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PHOTOS. Qui sont les futurs policiers de Monaco?

Mis à jour le 30/09/2019 à 12:13 Publié le 30/09/2019 à 08:50
Du stand de tirs à la circulation, en passant par les tatamis, la formation est dense la semaine.

Du stand de tirs à la circulation, en passant par les tatamis, la formation est dense la semaine. Photo Jean François Ottonello

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PHOTOS. Qui sont les futurs policiers de Monaco?

La Sûreté publique fait-elle toujours rêver? Oui à écouter les 30 élèves agents et lieutenants actuellement en formation à l’école de police et suivis durant deux journées intenses. Avant la naissance de nouvelles brigades (circulation, cybercriminalité…) et en plein remaniement des effectifs dans le cadre du "Plan Sûreté Publique 2020", nous avons suivi des futures recrues formées en un temps record. Des agents et lieutenants promis à la polyvalence et garants d’un certain prestige.

Ils sont au cœur de la vie de la cité et connaissent mieux que quiconque ses vicissitudes. Qu’ils régulent ses artères ou éclairent ses mystères, les policiers de Monaco œuvrent ensemble, telle une famille. Si le comportement présumé de certains a pu traîner tout un corps dans la boue judiciaire et médiatique, le prestige de la Sûreté publique n’est pas écorné à en croire le nombre et la qualité des CV des candidats à l’école de police chaque année.

Durant une journée et demie, nous avons collé aux basques de la 35e Promotion des lieutenants et la 50e des agents de police. Trente élèves surmotivés à l’idée de garnir les rangs des quelque 560 dépositaires de la sécurité en Principauté. Des jeunes conscients du défi laissé par leurs pairs, celui de maintenir un cadre de vie idéal à la population établie à Monaco.

"Avant on faisait le service militaire…"

Une Sûreté publique à la croisée des chemins, entre police d’antan et de son temps, sous l’effet du "Plan Sûreté Publique 2020". Au carrefour, aussi, des générations. Alors que les derniers baby-boomers rengainent, la génération Z, dite des "zappeurs" car biberonnée aux smartphones et réseaux sociaux, arrivent la fleur au fusil. Avec ses codes, ses idéaux et sa fraîcheur.

D’où quelques ajustements nécessaires selon le directeur de la Sûreté publique, Richard Marangoni.

"Nous sommes obligés de nous adapter à l’évolution de la société dans des domaines comme l’ordre serré. Marcher au pas, on ne sait plus, alors qu’avant on faisait le service militaire". Des modules d’apprentissage subsistent ainsi, d’autant que les élèves défilent lors de la Fête nationale.

Si le débat y est permanent et que les leçons dispensées n’ont rien d’un formatage des esprits, la formation appuie aussi sur le respect de l’autorité. "Aujourd’hui, un jeune qui rentre à très peu de notions de ce qu’est une hiérarchie. Il faut faire beaucoup de pédagogie pour expliquer à quoi sert une chaîne hiérarchique. Ce n’est pas juste pour le plaisir de donner un ordre. C’est indispensable dans la mise en œuvre et le fonctionnement d’un corps comme le nôtre. Tout ça a un sens, une logique", justifie Richard Marangoni.

Contrairement à leurs prédécesseurs, les actuelles promotions ont à composer avec un autre défi : le temps. Le cycle de première année ayant été exceptionnellement ramené de dix à huit mois de formation. "Nous avons fait un effort important pour avoir un recrutement anticipé pour notamment mettre en œuvre, dès le mois de janvier 2020, la brigade de la circulation", justifie le patron de la Sûreté.

>> LIRE AUSSI Armes à feu, exercices d'interpellations, circulation... comment les recrues de la Sûreté publique de Monaco sont-elles formées?

"Garants d'une image"

Quel est le premier visage aperçu en arrivant ou en quittant la Principauté? Celui d’un policier. Dès lors, l’institution ne transige pas avec l’image renvoyée au public selon le commissaire principal Régis Bastide. "Ils sont policiers tout le temps, y compris quand ils ne travaillent pas.

Lors d’un cours de techniques d’intervention dans les entrailles du Louis-II.

