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"Ouvrez les frontières!": des migrants protestent à Italie

Mis à jour le 01/06/2016 à 05:14 Publié le 01/06/2016 à 05:14
Une banderole a été déployée pour supplier les autorités d'ouvrir les frontières.

Une banderole a été déployée pour supplier les autorités d'ouvrir les frontières. Photo Jean-François Ottonello

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"Ouvrez les frontières!": des migrants protestent à Italie

Hier, à quelques kilomètres du poste frontière de Menton, une centaine d'entre eux ont manifesté pacifiquement sous escorte policière. Une solution a été trouvée en fin de soirée

Ils sont assis sur le bitume, à deux pas du Forte dell'Annunziata de Vintimille. Les traits fatigués. Encerclés de très près par la police italienne, boucliers bien en vue. Des vêtements sur le visage pour se protéger de la chaleur. D'autres s'arment de parapluie pour contrer les rayons du soleil. Et puis, cette large banderole blanche, comme un énième appel au secours, déployée sous l'œil des caméras italiennes : « Durant les trois derniers jours, les frontières ont tué 700 frères et sœurs. Ouvrez les frontières ! »

Presque un an après

Hier vers midi, une centaine de migrants pris en étau entre une France qui les repousse et une Italie qui les expulse au sud (1), ont protesté à quelques kilomètres de la frontière. Presque un an jour pour jour après ceux qui avaient investi les rochers de Garavan.

Ils sont Soudanais, Érythréens, Éthiopiens, Maliens… Et toujours cet espoir ancré dans leur tête : avoir un avenir meilleur pour définitivement tirer un trait sur leur vie antérieure, minée par des conflits belliqueux. « On veut au moins rentrer en France, supplie Mohammed, un Soudanais de 27 ans. On a à peine à manger, plus de toit sous lequel dormir. Où voulez-vous qu'on aille ? »

Suppression du centre d'accueil de la Croix-Rouge, arrêté d'expulsion, pris ce vendredi par le maire de Vintimille, pour un camp d'infortune installé sur les rives de la Roya… (lire notre édition d'hier). Les migrants ne semblent pas en odeur de sainteté sur les territoires français et italiens.

« Dimanche, certains migrants sont allés se réfugier sur la plage. Puis, le père Francesco de la paroisse Saint-Nicolas les a accueillis sous leur toit. Pendant deux nuits, ils ont trouvé un peu de repos », explique Maurizio Marmo, directeur de l'association « Caritas » du diocèse de Vintimille San-Remo. C'est donc hier matin que les migrants ont quitté l'église, se rendant en un long cortège vers la France, avant d'être bloqués par la police transalpine.

Sur place, Maurizio Marmo discute avec une poignée d'entre eux, habiles avec la langue de Shakespeare. Tentant de les convaincre de rejoindre les locaux de « Caritas » pour se restaurer.

Du côté des migrants, un groupe se réunit en cercle pour acter une décision.

Un accord trouvé

Une longue discussion s'engage. La réponse est oui. Sous bonne escorte policière, le groupe fait volte-face et redescend vers le centre-ville de Vintimille. Sous l'œil des locaux, mi-compatissants, mi-accusateurs, ils franchissent le pont Andrea Doria et s'engouffrent dans l'allée menant à l'organisation caritative.

Un repas. Une visite médicale pour les volontaires. « On veut trouver une solution durable, espère Maurizio Marmo. Il peut y avoir deux hypothèses : soit le parking du séminaire de Bordighera, soit l'église Saint-Antoine dans le quartier de Roverino. » C'est la deuxième solution qui, tard dans la soirée, a été officialisée après des discussions entre « Caritas », l'évêque et la préfecture d'Imperia. Donnant un peu de répit à cette centaine d'hommes, fragilisés par leur interminable exode. Pour combien de temps ?


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