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Meurtre de Salomé : Aurait-on pu la sauver ?

Mis à jour le 05/09/2019 à 10:20 Publié le 05/09/2019 à 10:20
Le procureur de la République de Grasse, Fabienne Atzori, aux côtés de son vice-procureur Emilie Taligault.

Le procureur de la République de Grasse, Fabienne Atzori, aux côtés de son vice-procureur Emilie Taligault. C. C.

Meurtre de Salomé : Aurait-on pu la sauver ?

Causes de la mort, intervention de la police, antécédents troublants... Le drame de Cagnes soulève de nombreuses questions. Le procureur de Grasse a livré ses premières pistes hier

Une alerte en plusieurs temps

« Amin, je te quitte ». Tels sont les propos qu’aurait tenus Salomé G., au cours de la violente dispute qui a précédé le drame, selon les témoins. Malgré leurs appels répétés, l’alerte a manifestement eu du mal à passer dans un premier temps. « Le premier appel n’a pas abouti, semble-t-il », explique le procureur de Grasse, Fabienne Atzori.

« Ensuite, il y a eu deux appels. Le premier a été interprété de manière un peu ambiguë. L’adresse évoquée pouvait faire référence à celle d’un précédent incident, pour lequel police secours avait été avisée, au cours duquel des voisins avaient signalé des hurlements. La mère de famille a donc rappelé pour préciser l’adresse. Et elle a décrit une scène qui glace le sang... »

Autopsie réalisée hier

A l’heure où s’exprimait le procureur, « l’autopsie [était] en cours de réalisation, en présence du juge d’instruction », a précisé Fabienne Atzori. Des analyses complémentaires seront sans doute nécessaires pour tirer des conclusions.

Si les premières constatations laissent à penser que la jeune femme a succombé « à un violent traumatisme crâno-facial », une strangulation peut aussi être à l’origine de l’issue fatale. Pour Fabienne Atzori, « les résultats de l’autopsie seront déterminants pour établir les causes de la mort, mais aussi pour l’enquête confiée à l’IGPN sur la non-assistance à personne en péril ».

Une seconde enquête confiée à l’IGPN

On savait déjà que le parquet de Grasse avait saisi la police des polices (l’IGPN), afin de préciser les conditions d’intervention des équipages ce soir-là. À cette enquête administrative est venue s’en ajouter une autre, judiciaire, comme l’a révélé France Bleu hier matin.

Cette enquête pour non-assistance à personne en péril vise à préciser les réactions exactes des policiers, mais aussi des témoins, pour voir si elles étaient adaptées. L’objectif, résume Fabienne Atzori, est de répondre à la question : « Si les policiers l’avaient trouvée, est-ce qu’on aurait pu la sauver ? »

Antécédents troublants

Le procureur de Grasse confirme qu’aucune plainte ni main courante n’avaient été déposées, durant les neuf mois de la relation entre Salomé G. et Amin M. En revanche, le meurtrier présumé avait déjà fait parler de lui. Sa propre mère avait déposé plainte contre lui à deux reprises en 2017 et 2018, « dans un contexte familial extrêmement particulier ». Il l’avait d’abord enjointe à quitter le domicile pour... y avoir des relations sexuelles avec ses petites amies. L’autre plainte, pour violences sur ascendant, avait également été classée sans suite.

D’autres plaintes ont subi le même sort faute d’éléments suffisants, en 2016, à Antibes. Cette fois, il s’agit de relations avec sa précédente petite amie. Elle aurait d’abord signalé une simple gifle, avant de décrire des actes de torture, comme le révélait Nice-Matin hier.

Il l’aurait plongée dans une baignoire, ligotée, pour lui faire avouer qu’elle le trompait. La justice n’a pu en savoir plus, faute de confrontation et de témoin. Par ailleurs, la mère de cette jeune femme a déposé une main courante à Vallauris : selon elle, Amin M. aurait « involontairement » poussé sa fille sur la voie ferrée « du côté de Cannes ». Un incident qui résonne de manière funeste : le corps de Salomé gisait à proximité d’une voie ferrée.

Perpétuité encourue

Placé en détention provisoire, Amin M. nie toute responsabilité dans la mort de sa compagne Salomé G. Il reconnaît la dispute, mais assure avoir quitté les lieux, et estime qu’elle a pu être victime d’une mauvaise rencontre.

Une attitude classique dans les affaires de violences conjugales, où certains « jouent une carte, et ont le droit de le faire, explique le procureur de Grasse. D’autres reconnaissent, voire revendiquent. » Malgré son casier judiciaire vierge, Amin M. joue gros, très gros. En cas de procès d’assises pour « homicide par concubin », il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.


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