“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

On en sait plus sur ce qu'il s'est passé quand un policier a abattu un SDF à Menton

Mis à jour le 13/08/2019 à 08:42 Publié le 13/08/2019 à 07:45
De la triste scène, il ne reste plus que de la sciure maculée de sang.

De la triste scène, il ne reste plus que de la sciure maculée de sang. Photo J-F Ottonello

On en sait plus sur ce qu'il s'est passé quand un policier a abattu un SDF à Menton

Une intervention des secours pour empêcher un homme de se suicider, dimanche soir, dans un square, s’est terminée en drame. S’estimant en légitime défense, un policier a tiré à deux reprises.

C’est un square du quartier du Careï à Menton, à deux pas de la gare routière où des compagnons d’infortune prennent l’habitude de se retrouver pour boire souvent plus que de raison.

Lundi matin, les bancs verts sont vides. De la sciure masque à peine le sol que l’on devine maculé de sang. Un « rubalise » délimite la scène du drame. Quelques curieux s’arrêtent pour jeter un œil au lieu où le drame s’est déroulé.

Dimanche soir, Renzo, un Italien âgé de 53 ans, sans profession, commence à s’entailler les veines. Des riverains alertent les secours qui convergent sur la promenade Leclerc-de-Hauteclocque.

L’homme présente une plaie au tendon d’Achille et deux plaies profondes aux carotides. Les policiers tentent d’intervenir mais l’individu musculeux, couteau en main, se montre menaçant.

Double enquête

La hiérarchie autorise la patrouille à utiliser un Taser, pistolet à impulsion électrique censé neutraliser le désespéré de plus en plus agité.

Selon une source policière, l’individu, dans un état second, arrache les aiguillons électrifiés et se précipite armé sur les forces de l’ordre, qui se sentent menacées. L’un des policiers fait feu avec son arme de service, à deux reprises. « Pour se protéger et protéger un collègue », indique un policier.

Renzo s’écroule, foudroyé par deux balles de 9 mm dans le thorax. Les sapeurs-pompiers présents tentent en vain de le réanimer. L’auteur des coups de feu, très choqué, est également pris en charge par les secours.

Le procureur Thomas Bride - arrivé sur place dans la soirée - a confié l’enquête pour homicide à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).

>> RELIRE. Un SDF désespéré tué par la police à Menton: la thèse de la légitime défense privilégiée

Déjà connu des services de police

D’après ses amis, Renzo était quelqu’un de « gentil » mais que l’alcool rendait mauvais.
D’après ses amis, Renzo était quelqu’un de « gentil » mais que l’alcool rendait mauvais. Photo J-F Ottonello

Une autopsie de la victime devrait être réalisée rapidement. Le policier a été entendu lundi avant d’être laissé en liberté.

L’antenne de la police judiciaire de Nice est chargée de travailler sur la tentative d’homicide sur personnes dépositaires de l’autorité publiques. Le but est de déterminer très précisément les circonstances de l’agression des policiers qui a précédé cette mort tragique.

Lundi soir, l’hypothèse d’un tir en état de légitime défense restait privilégiée.

Selon nos informations, la version des policiers en intervention a été confirmée par plusieurs témoins directs de la scène. Les constatations, effectuées par les agents de la police technique et scientifique se sont poursuivies tard dans la nuit, derrière de grands draps blancs.

Renzo, la victime, sans profession, passionné de musculation, avait déjà eu maille à partir avec la justice, notamment après avoir agressé son propre père.

>> LIRE AUSSI. La lente descente aux enfers de Renzo, le SDF abattu par un policier à Menton

peu connu dans le quartier

Dans le quartier, rares sont les témoins à avoir vu l’intégralité de la scène. Entre autres parce que les policiers ont rapidement dessiné un périmètre de sécurité, et invité passants et automobilistes à quitter les lieux.

Même les personnes qui regardaient les faits depuis leur balcon - intriguées par les deux coups de feu et les gyrophares - ont été sommées de retourner à l’intérieur de leur habitation.

Sur place, hier matin, la majorité des riverains rencontrés admettait ne pas connaître la victime. Sinon de vue. Pour la plupart, c’est par le biais des informations relayées par Nice-Matin et les chaînes de télévision qu’ils ont appris la nouvelle.

Incompréhension

Plusieurs personnes interrogées expliquent clairement éviter le square où des gens avinés ont l’habitude de « zoner ».

Un couple reconnaît pourtant qu’en temps normal, les marginaux en question sont calmes. Et n’avaient jusqu’alors posé aucun problème. « Comment se fait-il que des policiers formés n’aient pas été en capacité de le maîtriser et de la désarmer? » s’étonnent deux voisines, à deux pas du square.

Considérant - comme beaucoup d’autres Mentonnais - que la vie d’un homme aurait pu être épargnée.


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.