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On vous explique comment les sapeurs pompiers de Monaco utilisent les dernières technologies

Mis à jour le 15/11/2019 à 10:11 Publié le 15/11/2019 à 10:11
Un drone est systématiquement déployé en binôme. L’engin peut basculer à tout moment en mode infrarouge pour détecter les points chauds. Un appareil est aussi utilisé pour le calcul du vent.

Un drone est systématiquement déployé en binôme. L’engin peut basculer à tout moment en mode infrarouge pour détecter les points chauds. Un appareil est aussi utilisé pour le calcul du vent. Photo Jean-François Ottonello

On vous explique comment les sapeurs pompiers de Monaco utilisent les dernières technologies

Ce jeudi, le ministre des Affaires étrangères singapourien s’est rendu en Principauté pour mesurer les actions de transition numérique déployées en Principauté. Notamment chez les soldats du feu

Dans le ciel du quartier de Fontvieille, un bourdonnement se fait entendre. Un drone survole la caserne de pompiers où un incendie (factice !) est simulé pour la venue du ministre singapourien. En base arrière, sur le mur d’écrans du Centre de gestion des événements et de conduite des opérations de secours, à la caserne de la Condamine, les images sont déployées en temps réel.

On y voit de la fumée qui s’échappe d’une ouverture dans le toit et de (fausses) flammes qui vacillent sur un balcon. Si le corps des sapeurs-pompiers utilise des drones depuis plusieurs années, il s’est doté depuis peu de deux engins dernier cri. "Ils ont plus de portée, plus d’autonomie, des caméras plus technologiques et sont plus maniables", liste le commandant Maxime Yvrard, officier du bureau opérations, transmissions et planification.

Adapter les moyens

Dans le jargon, on les surnomme "Drac". Quatre lettres pour Drone de reconnaissance et d’appui au commandement. "Ils n’exécutent pas d’actions physiques. Ils sont déployés pour voir plus rapidement, à des altitudes ou positions que l’homme ne peut pas atteindre. Cela permet d’adapter la réponse et d’engager plus de moyens sur une intervention."

 

Photo Jean-François Ottonello

Sur un incendie, par exemple, le drone peut devancer les moyens humains et dresser un premier état des lieux, juger l’importance du brasier et effectuer, si besoin, une première reconnaissance pour s’assurer que personne n’est « prisonnier » sur un balcon ou les toitures.

Formés par l'armée de l'air française

À tout moment, l’engin volant peut basculer en mode infrarouge avec sa caméra thermique. Utile pour repérer des « points chauds » mais aussi, la nuit, pour distinguer une silhouette lors d’une intervention de recherche. Le déploiement d’un drone s’opère systématiquement en binôme. Un soldat du feu au pilotage du drone, l’autre au maniement des caméras.

"À terme, on aura neuf sapeurs-pompiers, dits télépilotes, formés à l’usage du drone. Ils connaissent la partie théorique du pilotage d’ULM, et ce pour comprendre les phénomènes météorologiques et les interactions avec une tour de contrôle. Puis, il y a quinze jours de formation avec des pilotes de l’Armée de l’air française pour la mise en œuvre opérationnelle d’un drone, comme la préparation d’une mission selon le milieu, qu’il soit urbain ou extra-urbain", poursuit le commandant Maxime Yvrard.

En Principauté, les drones ont déjà servi pour des recherches de personnes ou pour détruire des nids de frelons asiatiques. Ils ont aussi été mis à la disposition de la Sûreté publique dans le cadre de matchs de football au Louis-II, pour la venue du président chinois Xi Jinping ou pour le Grand Prix de Formule 1. "Pour ce dernier cas, on a survolé les zones techniques afin de s’assurer qu’il n’y avait pas de points chauds inquiétants."

des possibilités offertes par la 5G

 

Les images du drone en survol au-dessus de Fontvieille sont envoyées en temps réel au centre de gestion des événements et de conduite des opérations de secours, au cœur de la caserne des pompiers de la Condamine.
Les images du drone en survol au-dessus de Fontvieille sont envoyées en temps réel au centre de gestion des événements et de conduite des opérations de secours, au cœur de la caserne des pompiers de la Condamine. Photo Michael Alesi / Dir. Com.

