“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Découvrez l’offre numérique > Abonnez-vous

Le tournage était "hollywoodien" dans le Var mais le film n'est jamais sorti: une arnaque planétaire à plus de 20 millions de dollars?

Mis à jour le 13/01/2021 à 16:41 Publié le 11/01/2021 à 11:33
En septembre 2014, les caméras de la production canadienne avaient fait une halte à Grimaud pour des scènes de reconstitution de la Seconde Guerre mondiale avec, entre autres, le  Monégasque Arnaud Jouan (en vignette) dans la peau d’un jeune résistant.

En septembre 2014, les caméras de la production canadienne avaient fait une halte à Grimaud pour des scènes de reconstitution de la Seconde Guerre mondiale avec, entre autres, le Monégasque Arnaud Jouan (en vignette) dans la peau d’un jeune résistant. Photo Luc Boutria

Monaco-matin, source d'infos de qualité

Le tournage était "hollywoodien" dans le Var mais le film n'est jamais sorti: une arnaque planétaire à plus de 20 millions de dollars?

Plus de 20 millions de dollars auraient été amassés auprès de 650 personnes dans le monde pour le tournage d’une trilogie "hollywoodienne" réalisée en partie dans le Var, mais qui n’a jamais vu le jour.

En septembre 2014, les équipes d’un imposant tournage se fixaient entre Tourtour et le pied du moulin de Grimaud, pour mettre en boîte quelques scènes de La Prophétie, second volet d’une ambitieuse trilogie baptisée Le Convoi Lovaganza (contraction de "Love" et "Extravanganza").

L’occasion de rencontrer alors les deux jeunes premiers, Marie-Ange Casta, "petite sœur de..." et le Monégasque Arnaud Jouan, dans la panoplie de résistants pris dans la tourmente d’une intrigue située en 39-45.

La Seconde Guerre mondiale en Provence était en effet au cœur du concept un brin fumeux de cette trilogie, fondée sur "la paix universelle".

Marie-Ange Casta castée en un jour!

"J’ai reçu un coup de fil un dimanche pour auditionner le lundi. C’est une vraie chance d’intégrer ce casting international!", vantait, à l’époque, Marie-Ange Casta qui faisait du cinéma sa priorité.

Le choix s’est révélé infructueux puisque le film n’a jamais vu le jour! Pire, le couple de réalisateurs, Jean-François et Geneviève Gagnon, ainsi que les producteurs Mark-Erik Fortin et Karine Lamarre, font désormais face à la justice au Québec pour avoir sollicité des fonds illégalement.

Sur le plateau grimaudois, avec la comédienne Marie-Ange Casta, Jean-François  et Geneviève Gagnon.
Sur le plateau grimaudois, avec la comédienne Marie-Ange Casta, Jean-François et Geneviève Gagnon. Photos Luc Boutria

Leur stratagème? Faire rêver des investisseurs avec un tournage "hollywoodien" à vocation humanitaire et promettre des rendements de deux à dix fois leur mise.

Il faut croire qu’ils étaient persuasifs puisqu’ils sont parvenus à inciter des investisseurs à engloutir des centaines de milliers de dollars dans l’aventure!

Les producteurs ont déjà plaidé coupable et sont actuellement dans l’attente de leur sentence. Quant aux réalisateurs du Convoi qui menaient grand train à titre personnel, "entre Los Angeles et la Côte d’Azur", ils sont aussi visés par l’Autorité des marchés financiers du Québec. Leur procès doit commencer le 17 février prochain.

Les plus récents chiffres collectés concluent à plus de vingt millions de dollars amassés auprès de 650 personnes durant la dernière décennie. Les rebondissements de l’affaire ne cessent de faire les gros titres de la presse québécoise.

"Fraternité universelle" devenue cauchemar

"Ces individus sollicitent toujours de l’argent à travers le monde pour la production d’autres vidéos. Ils promettent des retours sur investissements irréalistes et ne remboursent jamais les prêteurs", indique une source proche du dossier.

"À ma connaissance, ils n’ont pas sollicité de fonds régionaux pour leur tournage. Au niveau local, nous sommes donc épargnés côté financier", estime le directeur de la Commission du film du Var, Michel Brussol.

Le film n'est jamais sorti et des centaines de personnes ont été flouées.
Le film n'est jamais sorti et des centaines de personnes ont été flouées. Photo Luc Boutria

Le premier opus du Convoi Lovaganza devait être présenté à Cannes en mai 2015. Puis, les trois films devaient sortir successivement de juin à août 2015, "sur les écrans du monde entier", avec pour thématique "la quête de la fraternité universelle".

Depuis, c’est exactement l’inverse qui s’est produit. L’écran est demeuré noir et les protagonistes du projet, sous leurs allures bienveillantes, n’ont fait qu’aviver les tensions du "mépris de son prochain", via leur arnaque planétaire.

"Ils nous promettaient cinq fois le montant investi"

Une partie des plaignants ont initié une action collective pour espérer revoir un jour leur mise... Extraits de témoignages.

"Poudre aux yeux"

"On trouvait que trois films en trois ans, c’était rapide mais ils nous ont affirmé qu’ils avaient l’appui de grands du cinéma, dont Steven Spielberg, Walt Disney Pictures, etc. De plus, ils ont nommé plusieurs personnalités, dont Bono et Julian Lennon qui s’impliqueraient dans le projet car ils y croyaient. Ils ont mentionné qu’ils nous offraient cinq fois le montant investi. Nous avons reçu à quelques reprises des courts-métrages afin que nous gardions foi en l’aboutissement de Lovaganza. Nous sommes toujours dans l’attente de la réalisation dudit projet. Tout ceci n’est que de la poudre aux yeux!"

Mise en demeure

"Pour motiver mon investissement, Marc-Erik Fortin m’a confirmé avoir refusé une entente de 700 millions avec un studio majeur parce que (soi-disant) Steven Spielberg leur avait dit que leur projet valait plus d’un milliard ! M. Spielberg ne semble pas les connaître, car il a mis ses avocats contre Lovaganza."

À l’arrivée, les promoteurs du projet ont dû effectivement se rétracter sur ces fausses allégations, à la suite d’une mise en demeure des représentants du réalisateur de E.T..

La fondation ONE du chanteur Bono et d’autres célébrités ont aussi nié être liées au projet...

"Grave erreur"

"Ils faisaient beaucoup de "name dropping". On me disait que je devais faire vite si je voulais faire partie des ‘‘privilégiés’’ qui ont cru et contribué au projet dès le début! J’ai remis un chèque. Pour me rassurer, ils m’offraient même de contribuer en payant directement des factures de dépenses reliées au tournage du film… Encore une fois, je me laisse convaincre et je fais un deuxième investissement, via un dépôt directement sur le compte d’un des producteurs. Grave erreur..."

Offre numérique MM+

...


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.