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Pourquoi un tel émoi en Allemagne après la mort du styliste Otto Kern à Monaco?

Mis à jour le 14/12/2017 à 08:53 Publié le 14/12/2017 à 08:51
Otto Kern, ici avec sa dernière épouse, avait 67 ans.

Otto Kern, ici avec sa dernière épouse, avait 67 ans. Photo MaxPPP

Pourquoi un tel émoi en Allemagne après la mort du styliste Otto Kern à Monaco?

Décrit comme charmant et érigé en modèle de réussite, le styliste allemand inspirait du rêve aux plus modestes et jouissait d’une belle popularité outre-Rhin.

Le contraste est saisissant. Le fossé énorme. Depuis l’annonce officielle de la mort du créateur de mode allemand, Otto Kern, lundi à Monaco, le traitement médiatique entre France et Allemagne se résume en un grand écart.

>> RELIRE. Qui était Otto Kern, le célèbre créateur de mode allemand retrouvé mort à Monaco

Outre-Rhin, l’info tourne en boucle et les supputations vont bon train sur les circonstances de son décès. En France, rien, ou presque. Les premiers articles n’ont d’ailleurs paru que ce mercredi dans la presse nationale.

Si Otto Kern, résident monégasque depuis le début des années 2000 et habitué des soirées mondaines, était un visage familier sur le Rocher, il faut bien avouer que sa popularité était bien moindre en France, pays des plus grands couturiers.

En Allemagne, l’émoi est en revanche très palpable et certainement amplifié par le mystère latent autour de sa mort. Décès qui, rappelons-le, avait été attribué à une crise cardiaque par le toujours très bien informé Bild-Zeitung avant que Monaco-Matin ne jette un pavé dans la mare en évoquant une chute fatale de 13 étages, stoppée sur une terrasse privée de l’avenue Princesse-Grace.

>> RELIRE. Une enquête ouverte après la mort d'un célèbre créateur de mode allemand à Monaco

"Peu d’Allemands sont très connus"

L’enquête ouverte, les journalistes allemands n’ont pas tardé à débarquer sur le Rocher. Ce mercredi, alors qu’il campait avec son caméraman devant la Sûreté publique, un journaliste de la chaîne de télévision privée RTL expliquait l’agitation germanique par le fait que "peu d’Allemands sont très connus en dehors de leurs frontières".

Et que les gens avaient de l’affection pour cet exilé à la réussite professionnelle parsemée de drames personnels, comme la perte de sa troisième épouse dans un accident de la route.

"Un playboy à la Gunter Sachs"

Les femmes, Otto Kern en avait épousé quatre. Et si la dernière en date, Naomi Valeska Salz, n’avait aucune notoriété en Allemagne; sa seconde épouse, Sarah Kern, avait en revanche une belle cote de popularité, notamment depuis sa participation récente dans une émission de télé-réalité "qui avait remis son couple à la Une des journaux", précise notre confère de RTL.

En route pour Monaco, un journaliste du magazine people Bunte nous confie, lui, qu’Otto Kern, un "petit Karl Lagerfeld", un "playboy à la Gunter Sachs avec son teint halé et ses cheveux blonds", incarnait la réussite du "self-made-man".

"Ce n’était pas un héritier ou un rentier mais un travailleur devenu riche. Il menait une vie de prince, à Monaco, qui faisait rêver les gens plus modestes en Allemagne." Un modèle.

L'enquête se poursuit

L’enquête se poursuit et avance à Monaco. Ce mercredi, certains proches d’Otto Kern ont été auditionnés dans les locaux de la Sûreté publique. Une procédure classique à laquelle l’ex-épouse d’Otto Kern, Sarah Kern, a tenu à contribuer "spontanément" à peine arrivée à Monaco.

Dans la journée, le parquet général s’est fendu d’un communiqué précisant que "les actes d’investigation réalisés jusqu’à ce jour permettent d’exclure l’intervention de tiers dans la mort d’Otto Kern."

Les témoignages de la famille seront donc déterminants. Reste la thèse de l’accident – en ce soir de tempête Ana – et du suicide. Sur ce dernier point, en attendant l’autopsie, les relevés toxicologiques ou expertises des ordinateurs et téléphones, il apparaît "qu’aucune lettre de suicide" n’a été retrouvée sur les lieux.


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