Prison ferme requise en appel contre Priscilla Majani, après 11 ans de fuite avec sa fille Camille

Priscilla Majani, qui a caché sa fille pendant onze ans, s’est présentée ce mercredi 23 novembre devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence comme une “mère protectrice” pour justifier sa cavale.

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Eric Marmottans Publié le 23/11/2022 à 22:25, mis à jour le 24/11/2022 à 01:48
Camille avait été enlevée par sa mère, à Carqueiranne, en février 2011. Elle était âgée de 5 ans. Photo DR

Une peine de cinq ans d’emprisonnement, dont un an assorti d’un sursis probatoire. C’est ce que le ministère public a requis ce mercredi soir à l’égard de Priscilla Majani, jugée en appel à Aix-en-Provence pour l’enlèvement parental de Camille Chauvet, en février 2011 à Carqueiranne. À l’époque, l’enfant était âgée de cinq ans.

L’ancienne ingénieure militaire n’avait été retrouvée qu’en février 2022, à la faveur d’un contrôle routier en Suisse, où elle vivait clandestinement. La cour d’appel rendra son délibéré à une date ultérieure.

Camille Chauvet, qui n’était pas avec sa mère lors de son interpellation, s’était réfugiée chez la directrice d’une petite école évangéliste, conformément à des instructions données par sa mère anticipant cette éventualité. "On espérait que Priscilla réapparaisse et quand on a vu que ce n’était pas le cas, on est tout de suite allé voir la police", a témoigné cette amie de Priscilla Majani.

Accusation d’inceste

Dans le box des prévenus, Priscilla Majani a réitéré les accusations de viols incestueux qu’elle avait formulées en janvier 2011 à l’égard d’Alain Chauvet. Et qui lui valent d’être également poursuivie pour "dénonciation calomnieuse": l’enquête avait été rapidement classée après que ces allégations avaient été écartées par les expertises ne décelant aucune séquelle physique ou psychologique chez l’enfant.

"S’il y avait eu des centaines de viols anaux comme Madame le prétend aujourd’hui encore, il y aurait des marques", a insisté Me Olivier Ferri, l’avocat du père de l’enfant dont le couple, en instance de divorce, se disputait la garde.

 

Des extraits des auditions de la fillette, réalisées au commissariat d’Hyères, ont été diffusés dans la salle d’audience. "On voit que l’enfant dit tout et son contraire. Chacun peut piocher ce qu’il veut", a résumé la présidente de l’audience. Une expertise psychologique effectuée à l’époque a mis en garde contre des propos tenus "sur un mode récitatif".

Le bénéfice du doute

Priscilla Majani avait fini par s’évaporer avec sa fille quand l’étau judiciaire se resserrait. "Quand je suis sortie de garde à vue, je suis partie", a-t-elle confirmé. "Le vrai débat, c’est ma fille qui a fait des révélations graves", maintient-elle aujourd’hui.

Les avocates de la défense ont produit une vidéo dans laquelle une personne dont on ne voit pas le visage se présente comme étant Camille Chauvet. Elle apporte son soutien à Priscilla Majani. "Je sais que tout ce que j’ai dit est véridique".

Et la défense de plaider la relaxe au motif que la prévenue aurait été de bonne foi quand elle a dénoncé des faits non avérés. "Quand deux hypothèses existent, alors c’est qu’il y a un doute…"

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