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PCR, salivaire, antigénique... Tester massivement la population, est-ce vraiment la bonne solution?

Mis à jour le 23/09/2020 à 09:56 Publié le 23/09/2020 à 08:10
Les laboratoires sont débordés. Il leur est difficile de délivrer les résultats dans les 24 heures.

Les laboratoires sont débordés. Il leur est difficile de délivrer les résultats dans les 24 heures. Frantz Bouton

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PCR, salivaire, antigénique... Tester massivement la population, est-ce vraiment la bonne solution?

Avec 1,2 million de tests PCR réalisés la semaine dernière, la France se place désormais parmi les 10 pays qui testent le plus. Cette explosion de tests sert-elle la lutte contre la Covid?

Pourquoi réaliser des tests de dépistage de la Covid-19? Quels sont les bénéfices en termes de santé publique? Comment expliquer cette ruée sur les laboratoires de biologie?…

Pendant que l’on traque l’arrivée de nouveaux tests, antigéniques, salivaires, plus rapides, moins invasifs, que l’on débat de leurs performances, de leurs points forts et points faibles, de la date de leur mise sur le marché, on en oublie de se poser ces questions fondamentales.

Au départ, la stratégie était somme toute assez simple à comprendre: dès que quelqu’un présentait des symptômes évocateurs de la maladie Covid (toux, fièvre, nez qui coule, ou encore perte du goût ou de l’odorat), on le testait, on l’isolait, et on s’intéressait à ceux qui l’avaient côtoyé.

Objectif: mettre sous cloche tout ce petit monde pour éviter que le virus ne circule et ne frappe les personnes vulnérables, celles à risque de formes graves relevant de l’hospitalisation.

Ça, c’était avant, quand on traquait le virus et que l’on essayait encore de limiter sa circulation. À cette époque (mois de mars, avril derniers), on manquait de tout en France, et on appelait de tous nos vœux le développement des tests de dépistage, les yeux rivés sur nos voisins allemands et le succès apparent de leur "stratégie de dépistage massif". Et puis il y a eu l’été.

Libérés du carcan du confinement, et de la plupart des mesures restrictives, les Français ont voyagé, se sont retrouvés, ont fêté ce qu’ils ont vécu comme une libération.

Aujourd’hui, le virus circule activement, déjouant certains pronostics. Alors le sujet des tests est revenu sur le tapis. Très critiqué pour ses difficultés à les déployer à grande échelle, l’État français a pris sa revanche.

L’objectif d’un million de tests par semaine - annoncé par Olivier Véran le 27 août dernier - est aujourd’hui dépassé, plaçant la France dans le top 10 des pays qui testent le plus au monde.

De quoi réjouir a priori nos gouvernants. De quoi les déstabiliser aussi lorsqu’ils découvrent que la situation est ingérable. La montée en puissance du nombre de tests de dépistage a eu pour effet d’épuiser les professionnels de la biologie médicale - évidemment impuissants à faire face à une telle affluence - sans enrayer la progression du virus.

Ainsi, après avoir convaincu les Français que l’issue était dans "tester, tester, tester…", ils en appellent aujourd’hui à la priorisation (lire ci-dessous) des cas. Injonction paradoxale qui plonge la population dans la perplexité.

Où en sommes-nous aujourd’hui? À raison d’1,2 million de tests de dépistage par semaine et environ 5% de positivité, c’est plus de 8.500 personnes qui se découvrent chaque jour positives.

La majorité d’entre elles ne présente aucun symptôme et s’est fait dépister "par hasard", parce que les instances sanitaires leur avaient si bien "vendu" le test (même s’il est gratuit, rappelons-le !). Ou alors parce qu’elles avaient croisé quelqu’un qui était cas contact de quelqu’un de positif (sic).

Comment savoir à quel stade de l’infection toutes ces personnes sont-elles? Sont-elles contagieuses ou portent-elles les résidus d’un virus avec lequel elles sont entrées en contact il y a plusieurs semaines, voire des mois?

