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Le meurtre le plus glauque de l'histoire de Monaco

Mis à jour le 31/10/2017 à 09:56 Publié le 31/10/2017 à 10:00
La Une du Petit Journal du 25 août 1907.

La Une du Petit Journal du 25 août 1907. Photos Association des Cartophiles de Monaco

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Le meurtre le plus glauque de l'histoire de Monaco

Histoire vraie à glacer le sang ou images satiriques, l'association des Cartophiles de Monaco exhume, en ce jour d'Halloween, quelques archives de la Principauté qui font frissonner.

En cette période d'Halloween et d'hommage aux morts, quoi de mieux que de faire appel à la mémoire -et la collection- de l'association des Cartophiles de Monaco pour exhumer des souvenirs lugubres de la Principauté.

L'affaire la plus glauque de l'ère moderne reste sans conteste celle dite de "La malle sanglante", qui avait fait l'objet d'une enquête minutieuse -signée René-Yves Dubos- dans le Bulletin n°29 de l'association des Cartophiles de Monaco en mars dernier.

Outre ce fait divers des plus sordides, des cartes postales satiriques et macabres remémorent la polémique survenue autour du Casino de Monte-Carlo, à la fin du XIXe siècle, après les déboires de joueurs emportés par l'avarice. En désespoir de cause, certains se pendaient ou se jetaient du pont, d'où une succession de tirages de cartes postales satiriques éditées à l'extérieur de la Principauté, essentiellement par de taquins -et peut-être jaloux du succès des jeux- voisins niçois.

Un aristocrate et une danseuse y apparaissent pendus au fronton du Casino, sous l'œil d'un valet en approche avec une énorme paire de ciseaux en mains. "Le clou permanent de la saison de Monte-Carlo", peut-on lire sur ces cartes qui présentent aussi la particularité d'être des photomontages. "Ces cartes sont "lignées" derrière, c'est-à-dire datées d'avant 1904. Mais je pense qu'elles sont plutôt de 1897-1898", note le président de l'association des Cartophiles de Monaco, Patrick Occelli.

l'épouvante à Monaco

La Une du Petit Journal du 25 août 1907 et son bain de sang suffisent à résumer la barbarie de l'acte. Celui d'une femme démembrée par un couple diabolique, en 1907, dans le huis clos monégasque de la villa Menesini, alors située boulevard des Moulins.

Une histoire qui aura fait les gros titres de la presse internationale sous différentes accroches: "Le crime de Monte-Carlo", "La malle sanglante", "La malle rouge", "Une femme découpée en morceaux"…

L'histoire justement. Début 1905, Vere Thomas Saint Léger Goold, aristocrate déchu, et son épouse Marie Violette, posent leurs valises à Monaco. Leur plan: "Une martingale infaillible pour gagner le jackpot à la roulette". Mais l'appât du gain conduira le duo infernal à commettre bien plus qu'une arnaque. Leur victime, une Suédoise répondant au nom de Lévin (ou Liévin) et réputée autant pour son "intelligence" que pour sa "générosité", notamment avec les époux Goold.

Invitée à prendre le thé chez eux, la victime sera découpée dans la baignoire avant que sa dépouille ne soit déposée dans une malle expédiée, par le train, vers Londres. C'est la perspicacité d'un commis d'expédition de la gare Saint-Charles à Marseille, interpellé par "un liquide rougeâtre", qui permettra de confondre le couple.

Au milieu de vêtements maculés de sang, la police découvre le corps décapité d'une femme. Les membres sectionnés et l'abdomen éviscéré. Tête et jambes sont retrouvées dans un autre bagage à main aux côtés d'un sac de bijoux.

M. Goold sera condamné au bagne où il mourra en 1909. Quant à Mme Goold, elle sera condamnée à mort avant d'être graciée par le prince Albert-1er et d'être contrainte à des travaux forcés à vie. Vie qu'elle perdra précocement en 1914.

Le mystère demeure toutefois sur l'éventuelle complicité d'une troisième personne…


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