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On a eu tellement peur, vous ne pouvez pas imaginer

Mis à jour le 17/03/2017 à 05:16 Publié le 17/03/2017 à 05:16
Massés d'abord devant l'enseigne, élèves, parents d'élèves et personnels ont ensuite été  confinés dans le magasin Décathlon.

Massés d'abord devant l'enseigne, élèves, parents d'élèves et personnels ont ensuite été confinés dans le magasin Décathlon. D. E.

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On a eu tellement peur, vous ne pouvez pas imaginer

Il est 13 h 15.

Il est 13 h 15. Une foule de plus d'une centaine de personnes a envahi le parking du magasin Décathlon à Grasse. C'est ici, à quelques centaines de mètres de l'établissement où la fusillade vient d'éclater qu'ils ont été regroupés par les sapeurs-pompiers. Des grappes de lycéens échangent entre eux. Du personnel de cantine de l'établissement aussi. Ils ont l'air hagard de ceux qui commencent, petit à petit, à réaliser ce qu'il s'est passé. Ce à quoi ils ont réchappé. « On a eu tellement peur, vous pouvez pas imaginer », raconte une jeune fille à un parent qu'elle serre dans ses bras. Les téléphones sonnent dans tous les coins. Ils sont si sollicités que le réseau est mauvais. Les versions divergent, il y a ceux qui ont vu le tireur (ou les tireurs), ceux qui ont vu la première victime ensanglantée courir dans la cantine pour crier à tout le monde de partir, ceux qui n'ont rien vu mais qui ont entendu les coups de feu.

Le secteur est bouclé, personne n'a le droit de quitter le parking, les sapeurs-pompiers et la police veillent.

Il est 13 h 50 quand Florent, le responsable de Décathlon reçoit l'ordre préfectoral de fermer le magasin au public pour pouvoir accueillir toutes les personnes présentes sur le parking. Le magasin est envahi de parents, d'élèves, de clients. Et l'interdiction formelle de sortir est donnée. Dans les enseignes environnantes, Leclerc et L'éléphant bleu, d'autres groupes sont encore confinés. La police, les pompiers, le Samu… Tout le monde a investi les lieux. Un jeune homme demande à une employée de Décathlon si on peut lui prêter des chaussures. « Une copine avait des talons et dans la panique, en courant, elle a eu les pieds ensanglantés. Du coup, je lui ai donné ma paire de chaussures. Vous pouvez même me donner des tongs si vous voulez ». Plus tard, on le verra déambuler dans les rayons en chaussettes blanches et claquettes de piscine. Le rideau est baissé. De l'eau et des barres de céréales sont distribuées. Il fait chaud, une atmosphère bizarre s'installe. Pesante, pleine de questions sans réponses. À l'intérieur, rien ne filtre. Des informations contradictoires circulent. On entend un hélicoptère tourner. Un second tireur serait en fuite. Plusieurs élèves font des malaises. Certains se sont éloignés pour téléphoner, d'autres se rendent sur le profil Facebook du tireur présumé. « Regardez ! Il dit qu'il a étudié à la faculté de Columbine. C'est un malade ! » Certains commencent à dépeindre le profil du suspect qu'ils connaissent « de vue ». « Il n'avait pas beaucoup d'amis, c'était un peu une victime. »

Des ballons rebondissent au fond du magasin, on se détend comme on peut. Les élèves sont recensés un par un. « On doit s'assurer qu'aucun lycéen ne manque », explique le lieutenant, « Mettez-vous les uns derrière les autres, vous donnez vos coordonnés et on vous donne un bracelet », explique au micro Florent, le responsable du magasin.

À 15 h 30, nouvel ordre préfectoral. Florent reprend le micro. « Parents et lycéens, on va tous vous regrouper au gymnase de l'établissement. Vous allez sortir en ligne. Vous serez escortés par les forces de l'ordre pour vous y rendre. » Dans le magasin, l'angoisse monte. Les forces de l'ordre rassurent : « Il y a un demi-millier de policiers au mètre carré ! On a tout balisé, ne vous inquiétez pas… »

Le rideau est levé, devant le magasin, des dizaines d'hommes armés protègent les lieux. Ils escorteront ensuite la centaine de personnes jusqu'à l'établissement. Pompiers, Samu et policiers remercient le personnel du magasin avant de partir. Il est presque 16 heures. Il ne reste plus que les employés. Quelques papiers jonchent le sol. « C'est le bordel », s'exclame une vendeuse. « T'exagères, on était quand même plus d'une centaine », lui répond une collègue. De l'autre côté de la rue, les élèves et leurs parents ont rejoint l'établissement. Ce lycée dans lequel il sera compliqué de retourner les prochains jours...


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