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Le pire en prison est de n’avoir rien à faire

Mis à jour le 14/12/2019 à 10:10 Publié le 14/12/2019 à 10:10
C’est dans l’une de ces cellules que le détenu a été retrouvé pendu.

C’est dans l’une de ces cellules que le détenu a été retrouvé pendu. archives Monaco-Matin

Le pire en prison est de n’avoir rien à faire

Après le suicide d’un homme dans sa cellule, le 28 novembre, le directeur des Services judiciaires estime qu’il faudrait développer les activités et permettre aux détenus de travailler en prison

L’enquête suit son cours. Hier, les investigations n’étaient toujours pas terminées dans cette affaire qui constitue une première dans l’histoire de la maison d’arrêt de Monaco. Jeudi 28 novembre, entre 20 h et 21 h, un détenu s’est suicidé dans sa cellule (lire Monaco-Matin du 30 novembre). Ce n’était jamais arrivé dans cette prison.

L’enquête concerne notamment l’ensemble des surveillants qui ont pour mission de veiller sur les détenus. Il s’agit aussi de savoir ce qui a pu conduire ce ressortissant roumain de 28 ans, en détention préventive dans le cadre d’une affaire de vol et d’usage frauduleux de moyen de paiement, de mettre soudainement fin à ses jours.

« Des rondes toutes les heures »

« Soudainement », parce que, comme le confie Robert Gelli, le directeur des Services judiciaires de la Principauté, « aucun élément ne permet aujourd’hui d’avoir une explication précise ». Le garde des Sceaux monégasques, après un tour de table effectué avec le personnel pénitentiaire, relève qu’« il n’y a eu aucun signe précurseur » de ce malheureux passage à l’acte. « Il ne s’est pas dégagé de mobile, pas plus qu’une explication, sous réserve de la découverte de nouveaux éléments », ajoute le patron de la justice monégasque, dont la maison d’arrêt entre pleinement dans le champ des compétences.

Fatalement, la question du défaut de surveillance va se poser aux enquêteurs de la Sûreté publique. Sur ce point, le directeur des Services judiciaires indique que « des rondes sont effectuées toutes les heures ». Et c’est à l’occasion de l’une d’elles qu’un surveillant a découvert que le détenu, entre 20 h et 21 h, s’était pendu dans sa cellule, avec l’aide d’un drap.

« J’ai immédiatement fait un point avec le directeur de l’établissement sur cet événement tragique. De mémoire de Monégasque, jamais un détenu ne s’était volontairement donné la mort dans cette maison d’arrêt », ajoute Robert Gelli.

« Un manque d’activités proposées aux détenus »

Ce drame, nécessairement, soulève des questions. Aurait-il pu être évité ? Que faire pour que cela ne se reproduise plus ? Le directeur des Services judiciaires entend réfléchir aux mesures à prendre pour prévenir le suicide dans cette maison d’arrêt. « Je vais travailler sur cette question avec le parquet général, afin de mettre en place des mesures plus complètes. Cet événement pousse à la réflexion. »

Fraîchement installé à la tête de la justice monégasque - ce haut magistrat marseillais a pris ses fonctions le 21 octobre dernier -, Robert Gelli a visité la maison d’arrêt de Monaco le 11 novembre. Sa première impression ? « L’établissement est bien tenu. Je note toutefois un manque d’activités proposées aux détenus. Par exemple, ils ne peuvent pas travailler. Il faudrait ouvrir cette possibilité, trouver des partenaires pour cela, mais aussi développer les activités culturelles, éducatives et sportives. Le pire en prison est de n’avoir rien à faire. »

L’enquête dira si l’ennui peut aussi conduire au suicide.

Une cour de promenade « très limitée et très étroite », un gymnase « tout petit ». Robert Gelli, le tout nouveau directeur des Services judiciaires, constate que la maison d’arrêt de Monaco souffre du manque d’espace. Et comme la Principauté doit composer en permanence avec son exiguïté, la prison devra en faire de même car l’éventualité d’un agrandissement est totalement exclue. L’idée du patron de la justice monégasque est donc de « réfléchir sur la manière de mieux aménager les espaces pour améliorer les conditions de vie. C’est un projet à long terme ». L’idée est lancée.


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