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Mexique: l'espoir diminue pour les proches des dix mineurs piégés sous terre

Les proches des dix mineurs coincés sous terre dans le nord-est du Mexique commençaient à perdre espoir, en veillant - pour la deuxième nuit d'affilée - près des trois puits de charbon qui se sont effondrés mercredi sous la pression d'une inondation.

La rédaction Publié le 05/08/2022 à 08:21, mis à jour le 05/08/2022 à 07:22
Les proches des dix mineurs coincés sous terre dans le nord-est du Mexique commencent à perdre espoir. Photo AFP

Dans la nuit de jeudi à vendredi, une centaine d'entre eux patientaient près des lieux du drame, bouclés par les forces de sécurité pour permettre le travail des secours, a constaté une équipe de l'AFP dans la localité de Sabinas (Etat du Coahuila).

"Nous sommes ici depuis hier (mercredi) deux heures de l'après-midi", a expliqué Jésus Ronaldo Mireles Romo, 24 ans, dans l'attente des nouvelles de son père, José Luis, 47 ans. "J'ai la foi que tout va bien se passer", dit-il, en étouffant un sanglot.

Sa mère, Claudia Romo, affirme que les secours doivent faire baisser le niveau d'eau avant d'entrer dans les trois puits de charbon, d'une profondeur de 60 mètres d'après les autorités.

"Chaque minute qui passe, l'espérance diminue", ajoute-t-elle au sujet de son ex-mari. "Nous sommes séparés depuis sept ans. Mais c'est le papa de mes enfants. C'est douloureux".

 

"Nous ne perdons pas espoir"

"Nous nous sentons impuissants", conclut-elle. "Nous ne perdons pas espoir. C'est Dieu qui a le dernier mot".

Angelica Montelongo a le visage triste et fatigué après avoir déjà passé une nuit à attendre des nouvelles de son frère Jaime: "Nous voulons qu'ils sortent les corps". "Il faut avoir la foi et croire qu'ils sont encore vivants", se reprend-elle quelques secondes plus tard.

Blasa Maribel Navarro attend aussi un signe de vie de son neveu Sergio Cruz, 41 ans. Cela faisait à peine deux mois qu'il travaillait à la mine. "Nous faisons confiance à Dieu", soupire-t-elle, entre deux réflexions sur les risques des métiers de la mine.

Chaque minute compte "pour pouvoir sauver dès que possible les mineurs", avait déclaré jeudi matin la coordinatrice nationale de la protection civile, Laura Velázquez.

"Je veux de toute mon âme que l'on sauve les mineurs", a ajouté le président de la République Andres Manuel Lopez Obrador. "Il ne faut pas perdre la foi".

 

Cinq mineurs ont déjà réussi à sortir. Deux d'entre eux ont pu quitter l'hôpital.

Mine artisanale et dangereuse

Sur place, le gouvernement a annoncé l'envoi de 260 secouristes issus de différents corps (armée, marine, garde nationale). Ils tentent d'aspirer l'eau avec huit pompes submersibles dans les trois puits inondés, connectés entre eux.

L'accident est survenu mercredi vers 13h30, quand les mineurs ont trouvé en creusant une zone pleine d'eau dont l'effondrement "a provoqué une inondation", a indiqué la protection civile.

Il s'agit d'une mine artisanale très dangereuse pour les mineurs.

"Les mineurs creusent un puits de deux mètres de diamètre, et continuent de creuser jusqu'à trouver du charbon", a expliqué un ingénieur métallurgique, Guillermo Iglesias, à une radio locale.

Ce type d'infrastructure ne protège pas les ouvriers des effondrements, à la différence des protections qui existent dans une mine industrielle, a-t-il ajouté.

 

L'Etat du Coahuila, qui produit 99% du charbon mexicain, a l'habitude des tragédies minières. En juin 2021, sept mineurs sont morts après l'effondrement d'une mine dans la région de Múzquiz.

Un accident est resté gravé dans les mémoires: 65 mineurs sont morts le 19 février 2006 lors de l'explosion d'une poche de gaz dans la mine Pasta de Conchos contrôlée par le conglomérat Grupo México.

Seize ans plus tard, 63 des 65 corps gisent toujours au fond de la mine.

Cela fait 16 ans que les familles "exigent des mesures" contre les accidents "et leurs appels n'ont pas été entendus", a déploré la Compagnie de Jesus, qui affirme que les Jésuites accompagnent les familles dans leur demande de justice devant les instances internationales.

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