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Professeur décapité dans les Yvelines: ce que l'on sait ce samedi à la mi-journée

Mis à jour le 17/10/2020 à 12:27 Publié le 17/10/2020 à 12:27
Des policiers devant l'entrée du collège de Conflans Saint-Honorine où enseignait le professeur d'histoire-géographie décapité dans la rue dans un attentat terroriste.

Des policiers devant l'entrée du collège de Conflans Saint-Honorine où enseignait le professeur d'histoire-géographie décapité dans la rue dans un attentat terroriste. Photo by Bertrand GUAY / AFP

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Professeur décapité dans les Yvelines: ce que l'on sait ce samedi à la mi-journée

Un enseignant a été retrouvé décapité en pleine rue à Conflans-Saint-Honorine (Yvelines) à proximité de son collège vendredi en fin d'après-midi et son agresseur tué par la police. Les hommages se multiplient, neuf personnes ont été placées en garde à vue. Voici ce que l'on sait ce samedi à la mi-journée.

Ce qu'il s'est passé

La police municipale de Conflans Sainte-Honorine, dans les Yvelines, a été prévenue vers 17 heures qu'une personne décapitée avait été découverte.

Des policiers de la BAC de la ville se sont rendus sur les lieux, à proximité d'un collège. Ils ont fait face à un homme qui les a menacés en criant "Allah Akbar" et qui leur a tiré dessus avec un pistolet air soft (pistolet à bille air comprimé qui n'est pas létal), selon les informations de franceinfo.

Les policiers ont fait feu à dix reprises et ont abattu l'assaillant. Les forces de l'ordre lui avaient demandé de mettre à terre son arme, ce dernier a refusé.

Rapidement après l'attaque, survenue vers 17H00 près de l'établissement scolaire, une enquête a été ouverte pour "assassinat en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle" par le parquet national antiterroriste (Pnat).

Le procureur antiterroriste Jean-François Ricard doit donner une conférence de presse samedi après-midi.

Qui était l'agresseur?

L'identité de l'assaillant, sur lequel avait été trouvée une pièce d'identité, a par ailleurs été confirmée par les enquêteurs, selon la source judiciaire. Il s'agit d'un jeune Russe tchétchène de 18 ans né à Moscou.

Il était connu pour des antécédents de droit commun, mais disposait d'un casier vierge, et n'était pas connu pour sa radicalisation.

Qui était la victime?

Samuel Paty, quadragénaire et père de famille, enseignait l'histoire-géographie au collège du Bois d'Aulne.

Ce professeur avait récemment montré des caricatures de Mahomet à ses élèves de quatrième dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression.

Certains parents s'en étaient émus, notamment sur les réseaux sociaux. Un parent d'élève avait porté plainte la semaine dernière, et l'enseignant avait en retour porté plainte pour diffamation.

"Apparemment, c'était un prof qui avait l'habitude de leur parler de l'islam, de caricatures et tout ça, ce n'était pas la première fois que mon fils rentrait et qu'il disait "le prof nous a parlé de cela aujourd'hui"", a raconté à l'AFP un parent d'élève.

Plusieurs personnes en garde à vue

Les enquêteurs cherchent maintenant à savoir s'il a, lui-même, posté un message sur Twitter montrant une photo de la tête décapitée de la victime avec un message adressé à Emmanuel Macron, "le dirigeant des infidèles", qui dit vouloir venger celui "qui a osé rabaisser Muhammad".

Neuf personnes étaient en garde à vue samedi, dont les parents, le grand-père et le petit frère de l'assaillant, interpellés à Evreux (Eure), ainsi que d'autres proches.

Un père d'élève qui s'était indigné du fait que l'enseignant montre des images du prophète Mahomet "nu" à la classe de quatrième de sa fille, fait aussi partie des gardés à vue.

Un hommage national de l'Elysée

L'Elysée a indiqué samedi qu'un "hommage national" serait rendu à l'enseignant décapité vendredi dans les Yvelines, qui avait montré des caricatures de Mahomet à ses élèves.

Cet hommage, dont la date n'est pas encore fixée, est organisé en coordination avec la famille, a précisé l'Elysée à l'AFP.

La classe politique réagit

Emmanuel Macron s'était rendu dès vendredi soir sur les lieux de l'attaque, à Conflans-Saine-Honorine, où il avait dénoncé un "attentat islamiste caractérisé".

"D'autres expressions et annonces sont prévues après les réunions du week-end", ont encore indiqué les services de la présidence de la République.

"Tous et toutes nous ferons bloc. Ils ne passeront pas. Ils ne nous diviseront pas. C'est ce qu'ils cherchent et nous devons nous tenir tous ensemble", avait martelé le chef de l'Etat vendredi, lors d'une allocution devant le collège Bois d'Aulne où enseignait ce professeur d'histoire.

"Un de nos concitoyens a été assassiné aujourd'hui parce qu'il enseignait, parce qu'il a prôné à des élèves la liberté d'expression, la liberté de croire et de ne pas croire", avait-il ajouté.

Samedi matin, le Premier ministre, Jean Castex, a martelé que "nos enseignants continueront à éveiller l'esprit critique des citoyens de la République, à les émanciper de tous les totalitarismes et de tous les obscurantismes", dans un message publié sur Twitter.

"Nous n'avons pas l'intention de ne pas réagir face à ces agissements inadmissibles", a par ailleurs assuré le chef du gouvernement à des syndicats enseignants qu'il a rencontrés dans la matinée.

Un message de soutien à la famille de la communauté tchétchène des Alpes-Maritimes

Magamadov Ramzan, imam et président de l'association des Tchétchènes et Ingouches des Alpes-Maritimes a réagi après l'attentat terroriste. L'assaillant a été identifié comme un jeune homme tchétchène de 18 ans.

"Nous sommes profondément touchés par l'immense tristesse de la famille de la victime, nous leurs présentons nos plus sincères condoléances, a écrit l'imam Ramzan dans un long message. Bien que toute la communauté ne peut être responsable d'actes isolés de fous qui peuvent vivre parmi nous, nous ne pouvons pas rester silencieux alors que la famille de la victime vit un moment terriblement douloureux. Nous sommes contre tout acte de violence et si l'identité du criminel est confirmée, nous voudrions que la famille de la victime sache que les Tchétchènes lui apportent tout leur soutien".

Quel est le contexte?

Cette attaque survient trois semaines après celle devant les anciens locaux de Charlie Hebdo à Paris, en plein procès des attaques de janvier 2015, qui avaient décimé la rédaction de l'hebdomadaire satirique.

La rédaction de Charlie Hebdo a fait l'objet de nouvelles menaces, de la part d'Al Qaïda notamment, depuis la republication des caricatures de Mahomet le 2 septembre pour l'ouverture du procès.

La représentation des prophètes est strictement interdite par l'islam sunnite. Ridiculiser ou insulter le prophète Mahomet est passible de la peine de mort dans certains pays musulmans.


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