Les tests sur le marché aujourd’hui ne le disent pas. Quelle stratégie dès lors mettre en place? Les isoler? Tracer tous leurs contacts? Mais sur quelle période? Avec quelle incidence sur le fonctionnement de notre société, de ses écoles, de ses entreprises?

À côté de cette population dépistée par hasard, il y a toutes ces autres personnes qui ont résisté au "chant du test", et qui sont "malades" sans le savoir, faute de symptômes.

Cette population dite "asymptomatique" - potentiellement contagieuse - a été identifiée très tôt. Une menace invisible dont on se protège efficacement grâce à ces mesures barrières que les spécialistes nous exhortent à respecter: masque, distanciation physique, hygiène des mains, attention accrue vis-à-vis des plus vulnérables…

La priorisation annoncée des tests (personnes symptomatiques, cas contacts à risque, professionnels de santé) sonne comme un retour à la raison.

L’hiver approche, avec son lot de virus respiratoires responsables de rhumes, rhino-pharyngites, grippes saisonnières, bronchites… aux symptômes aussi évocateurs de la Covid.

Et là, les tests seront plus qu’utiles, ils seront vitaux.

PCR, pour confirmer le diagnostic

Les tests PCR sont réalisés grâce à un prélèvement nasal.
Les tests PCR sont réalisés grâce à un prélèvement nasal. Photo E. O.

De quoi s’agit-il?
Le test RT-PCR - soit "Reverse Transcriptase-PCR" pour Transcriptase inverse-Réaction en Chaîne par Polymérase - a vocation à rechercher la présence de matériel génétique d’un virus, ici le SARS-CoV-2, dans le nez du patient. Pour cela, on utilise un écouvillon nasal, sorte de coton-tige, que l’on insère dans la narine jusqu’au rhino-pharynx - les voies respiratoires hautes. On recherche la présence d’ARN (des fragments de génome) du virus.

Pour qui ?
Le prélèvement nasopharyngé est pour l’heure celui qui est le plus pratiqué en France. Si pendant le confinement, il était réservé au personnel soignant et aux cas graves, il est désormais accessible à toute la population. Si vous êtes identifié comme cas contact, vous pouvez être appelé par la brigade sanitaire de la CPAM. Le cas échéant, elle vous prodiguera les conseils de prudence et vous recommandera de vous faire tester. Pour cela, il faut se rendre dans un laboratoire d’analyse médicale ou un centre de dépistage Covid.

Combien ça coûte?
Un test PCR coûte 54 euros ; il est pris en charge par l’Assurance maladie, y compris sans ordonnance.

Comment lire le résultat?
Le résultat est connu dans les 24 heures mais le délai peut être bien plus long en raison de la forte affluence dans les labos. Si le test est positif, cela signifie que vous avez été en contact avec le virus. Toutefois, étant donné qu’il peut subsister des fragments d’ARN dans le nez pendant plusieurs semaines après la contagion, le fait que le résultat soit positif ne veut pas dire automatiquement que vous soyez encore contagieux. D’où l’importance de consulter un médecin. Il n’est pas utile de refaire un test PCR après la période d’arrêt de travail.

Quelles sont les limites?
Comme expliqué précédemment, des fragments d’ARN du virus peuvent subsister longtemps dans le nez. Par ailleurs, si le test PCR est globalement fiable, cela sous-tend que le prélèvement ait été correctement effectué, suffisamment en profondeur dans la narine. De plus, tout dépend du moment où est réalisé l’examen : tout au début de l’infection la charge virale peut ne pas être assez importante pour être détectée. A l’inverse au bout de 8 à 10 jours, le test PCR peut être négatif tandis qu’on peut encore trouver présence du virus dans les expectorations.

Les nouveaux venus

Tests antigéniques, c’est quoi?
Les tests rapides antigéniques (TRA) cherchent, comme les tests PCR à déterminer si un patient est infecté à l’instant “T”. Ils s’effectuent aussi par le recueil de matière au fond du nez, à l’aide d’un écouvillon. La comparaison s’arrête là. Alors que les tests PCR recherchent la présence d’ARN, le code génétique du virus, les TRA détectent des protéines, produites par le virus lui-même et présentes à sa surface.

