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Les grandes affaires criminelles de la Côte d'Azur (6/8): Marie-Hélène disparue sans laisser de traces depuis 1991

Mis à jour le 28/12/2019 à 16:59 Publié le 02/01/2020 à 18:00
La mère de Marie-Hélène Audoye, disparue en 1991, n’a jamais cessé de la chercher.

La mère de Marie-Hélène Audoye, disparue en 1991, n’a jamais cessé de la chercher. Photos archives NM

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Les grandes affaires criminelles de la Côte d'Azur (6/8): Marie-Hélène disparue sans laisser de traces depuis 1991

Dans notre Hors-Série "Les grandes affaires criminelles", Nice-Matin revient sur huit faits divers qui ont marqué la Côte d'Azur.

C’est une fois encore l’histoire d’une quête éperdue qui n’aboutit pas, celle d’une mère qui n’a jamais renoncé. Les affaires de disparitions sont les plus horribles parce qu’elles refusent même la certitude du pire, préférant distiller le doute qui ronge comme un acide, creusant petit à petit une plaie toujours à vif, impossible à cicatriser.

Comme Renée Le Roux, comme les époux Saint-Aubin, Annie Audoye fait partie de ces parents-courage qui ne baissent jamais les bras.Qui cherchent la vérité jusqu’à leur dernier souffle.

Depuis ce jour de 1991 où sa fille, Marie-Hélène, s’est littéralement volatilisée, elle remue ciel et terre sans aucun répit.

Marie-Hélène avait 22 ans. Une jolie jeune femme, grande, mince, brune aux yeux verts. Qui aimait la vie, avait des amis, un travail: elle était représentante en pharmacie.

C’est dans ce cadre que, le 21 mai 1991, elle quitte son domicile de Cagnes-sur-Mer. Elle rend d’abord visite à un pharmacien monégasque. Il est absent, elle dépose un petit mot griffonné sur la porte: "Bisous, à la semaine prochaine."

Un témoin la voit remonter dans sa voiture, une Renault Supercinq blanche de fonction, immatriculée dans le 92. Il est 14h15. Elle démarre pour entreprendre une tournée professionnelle dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes. On ne la reverra jamais, pas plus que sa voiture.

On n’était pas encore à l’époque des téléphones portables et ses parents, qui habitent Antibes, ne s’inquiètent pas tout de suite. La jeune femme est indépendante et leur a dit qu’elle partait en tournée. Le vendredi, cependant, toujours sans nouvelles, ils commencent à s’affoler. Interrogent l’entourage de Marie-Hélène. Personne n’a de nouvelles. La police est avertie, les recherches commencent.

Au fil des jours, des semaines et des mois, tout l’arrière-pays, jusqu’à Briançon, est passé au peigne fin.Les ravins sont explorés, un lac est même vidé, des centaines de personnes sont interrogées. En vain.

Le splendide sourire de Marie-Hélène Audoye, disparue à l'âge de 22 ans.
Le splendide sourire de Marie-Hélène Audoye, disparue à l'âge de 22 ans. Photo DR

De leur côté, les parents de Marie-Hélène ne restent pas inactifs.Ils participent aux recherches, louent un hélicoptère pour survoler les zones difficiles d’accès, un sonar pour sonder le canal de la Durance. Ils distribuent des milliers d’affiches.

En 1994, Annie Audoye joue les "femmes-sandwich" au Festival de Cannes, une manifestation que fréquentait sa fille, pour tenter d’obtenir des renseignements. Des récompenses sont proposées, des numéros de téléphone dédiés distribués... Les appels seront nombreux
– médiums, radiesthésistes, illuminés, escrocs... – mais ne feront pas avancer le dossier.

Non-lieu au bout de 22 ans

Au fil des mois et des années, cependant, les enquêteurs acquièrent une certitude : il ne s’agit ni d’un suicide – qui a été très rapidement écarté – ni d’un accident. Sinon la voiture blanche de Marie-Hélène aurait été retrouvée..

La piste criminelle semble donc la plus plausible. Un étrange homme d’affaires suisse, qui passait des petites annonces pour recruter des jeunes femmes et organisait des castings dans des villas de luxe, est un temps inquiété. Il sera même inculpé et écroué. Mais les investigations n’aboutissent nulle part et les poursuites contre lui sont finalement arrêtées.

Le petit ami de la disparue va se trouver à son tour dans le collimateur. Lui et une jeune femme très proche de lui, qui était apparemment jalouse de Marie-Hélène.

En 2005, un détenu raconte avoir recueilli des confidences d’un tueur à gages, qui lui aurait dit avoir tué la jeune femme et jeté son corps en mer. Justement, le numéro de téléphone de cet homme figure dans le carnet d’adresses de la rivale jalouse. Hasard ou élément de preuve? Là encore, l’enquête n’aboutira à rien de probant.

Le 19 mars 2013, au terme de 22 ans d’investigations, la justice jette l’éponge, sous la forme d’un non-lieu. L’instruction est close. Coup de poignard pour Annie Audoye, qui perd son mari cette année-là.

Mais si la justice a cessé de chercher Marie-Hélène, elle ne renonce pas. Et ne cesse dès qu’elle en a l’opportunité de lancer cet appel poignant: "Qu’ils parlent, même anonymement ! Il n’est jamais trop tard pour dire la vérité. Pour que l’on puisse donner un linceul à Marie-Hélène."

On aimerait tant que cet appel, enfin, soit entendu.


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