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Monte-Carlo Story: le clap de fin

La salle de projection mythique ferme ses portes dans moins d’un mois. Richard Projetti, le propriétaire, revient sur une aventure de vingt-six ans

Benoît Piraux Publié le 07/03/2014 à 07:09, mis à jour le 07/03/2014 à 09:04
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Monaco, le film a été projeté au Monte-Carlo Story six à huit fois par jour de 1988 à aujourd'hui.

La salle de projection mythique ferme ses portes dans moins d’un mois. Richard Projetti, le propriétaire, revient sur une aventure de vingt-six ans

Ce n'est pas une mauvaise blague. Mardi 1er avril, la salle de projection Monte-Carlo Story, installée sur la terrasse du Parking des Pêcheurs, va fermer. Pour Richard Projetti, le gérant du lieu, cette date est « un symbole », la salle ayant été ouverte un 1er avril… 1 988.

Suivant la mode lancée dans des villes comme Venise, New York ou Paris, un film consacré à l'histoire de la Principauté y a été projeté pendant vingt-six ans. « Les possibilités étaient incroyables à Monaco. Raconter son histoire était un impératif. Nous avons eu la bénédiction de la famille souveraine et nous nous sommes lancés. »

 

Il était un film…

D'abord diffusé sous la forme de diapositives tirées de clichés de Gaëtan Luci, le photographe du Palais princier, le projet s'est changé en film de 35 minutes. Diffusé en six langues différentes, puis huit, le métrage était proposé en multivision, un procédé optique générant une image plane que le spectateur perçoit en volume.

Après deux ans, la formule a trouvé un public fidèle de touristes et d'amoureux de Monaco. Au bout de la troisième, elle a séduit plus de 80 000 visiteurs. Depuis, sans discontinuer, six à huit fois par jour, le même film a été projeté dans la salle mythique. « Pourquoi ne pas proposer ça au Guinness des records ? Même la moquette a 26 ans ! », rigole Richard Projetti.

Méliès & Fernandel à la sauce munegù

La salle de 138 places avec écran panoramique accueillait aussi d'autres activités. Parmi elles, les « ciné-clubs ». « Une année, nous avons organisé une soirée Méliès avec la projection de sonRaid Paris - Monte-Carlo en deux heures. Nous avons fait venir sa petite-fille pour l'occasion. Pour une autre séance, Vincent, le fils de Fernandel, est aussi venu. En faisant ces soirées, j'aimais inviter une personnalité pour créer une relation avec le public. »

Toujours dans une optique de diversification, la salle a aussi accueilli une exposition d'hologrammes et de lanternes magiques, « pour mettre dans l'ambiance » confie Richard Projetti. Des conférences ont aussi eu lieu et des ventes d'affiches de films été proposées aux visiteurs. Un must pour les collectionneurs.

 

« Tel le phénix… »

La salle a été achetée « brut de décoffrage » pour 2 millions de francs de l'époque. Un coût amorti grâce aux commandes du prince Rainier III : deux contrats pour l'Exposition universelle de Séville en 1992 et l'Exposition horticole d'Osaka en 1990.

« Nous n'avons jamais reçu de subventions mais des aides au travail, contrairement à ce que pensent la plupart des gens qui viennent ici. Cela nous a permis d'avoir une assise financière et donné les moyens de respirer, le temps que l'affaire prenne. »

Aujourd'hui, les fonds manquent et Richard Projetti doit mettre la clé sous la porte. Mais l'homme reste positif et philosophe. « Dès que quelque chose se ferme, une porte s'ouvre autre part. Le regard que je porte sur cette aventure est celui d'un nostalgique, mais il n'est pas négatif ! Et tel le phénix, un DVD deMonaco, le filmest maintenant en vente ! »

Offre numérique MM+

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