La 5G, déployée sur la totalité du territoire monégasque, ouvre littéralement le champ des possibles. Pour la santé, l’éducation, la mobilité, notamment. Y compris chez les sapeurs-pompiers de la Principauté, déjà réputés pour leur excellence et leurs actions pionnières dans le milieu.

Pourquoi se priver d’avancées technologiques quand on peut, grâce à cela, sauver des vies plus facilement ? Certes, cela ne saurait gommer l’essence du métier, à savoir l’humain, mais il s’agit là d’un paramètre non négligeable. Les drones en sont une facette. La réalité augmentée en est une autre.

Hier, au cœur de la caserne de la Condamine, le corps monégasque a exposé à la délégation singapourienne ce que pourrait être l’intervention de demain. Avec pour objectif de déployer un projet, ô combien ambitieux, à moyen terme.

Maquette numérique 3D intelligente

Tout part d’un appel provenant du Musée océanographique, sur le Rocher, victime d’un brasier entre ses murs. "Dès que l’appel est passé à l’opérateur des pompiers, on a tout de suite l’adresse qui s’affiche sur une carte. L’opérateur demande quelle est la problématique. En fonction de la réponse de l’interlocuteur, la machine va lui proposer un ou plusieurs engins à disposition", décrit le commandant Maxime Yvrard.

Dans l’engin, les soldats du feu recevront un ordre de mission par tablette tactile, là où, aujourd’hui, celui-ci est distillé en version papier. Un itinéraire peut même leur être proposé pour les guider au plus vite sur les lieux.

Avec les outils de demain, les sapeurs-pompiers ne seront pas aveugles, loin de là. La « tête » de la détection incendie sera connectée, ce qui leur permettra de localiser précisément l’origine du feu et d’appréhender son évolution. Grâce à une maquette numérique 3D intelligente - pouvant être adaptée à une cinquantaine de bâtiments jugés complexes - le bâtiment n’aura plus aucun secret pour le poste de commandement, chargé de superviser les opérations de secours. À l’intérieur comme à l’extérieur.

Des capteurs pour surveiller la santé des pompiers

"Grâce au modèle BIM, qui est le nouveau standard des architectes pour les constructions, on aura toutes les informations. Jusqu’à la marque de la poignée de porte, précise le commandant Maxime Yvrard. Bien sûr, on gardera ce qui nous intéresse au niveau de la sécurité. A savoir les accès horizontaux, verticaux, les ascenseurs, les zones à risques comme les laboratoires du Musée où les zones avec de l’électricité, la localisation des colonnes sèches pour se raccorder aux tuyaux d’incendie." 

Grâce à un logiciel et des capteurs bluetooth, les soldats du feu en intervention et en lutte face aux flammes pourront être géolocalisés en temps réel et en milieu fermé. "S’il y a un effondrement, on a leur dernière position enregistrée et on peut savoir où ils sont à quelques mètres près", poursuit le gradé.

Mieux encore, on pourrait imaginer que la réalité augmentée s’invite jusque dans le casque des sapeurs-pompiers. "Il pourrait voir une route théorique optimisée, à prendre pour aller jusqu’au feu", poursuit-il. Autre donnée qui pourrait être utile lors d’incendies : l’état de santé des sapeurs-pompiers dépêchés sur le terrain, distillé en base arrière grâce à des capteurs. Fréquence cardiaque, température corporelle, saturation d’oxygène, fréquence respiratoire, niveau d’air dans les bouteilles…

Si toutes ces avancées innovantes ne sont, pour l’heure, que théoriques, la puissance de la 5G pourrait précipiter ce projet et, de fait, optimiser les opérations de secours en Principauté. "On parle ici de modernité réfléchie, conclut le lieutenant-colonel Norbert Fassiaux, chef du corps. Même si l’on parle d’intelligence artificielle, c’est l’humain qui décide et reste maître de la situation."

À terme, des maquettes numériques 3D intelligentes pourront servir aux soldats du feu lors d’interventions au cœur de bâtiments jugés complexes.
À terme, des maquettes numériques 3D intelligentes pourront servir aux soldats du feu lors d’interventions au cœur de bâtiments jugés complexes. Photo Michael Alesi / Dir. Com.

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