antibes. Aujourd’hui installé à La Motte, il attend avec impatience les conclusions de la Ciaise, dévoilées ce mardi.

Rafael Perrot Publié le 04/10/2021 à 18:15, mis à jour le 04/10/2021 à 18:23
Sébastien Liautaud. (Photo Sophie Louvet)

Sébastien Liautaud, 35 ans, est un des premiers à avoir contacté la commission indépendante sur les abus sexuels dans l’église (Ciaise, dite "commission Sauvé", du nom de son président, Jean-Marc Sauvé), après avoir déposé plainte en 2019 contre le père Schoepff. Aujourd’hui installé à La Motte, dans le Var, celui qui dénonce des attouchements subis lorsqu’il avait 11 ans et qu’il fréquentait la paroisse d’Antibes, attend avec impatience les conclusions de la Ciaise, dévoilées ce mardi.

Qu’attendez-vous des conclusions de ce rapport?

Ce que j’attends en premier lieu c’est la reconnaissance de l’église que des agressions ont été commises, qu’on a laissé faire et qu’on n’a pas su arrêter ça. On a pensé que déplacer un prête d’une paroisse à l’autre en priant pour lui suffisait. Ce n’était pas la bonne méthode. Moi qui suis croyant j’attends aussi une démarche de pardon sincère, sous la forme d’une célébration au cours de laquelle les évêques pourraient inviter les victimes qui le veulent à prier ensemble pour demander pardon officiellement. Après, parce que je sais combien coûte une thérapie, et que d’autres ont besoin de séjourner en unité psychiatrique, il faut que ça passe par une réparation financière et non pas une allocation comme cela a été évoqué. Enfin, il est essentiel qu’il puisse avoir au sien de l’église des rencontres pour continuer cet acte de paroles libérées et mettre en place un système de prévention pour que ça n’arrive plus.

 

Que pensez-vous du travail de cette commission indépendante?

J’ai été un des premiers à appeler la commission Sauvé, dès que le numéro de téléphone a été mis en service. J’ai été entendu par une personne de la cellule d’écoute puis pris en charge par France victime. J’ai été suivi par une psychologue pendant longtemps à l’antenne de justice d’Antibes. On ne pouvait pas espérer mieux que la Ciaise. C’est historique! Cela n’a jamais été fait dans aucune institution. Le fonctionnement d’une commission indépendante a été avant-gardiste. Elle a vocation à continuer son travail. Il y a toute la prévention à faire. J’attends vraiment ce rapport. Dedans ils vont dire ce qu’il va se passer ensuite.

Où en est votre affaire?

J’ai porté plainte en juin 2019. Le père Schoepff a été mis en examen mais ses avocats se sont saisis d’un vice de procédure et l’ont fait annuler. Ma plainte a été restaurée mais tout est à recommencer. Ce qui va retarder aussi le dossier l’autre victime. Je n’ai toujours pas été confronté à Schoepff.

Dans quel état d’esprit êtes-vous?

Un procès de pédophilie c’est très long. A commencer par l’enquête, surtout s’il y a beaucoup de victimes. J’ai témoigné et participé à l’écriture d’un livre "Et si on se parlait... enfin?", je trouve que c’est constructif dans l’attente du procès. Je veux montrer qu’on peut garder la foi ou acquérir une paix intérieure, peu importe la foi qu’on a. Qu’on peut passer de "je suis victime" à "j’ai été victime". C’est compliqué. Moi-même je suis encore sur le chemin. Je ne serai jamais totalement guéri.

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