Le plus du TRA: une lecture plus rapide
Avec le TRA, le prélèvement est mélangé à un réactif, directement sur une bandelette, qui se colore en présence du virus, à la manière d’un test de grossesse. Une procédure plus facile à mettre en œuvre et plus rapide, à même de fournir les résultats dans la demi-heure (contre 24 heures au moins pour le PCR). Ce gain de temps, essentiel pour isoler au plus vite les cas contaminants et tracer plus rapidement leurs contacts, pourrait faire du test antigénique un outil plus adapté au dépistage massif.

Les limites
Avec un premier gros bémol cependant : le risque bien plus élevé qu’avec un test PCR de passer à côté d’une faible charge virale, en début d’infection par exemple. Les TRA ont en effet une sensibilité inférieure aux tests PCR. Quand ils sont positifs, ils doivent ainsi être soumis à un second test « contrôle » PCR. Voilà qui limite un peu l’intérêt pour désengorger les files d’attente dans les labos...

Le test salivaire, c’est quoi?
Il s’agit d’un test PCR mais réalisé non plus sur un prélèvement nasopharyngé mais sur prélèvement salivaire.

Le plus
Un prélèvement facilité, un risque réduit de contamination du personnel soignant. Moins invasif, ce test est aussi moins désagréable pour le patient.

La limite
Il est un peu moins sensible que le prélèvement nasopharyngé chez les personnes symptomatiques.

La recommandation
La HAS conseille le test salivaire "pour les personnes symptomatiques pour lesquelles le prélèvement nasopharyngé est difficile voire impossible". En revanche, il est déconseillé "pour les personnes asymptomatiques, chez qui ils sont très peu performants".

Ils ont le mérite d’exister... mais manquent de fiabilité

Tests rapides: TDR, TROD
Les tests TDR (Test de Diagnostic Rapide), TROD (Test Rapide d’Orientation Diagnostique) sont des tests sérologiques "rapides". Ils détectent la présence d’anticorps au virus dans le sang, en quelques minutes, pour savoir si une personne a été infectée.

Les TDR sont des examens de biologie médicale, réalisés en laboratoire. Le sérum est purifié à partir d’une prise de sang, puis déposé sur une bandelette. En présence d’anticorps, des bandes de couleur apparaissent.

Les TROD peuvent être réalisés hors laboratoire (chez le médecin ou dans les pharmacies ou par tout professionnel de santé). Une piqûre au bout du doigt permet de prélever une goutte de sang, qui est déposée sur une bandelette. En présence d’anticorps, des bandes de couleur apparaissent. Ils sont vendus entre 15 et 25 euros en pharmacie et ne sont pas pris en charge par l’Assurance-maladie.

Attention toutefois, l’efficacité diagnostique de ces deux tests n’est pas garantie à 100% et le résultat doit, dans tous les cas, être confirmé par un test virologique RT-PCR. En somme, ils ne sont pas conseillés, mieux vaut s’adresser à son médecin qui indiquera quel test réaliser en fonction de votre situation.

Autotests: interdits en France
Les autotests de dépistage du coronavirus font partie des tests rapides mais les prélèvements, lecture et interprétation des résultats sont réalisés par le patient lui-même. Ils sont interdits en France. Le prix varie de 10 à 70 euros sur internet (non remboursés). 

Prioriser pour fluidifier : les explications de l’ARS

Depuis la fin juillet, tout le monde peut bénéficier d’un test RT-PCR remboursé à 100 % par l’Assurance maladie, sans avoir besoin d’une prescription médicale.

"Pour fluidifier l’accès aux examens de dépistage, une doctrine de priorisation a été mise en place pour les patients demandant un test RT-PCR. Priorité a été donnée aux situations les plus à risque et qui nécessitent une prise en charge rapide. L’objectif est de réduire les délais d’accès au prélèvement et de garantir un rendu plus rapide des résultats afin de mettre en place l’isolement des personnes positives et la quarantaine des personnes contacts à risque. Les tests à convenance personnelle ne sont donc pas prioritaires ni les tests demandés pour un voyage à titre privé."


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