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Ministère d'Etat: "Les négociations avec l’Europe seront dures" à Monaco

Mis à jour le 01/04/2015 à 08:44 Publié le 01/04/2015 à 08:35
« J’ai bon espoir que ces négociations puissent aboutir. »

« J’ai bon espoir que ces négociations puissent aboutir. » (Photo Michael Alesi)

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Ministère d'Etat: "Les négociations avec l’Europe seront dures" à Monaco

Gilles Tonelli, nouveau conseiller de gouvernement pour les Relations extérieures et la Coopération, a trouvé sur son bureau un énorme dossier : les négociations avec l’Union européenne

Gilles Tonelli, nouveau conseiller de gouvernement pour les Relations extérieures et la Coopération, a trouvé sur son bureau un énorme dossier : les négociations avec l’Union européenne

Son bureau est épuré. Un tableau représentant le port Hercule et une photo officielle du prince Albert II sont les seules touches de couleur d'une pièce tout en noir et blanc.

Gilles Tonelli, qui avoue que la sobriété lui sied, n'a rien changé à la décoration du bureau de conseiller de gouvernement pour les Relations extérieures et la Coopération, qu'il occupe depuis le 23 février 2015, date de sa nomination.

Dans ce premier entretien accordé à Monaco-Matin depuis son entrée au gouvernement, le successeur de José Badia donne sa vision de l'énorme dossier qui l'attend : les négociations avec l'Union européenne.

Comment avez-vous réagi à l'annonce de votre retour au gouvernement ?

C'est un honneur que le Prince souverain me choisisse pour occuper la fonction de conseiller pour les Relations extérieures et la Coopération. C'est une suite logique dans mon parcours. Pendant quatre ans, j'étais à Bruxelles où j'ai pu être confronté de près aux questions internationales et surtout européennes. Je dois aussi avouer que revenir au gouvernement, après dix ans au secrétariat général, à l'Équipement et aux Finances, est valorisant dans la mesure où je vais pouvoir exploiter toute l'expérience acquise depuis des années.

Bruxelles aura ainsi été une parenthèse dans votre parcours ministériel…

Plus qu'une parenthèse. Ce fut très enrichissant. Bruxelles est la capitale au monde qui compte le plus de diplomates. Ma fonction d'ambassadeur à Bruxelles m'aura permis d'avoir une vision très globale des questions internationales.

Votre premier gros dossier, qui sera sans doute le plus important, est celui des négociations sur les relations de Monaco avec l'Union européenne. Le coup d'envoi a été donné le 18 mars à Bruxelles…

C'était une réunion très solennelle, très formelle, qui avait pour objet d'ouvrir officiellement les négociations. Chacun des ministres des Affaires étrangères a pu exprimer sa vision des négociations à venir.

Quels messages avez-vous fait passer ?

Monaco est une cité-Etat qui est différente des autres petits États tiers, Andorre et Saint-Marin. Cette singularité nécessite des accords spécifiques pour pouvoir permettre un rapprochement entre Monaco et l'Union européenne. Ce discours n'est pas nouveau mais il s'avère fondamental, comme base des discussions.

Quel écueil redoutez-vous le plus dans ces négociations ?

Le plus dur sera de trouver des solutions qui soient propres à Monaco et qui ne puissent pas être utilisées comme des précédents par d'autres États. C'est ça, l'inquiétude de l'Union européenne. Il faudra donc imaginer des dérogations, des systèmes innovants, originaux, adaptés à notre micro-Etat.

Quels sont les principes de l'UE que Monaco refusera d'appliquer ?

La libre installation à Monaco au premier chef et les priorités accordées aux Monégasques. Je rappelle qu'il ne s'agit pas d'intégrer l'Union européenne mais de passer un accord d'association.

Concrètement, pourquoi la libre installation est-elle dangereuse pour Monaco ?

Prenons l'exemple des avocats. S'ils le pouvaient librement, de nombreux avocats européens viendraient s'installer à Monaco, ce qui mettrait en péril la profession. Nous devons aussi pouvoir maîtriser l'installation des particuliers, notamment pour des questions de sécurité. Sous réserve de respecter certains critères, un Européen a aujourd'hui la possibilité de s'installer à Monaco. À l'inverse, un Monégasque n'a pas la même liberté en Grande-Bretagne, par exemple. Les entreprises monégasques rencontrent également de nombres difficultés pour exporter leurs produits. Tout ceci sera au centre des négociations.

Justement, l'industrie pharmaceutique et cosmétique de Monaco est en souffrance, ne pouvant pas exporter ses produits en l'absence d'accords avec l'Union européenne. Les négociations vont durer des années. Quelles réponses urgentes pouvez-vous apporter à ces professionnels ?

Je n'ai pas de solution à court terme, sauf à dire qu'il faut négocier et parvenir à un accord qui soit favorable pour sortir de cette situation. Notre volonté est de recenser l'ensemble des secteurs d'activités concernés par ces contraintes. Franck Biancheri [ancien conseiller de gouvernement pour les Finances et l'Économie, NDLR] est d'ailleurs chargé de faire l'interface entre les entreprises et le gouvernement. L'Imsee contacte également les entreprises pour connaître la nature de leurs relations avec les pays de l'Union européenne et évaluer l'importance des exportations. L'enjeu est de mettre sur la table des négociations l'ensemble des écueils que rencontrent les entreprises monégasques, les éléments objectifs qui fondent nos demandes et des ébauches de solutions.

Craignez-vous que les discussions soient difficiles ?

Elles seront certainement dures mais j'ai bon espoir qu'elles puissent aboutir. Sur le long terme, elles sont importantes pour Monaco. L'Union européenne refusant de multiplier les accords sectoriels, il est indispensable de trouver un accord global mais cela ne se fera pas au détriment de nos spécificités.


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