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Philippe Ortelli: "Nous avons besoin d'un grand programme de bureaux"

Mis à jour le 16/05/2013 à 09:07 Publié le 13/05/2013 à 07:01
Le président de la Fédération patronale a été réélu pour la sixième année consécutive.
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Philippe Ortelli: "Nous avons besoin d'un grand programme de bureaux"

Réélu à la tête de la Fédération patronale, le porte-parole des entrepreneurs en Principauté pointe du doigt le manque d’espace sur le territoire pour développer l’économie

Réélu à la tête de la Fédération patronale, le porte-parole des entrepreneurs en Principauté pointe du doigt le manque d’espace sur le territoire pour développer l’économie

Et de six. Philippe Ortelli vient d'être réélu à la présidence de la Fédération patronale monégasque. « Enthousiaste » de porter les valeurs communes d'un millier d'entreprises fédérées. « C'est un poste qui demande beaucoup d'efforts et de contraintes, mais en même temps, c'est enthousiasmant de participer au développement économique de la Principauté » assure le porte-parole du patronat. Interview.

Vous démarrez votre nouvelle présidence avec quels objectifs ?

Ce qui nous importe est de rassembler toutes les forces économiques de Monaco, adhérentes et non-adhérentes dans un élan commun, par rapport à la situation du monde. Notre pays conserve un potentiel de développement économique et c'est pour cela que nous voulons accompagner les décideurs institutionnels en apportant notre point de vue pragmatique, opérationnel et raisonnable financièrement.

Quels sont les domaines où agir ?

Les investissements d'État sont notoirement insuffisants. Nous tenons à ce que l'État revienne dans son budget à un tiers d'investissements. Car le nombre de mètres carrés de bureaux fait défaut. Voilà cinq ans que nous le réclamons, rien n'a été entrepris à ce jour. Alors qu'un certain nombre de constructions auraient pu avoir leurs premiers niveaux en bureaux. C'est un investissement important pour créer de la TVA et ainsi pouvoir développer de l'immobilier domanial par exemple. Il faut semer pour pouvoir récolter ! C'est le cercle vertueux de l'économie.

Un ensemble immobilier de bureaux par exemple serait la solution ?

Nous avons besoin d'un grand programme immobilier de bureaux, mais, nous ne sommes pas accrochés à vouloir une tour de bureaux, ce qu'il nous faut ce sont des livraisons de surfaces de travail en quantité suffisante. Le gouvernement a proposé qu'en 2050 nous soyons plus de 100 000 salariés à Monaco (soit le double d'aujourd'hui, ndlr). Un salarié aujourd'hui occupe en moyenne 18 m2 selon les statistiques. Cela veut dire qu'il faut construire près de 800 000 mètres carrés de bureaux dans les quarante prochaines années. Il faut en être conscient. On parle de télétravail, mais de nombreuses activités doivent se faire aussi sur place.

Les réseaux de transports sont insuffisants à votre avis ?

Nous avons besoin d'infrastructures de transports adaptées à notre vision socio-économique. C'est maintenant qu'il faut lancer les projets. Est-ce normal que nous n'ayons toujours pas de voies d'accès dignes de notre cité État et qu'il y ait sans cesse des embouteillages aux entrées de Monaco ? Non ! Il faudrait prolonger le tunnel montant Rainier III jusqu'à l'autoroute par exemple. Nous pensons aussi qu'un tunnel descendant à une seule voie n'est pas suffisant. Il nous faut au moins deux voies. J'ai participé également aux réunions pour la ligne ferroviaire à grande vitesse dont la réalisation est essentielle pour que nos clients puissent venir en train dans un délai raisonnable de Paris ou de Marseille.

Ces points, selon vous, freinent l'installation d'entreprises sur le sol monégasque ?

C'est une faille. Un jour ou l'autre les bureaux seront trop chers pour s'établir à Monaco et nous risquerons de ne plus être attractif pour un certain type d'activités.

Mais le pays reste attractif aujourd'hui ?

La dolce vita est finie en Europe. On ne peut plus être moyens. Il faut être bon, sinon on s'effondre. Monaco est en train de faire un effort d'adaptation. La mutation est en cours, le Ministre d'État l'a impulsé. Les Monégasques, les résidents, les salariés doivent être conscients que l'on doit être meilleurs qu'ailleurs. Pour les salariés, l'attractivité monégasque fonctionne toujours car nous avons préservé un modèle socio-économique. Mais j'ai la volonté de toujours anticiper et clairement, aujourd'hui, les décisions que nous prenons auront des impacts dans dix ou vingt ans.

Comment les entrepreneurs monégasques ressentent la crise économique internationale ?

Monaco travaille avec le monde entier. Ça a été une de nos forces ces dernières années. Heureusement, car même si l'Europe ne va pas bien, l'Afrique et l'Asie continuent à travailler. Et nous ne dépendons pas d'un seul cycle économique.

Les nouveaux programmes immobiliers de grand luxe en Principauté favorisent-ils l'installation de dirigeants ?

Notre cœur de métier à Monaco est d'être un hôtel cinq étoiles sur 2 km2 et d'apporter aux clients le meilleur environnement socio-économique pour développer leur installation, leur consommation et leurs affaires. Nous avons attiré depuis longtemps les meilleurs d'Europe. C'est un énorme succès que sur un si petit territoire nous ayons pu regrouper autant de compétences et d'expériences variées. C'est un de nos talents. Je ne pense pas que ce soit les multinationales qu'il faut attirer mais des personnes physiques qui apprécient notre cadre de vie. On fait payer plus cher mais on apporte un service en plus.

Le Conseil national vient de créer sa cellule de veille pour la priorité nationale. L'embauche de Monégasques dans le secteur privé pose-t-elle problème ?

De plus en plus de salariés monégasques sont embauchés dans des entreprises du secteur privé. Ça se passe bien. Nous n'avons pas de problématique par rapport à l'embauche de Monégasques. Les chefs d'entreprises à Monaco jouent et joueront le jeu si le bon sens est de mise et que l'esprit d'entreprendre est accompagné par l'envie d'investir de la part des autorités.

Quelles sont vos relations avec les autorités institutionnelles ?

Nous souhaitons être un partenaire du gouvernement pour qu'il nous consulte le plus en amont possible. Nous ne sommes pas toujours complètement entendus mais nous essayons de défendre un certain état d'esprit, celui de l'esprit d'entreprendre est pour nous fondamental à Monaco. Nous avons déjà reçu le nouveau président du Conseil national, il nous a longuement écoutés et nous sommes sur la même longueur d'onde sur l'investissement, le pragmatisme et sur une adaptation législative pour préserver notre modèle économique et social.

Du côté des salariés, une deuxième fédération de syndicats a été lancée ces derniers mois. Avez-vous eu des contacts avec eux ?

Ils sont venus se présenter, nous allons nous rencontrer tout prochainement. À la Fédération patronale, nous discutons avec tout le monde. Ceci dit, il y a un partenaire historique qui s'appelle l'USM avec qui les rapports sont plus importants par essence même. Nous respectons les uns et les autres. Et à mon sens, cette deuxième fédération devrait prendre la place qu'elle mérite par rapport à sa structure, sa représentativité et sa dimension.


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