Pour "améliorer la qualité de la relation avec l’usager", en plus de l’apprentissage obligatoire de deux langues (anglais et italien), les élèves passent ainsi des journées en civil à l’office de tourisme ou à l’accueil de la Sûreté publique. Et au-delà du propos, l’attitude et la présentation sont primordiales rappelle Richard Marangoni. "Dans le cadre du devoir de réserve, l’agent de police ne doit pas avoir de tatouage apparent ou de barbe, seule la moustache est acceptée."

Tatoué sur l’avant-bras, un élève de l’actuelle promotion a ainsi entrepris des interventions au laser pour rentrer dans les clous.

"Beaucoup de candidats mais peu d'élus"

"Nous avons des candidats très diplômés, notamment pour le concours d’agent où l’on ne demande que le Bac et il n’est pas rare que nous ayons des Bac +3 ou 4. ça montre l’intérêt qu’il y a pour entrer à la Sûreté publique", se félicite le commissaire principal Régis Bastide, tout en assurant que "le concours d’entrée est sélectif, il y a beaucoup de candidatures mais peu d’élus"

Chaque année, un avis de recrutement du personnel dit "actif" (fonctionnaires en tenue et en civil) paraît au Journal Officiel de Monaco. Au cours du 1er semestre, la Division de l’Administration et de la Formation organise un concours à destination des candidats élèves-agents et élèves-lieutenants de police.

Les candidats sont soumis à des épreuves sportives, écrites et orales, avant de se présenter devant un grand jury. "A ce stade, on privilégie les profils stables, qui aiment travailler en groupe, ont le goût du service public, et sont non réfractaires à la discipline et à la hiérarchie", notent Richard Marangoni et Régis Bastide. "Ce sont des qualités intangibles, comme l’intégrité."

Les candidats doivent avoir entre 21 et 30 ans et répondre à des caractéristiques de taille et de poids [exemple : 1,65 m minimum pour une candidate élève-agent]. Quant à l’indice de masse corporelle, il doit osciller entre 18 et 28.

Lors de la visite médicale d’admission, l’acuité visuelle doit être au moins égale à 15/10e pour les deux yeux, sans être inférieure à 7/10e par œil. Certains troubles de la vision, notamment d’identification des couleurs, sont rédhibitoires.

Cette année, quelques candidats n’ont ainsi pas hésité à passer sur le billard pour corriger leur vue.
Les facultés auditives sont vérifiées, de même que le carnet de vaccination et l’absence de pathologies incompatibles avec les missions de police, à commencer par le maintien de la station debout.
Enfin, les candidats doivent être titulaires du permis B (véhicule léger) et libres de tout contrat et de toute obligation militaire au moment de l’engagement.

Le niveau Licence (Bac + 3) est exigé pour les élèves lieutenant de police, le Bac pour les élèves-agents. "Dans les faits, les officiers rentrent tous avec un Master II aujourd’hui", précise la direction de la Sûreté.
La priorité à l’emploi s’applique aux candidats de nationalité monégasque (un seul cette année).
Les candidats retenus suivent un stage de formation initiale de deux ans sanctionné, au bout d’un an, par un concours interne visant à les nommer en qualité de stagiaire. Au terme de la deuxième année de formation, ils sont titularisés dans leurs fonctions, après voir satisfait à un ultime examen.

Confidences D’ÉLèveS loin de leurs profs

À l’école de la polyvalence, du discernement et de la bonne tenue, on se serre les coudes à tous les étages confirme Régis Bastide : "Pour être sûr qu’il n’y a pas de décrochage, il y a deux check-points. À Noël et après le premier stage d’observation en février, où on fait une sorte d’évaluation des compétences pour, au besoin, mettre en place un accompagnement plus poussé pour ceux qui sont en difficulté. L’objectif étant de les amener au bout."

Photo Jean-François Ottonello

De profils variés mais essentiellement originaires de la région, les élèves ont pour obligation de résider à moins de 30 km de la Principauté. Nous avons pris le temps de discuter avec sept d’entre eux… sans chefs dans les parages.

Pourquoi se sont-ils engagés ?
Margaux V., 22 ans, Enfant du pays, titulaire d’une Licence de droit, élève-lieutenant [les autres intervenants sont élèves-agents] : "Je suis de Monaco et j’ai toujours bénéficié d’une sécurité exemplaire, j’avais envie d’y contribuer."

