Rubriques




Se connecter à

Monaco: sept ans de prison pour le mafieux de la "Ndrangheta" calabraise

Comme son « confrère » de la Camorra napolitaine, le chef présumé de la « Ndrangheta » calabraise, Massimiliano Avesani, devra rendre des comptes à la justice monégasque. Justice qui l'a condamné, hier mardi, à sept ans de prison ferme avec mandat d'arrêt, 100 000 € d'amende et la confiscation de toutes les sommes d'argent déposées sur ses comptes bancaires de la Principauté.

J.-M.F. Publié le 07/12/2011 à 07:14, mis à jour le 02/01/2012 à 08:13
Sept ans de prison pour le mafieux de la « Nd - 15240228.jpg

Comme son « confrère » de la Camorra napolitaine, le chef présumé de la « Ndrangheta » calabraise, Massimiliano Avesani, devra rendre des comptes à la justice monégasque. Justice qui l'a condamné, hier mardi, à sept ans de prison ferme avec mandat d'arrêt, 100 000 € d'amende et la confiscation de toutes les sommes d'argent déposées sur ses comptes bancaires de la Principauté.

Même si l'accusé n'était pas présent à l'audience, car placé sous contrôle judiciaire à Rome où il a été condamné à 18 ans de prison en appel. Un pourvoi est en cours.

Drogue et blanchiment

 

Que reproche-t-on à cet Italien, représenté par son avocat, Me Franck Michel, à la barre, le jour de son procès ? Le prévenu était soupçonné d'avoir blanchi de l'argent provenant de la vente de drogue en Principauté. L'alerte avait été donnée par le Siccfin* qui l'a suspecté d'être détenteur de plusieurs comptes auprès d'établissements bancaires de Monaco pour un montant de quelque 1.600.000 €.

Le tribunal avait évoqué des transferts de parts, des retraits et des versements en espèces qui proviendraient des ventes de bateaux, de maisons, d'hélicoptère, etc.

Aussi, l'ensemble de ses comptes et ceux de son épouse, dont aucun acte de mariage n'apparaît dans le dossier, avaient été bloqués. Comptes ouverts d'ailleurs sous différents noms et sociétés dont il était, en fait, l'unique administrateur.

D'où venait cet argent ? Les magistrats monégasques avaient vite fait la relation avec l'activité illicite du trafic de stupéfiants. Car cet Italien n'avait aucun revenu et ne justifiait de rien...

Et 100.000 euros d'amende

 

Et s'il a été condamné dans son pays, c'est parce qu'il était à la tête d'un réseau de narcotrafiquants où a été saisi plus d'une tonne de cocaïne sur un bateau.

Un rapide calcul de l'avocat général : « A 50 € le gramme, cela représente 12 millions d'euros. Sans parler des 15 tonnes de cannabis, soit à 5 € le gramme un gain de 78 millions d'euros. Il faut avoir les reins solides pour monter pareilles opérations ! »

Il faut y ajouter la vente de l'hélicoptère payé 450.000 $ en 2000 et revendu deux ans plus tard quasiment le double ! Toujours sans facture ! Il y a également les fameuses boutiques à 550.000€ pour une superficie de 50 m2 chacune... Pour toutes ces« irrégularités »,le ministère public demandait une condamnation à sept ans d'emprisonnement avec mandat d'arrêt, 50 000€ d'amende et la confiscation des espèces et de l'argent sur les comptes.

Le tribunal a suivi les réquisitions du procureur en doublant le montant de l'amende.

Même si la défense estimait que« la cour d'appel de Rome avait été influencée par la pression médiatique qui règne en Italie. On construit véritablement un scénario, car les fonds investis à Monaco proviennent en fait de l'évasion fiscale. Les opérations sont faites " au black " ! On ne peut donner d'acte, en effet, quand il y a fraude fiscale. Relaxe pour mon client ! »

À l'issue de l'audience, Me Franck Michel a décidé de faire appel de cette condamnation.

*En Principauté, le Service d'Information et de Contrôle sur les Circuits Financiers (SICCFIN) est l'autorité centrale nationale chargée de recueillir, analyser et transmettre les informations en lien avec la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la corruption.

Offre numérique MM+

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.