Marc Monnet, directeur du Printemps des arts: "Je n'aurais jamais pu organiser un tel festival ailleurs"

Marc Monnet, le directeur du Printemps des arts, doutait de sa réussite il y a onze ans. Il exprime sa joie d’avoir pu créer le festival qu’il souhaitait.

André Peyregne Publié le 06/04/2014 à 07:10, mis à jour le 07/04/2014 à 08:48
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C'est un directeur de festival heureux qui célébrera aujourd'hui le trentenaire du Printemps des arts.

Marc Monnet, le directeur du Printemps des arts, doutait de sa réussite il y a onze ans. Il exprime sa joie d’avoir pu créer le festival qu’il souhaitait.

Le jeudi 19 avril 1984, le grand chanteur Ruggero Raimondi, attaché à la Principauté de Monaco et au cœur des mélomanes du monde entier - ne serait-ce que par son interprétation de Don Juan dans le film de Losey - donnait le concert d'ouverture du premier Printemps des arts de Monaco. Dans treize jours, le festival fondé à la demande de la Princesse Grace par le directeur des affaires culturelles de l'époque, Antoine Battaini, aura trente ans.

Trente années de bonheur, où l'on a applaudi les plus grands solistes et les plus belles formations du monde, trente années qui s'interrompirent l'année de la mort du prince Rainier, survenue le 6 avril 2005.

Le Printemps des arts fête aujourd'hui ses trois décennies, avec une série de manifestations qui commenceront à 17 heures sur la place du Casino et se termineront dans la nuit après une soirée jazz. Marc Monnet en est le directeur depuis onze ans.

 

Comment avez-vous connu le Printemps des arts ?

Comme compositeur ! En 1990, les Percussions de Strasbourg avaient programmé une de mes œuvres, Sans que je le sache. C'est à cette occasion que j'ai découvert le festival.

Quelle était cette œuvre ?

« Bibilolo » … que j'ai reprise mercredi dernier !

Comment êtes-vous passé du stade de compositeur à celui de directeur ?

 

Sans que je le cherche ! Rainier Rocchi, alors directeur des Affaires culturelles, m'a approché et proposé la direction artistique, ayant entendu parler des manifestations originales que j'avais créées à Paris ou Mulhouse.

Avez-vous aussitôt accepté ?

Non ! J'ai pensé qu'il y avait une erreur de casting ! Que mes façons de faire ne correspondaient pas au classicisme du festival de Monaco ! Lorsque j'ai été relancé, j'ai demandé à venir assister anonymement au festival suivant, afin de comprendre les attentes du public… J'ai ensuite écrit à l'intention de la Princesse Caroline un projet dans lequel je proposais de bousculer les habitudes, les répertoires et les publics, j'envisageais d'utiliser des lieux nouveaux comme… les parkings. Je proposais de m'ouvrir à la musique contemporaine et à la musique ethnique… Alors que j'imaginais être recalé, la princesse Caroline m'a approuvé sur tout.

Quelle quantité de vos projets initiaux avez-vous réalisé ?

Quatre-vingt-dix pour cent !

Vous êtes un directeur heureux ?

Oui. Je me sens à la fois libre et soutenu. Alors qu'en dehors de la Principauté la bureaucratie freine et paralyse tous les projets sortant de l'ordinaire, il n'y a qu'à Monaco qu'on peut envisager une telle manifestation. Je ne pourrais réaliser un tel festival nulle part ailleurs ! »

 

 

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