Florian, 28 ans, Nice, Master II en marketing et agent immobilier durant un an : "C’est une vocation qui s’est révélée sur le tard. Cette déontologie professionnelle qu’il y a Monaco répond totalement à mes attentes, à ma façon de travailler et d’être (...) On est bien formé et on sait qu’au niveau des moyens humains et matériels, on approche du summum."

Thomas, 27 ans, Nice, pompier volontaire à Vence et responsable d’un restaurant : "C’est une police de proximité, préventive. On se doit d’être proches des gens, d’aller au contact, on fait beaucoup d’îlotages. On se doit de connaître les quartiers, les commerçants. C’est ce qui m’a attiré."

Vincent, 22 ans, BTS notariat et un an de droit, a eu l’occasion de travailler en police municipale à Roquebrune-Cap-Martin : "Mon grand-père était dans la Sûreté publique, mon père aussi, j’ai toujours baigné dedans et j’ai toujours voulu faire ce métier. La proximité, le travail, la rigueur et le cadre correspondent à mon caractère."

Margaux, 21 ans, Nice, étudiante en droit : "S’il y a une intervention, on sait qu’il y aura toujours des renforts et encore assez de monde pour intervenir ailleurs. On aura le soutien de nos gradés, on ne pourra pas bouder une intervention car on a les moyens de la réussir, de la mener à bien (...) J’ai choisi Monaco parce que ça représente l’excellence."

Le respect subsiste-t-il ?
Margaux V. : "Ce qui est triste en France, c’est que l’opinion publique s’acharne sur les policiers. À Monaco, on n’aura jamais ça puisque les gens viennent parce qu’ils se sentent en sécurité, donc on est utiles. On a des super bons contacts."

Lionel, 23 ans, Nice, ancien gardien de la paix à Paris dans un service judiciaire : "Même quand ils sont en infraction et qu’on les arrête, ils sont compréhensifs et pas du genre à nier."

Margaux : "On est respecté. On va courir dans Monaco avec un T-shirt floqué “Police”, on n’est pas armé et les gens nous saluent, nous disent bonjour. C’est assez inenvisageable en France."

La différence avec la France
Lionel :
 "A Paris, quand on demandait des renforts sur une opération sensible il y avait quand même des moyens mais, là, on nous montre des vidéos où la police met entre 30 secondes et deux minutes pour arriver sur une intervention ! C’est hallucinant. (...) Je suis étonné de voir comment on nous apprend ce métier aussi, c’est plus de la pratique, du cas par cas, du concret."

L'image de leurs pairs
Thomas : "
ça a été un travail de longue haleine pour rendre cette Principauté comme un cocon ultra-sécurisé. On est là pour reprendre le flambeau et que ça continue. C’est une chance et une vraie fierté."

Margaux : "On entend souvent qu’il ne se passe rien à Monaco et que c’est un peu la planque. Mais si c’est calme c’est que la police fait le travail et que le choix de la prévention a été fait avec beaucoup de moyens. J’ai l’impression que ce n’est pas très bien compris hors frontières alors que, justement, c’est le résultat attendu."

La formation en 8 mois au lieu de 10
Florian : "
On l’a appris le premier jour où on est arrivé [rires]"

Thomas : "ça a été bien accueilli puisque si on réduit la formation on va plus vite sur le terrain [rires]. Maintenant, là, on se rend compte qu’il y a beaucoup de boulot."

Anthony, Monégasque, formé en hôtellerie-restauration puis surveillant au collège Charles-III : "Il y a un mot d’ordre qui revient toujours dans la formation, c’est le discernement. On nous apprend à faire de la prévention et pas forcément à sanctionner et faire de la répression."

La cohésion du groupe
Florian : "
On ne ressent pas un esprit de compétition. On s’entraide, on révise ensemble (...) On se crée une mini famille qui va intégrer une grande famille."

Lionel : "On a l’opportunité pendant huit mois de vraiment se connaître à fond. On se voit plus que nos familles. Plus tard on va tous se séparer mais on restera des collègues de promo."

Leur avenir dans la police
Anthony : "
Il y a beaucoup de perspectives de carrière et je peux parler au nom de tous en disant qu’on n’est pas fermé aux propositions."

Du stand de tirs à la circulation, en passant par les tatamis, la formation est dense la semaine.
Du stand de tirs à la circulation, en passant par les tatamis, la formation est dense la semaine. Photo Jean-François Ottonello
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