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Le jour où sa bravoure a failli lui coûter la vie

Mis à jour le 08/02/2017 à 05:16 Publié le 08/02/2017 à 10:57
L'ambassadrice de France à Monaco, Marine de Carné-Trécesson, a félicité l'agent de police Johann Joquera, aux côtés de Richard Marangoni, directeur de la Sûreté publique et Adrien Viviani, président de l'ANM ONM, la section Monaco de l'ordre national du Mérite.

L'ambassadrice de France à Monaco, Marine de Carné-Trécesson, a félicité l'agent de police Johann Joquera, aux côtés de Richard Marangoni, directeur de la Sûreté publique et Adrien Viviani, président de l'ANM ONM, la section Monaco de l'ordre national du Mérite. Jean-François Ottonello

Le jour où sa bravoure a failli lui coûter la vie

Lorsqu'il est intervenu entre une femme et un homme violent sur le parking de Latte, en Italie, le policier monégasque, qui habite à Castellar, ne savait pas que l'agresseur était atteint du sida et de l'hépatite C…

Ce mardi, à la Maison de France, les membres de l'ordre national du Mérite ont remis le prix d'action civique à Johann Jorquera, agent de police à la Sûreté publique, né à Monaco et habitant Castellar.

Une récompense comme un point final après l'agression et le cauchemar qu'il a subi.

C'était le 25 mai 2014. Une journée pas tout à fait comme les autres puisque le Grand Prix de Formule 1 l'encourage à prendre la voiture en direction de l'Italie. Destination : le supermarché Conad de Latte pour acheter des fleurs à l'occasion de la Fête des mères. Dans le parking, alors qu'il s'apprête à partir, Johann Jorquera est témoin d'une altercation entre une femme tenant un enfant dans ses bras et un homme, «la petite cinquantaine, agressif verbalement et physiquement.»

Le policier monégasque tente de calmer la situation mais rien n'y fait. «Je lui ai proposé ma place de parking. Et soudain, j'ai reçu un coup au visage. Je me suis alors défendu, l'ai ceinturé et nous sommes tous deux tombés au sol.» Les deux hommes sont alors blessés.

La Croix-rouge et les carabiniers interviennent. Pas question de rentrer à la maison. Johann Jorquera arrive au poste des carabiniers de Vintimille. C'est là que ses collègues italiens lui disent que l'agresseur est un toxicomane, bien connu des services de police.

«Une chance sur deux d'avoir contracté le VIH»

Mais il apprend surtout que l'homme est porteur du virus du sida et de l'hépatite C.

Johann Jorquera sait qu'il a été, de sang à sang, en contact avec le malade. «J'ai demandé d'aller au Centre hospitalier Princesse-Grace le plus vite possible.»

C'est là qu'il voit le docteur Philippe Heudier. «Il m'a dit: "C'est un cas d'école pour être contaminé". Vous avez une chance sur deux.» Une chance sur deux… et d'abord pas une seconde à perdre.

La trithérapie fut lancée pour un mois. «C'était extrêmement lourd. Je dormais vingt heures par jour. J'avais en permanence des vomissements et des étourdissements. J'ai perdu onze kilos. Presque trois ans plus tard, je me réveille parfois avec le goût du médicament dans la bouche.»

Johann Jorquera se rappelle encore du jour où il devait appeler le médecin pour savoir s'il avait ou non contracté le VIH. «Je suis resté une heure chez moi, dans le noir, les volets baissés. Je n'arrivais pas à passer ce coup de fil. Les effets secondaires étaient tels que j'étais convaincu d'être malade. Et puis j'ai décroché mon téléphone. J'ai su alors que je n'étais pas séropositif. Rien que d'y penser, ça me perturbe encore.»

Un soulagement. Mais aussi «un épuisement physique et mental.» Il fallait alors remonter la pente. J'ai dû prendre ensuite des médicaments pour rétablir mon système immunitaire.

Avant, Johann Jorquera travaillait pour la police de nuit. Aujourd'hui, il travaille de jour, en section de proximité.

«Nous sommes passés au tribunal en Italie. Je suis victime sur le pénal. Le préjudice moral a été costaud. Mais je n'ai pas souhaité poursuivre ce monsieur.»

Alors hier, les membres de l'ordre national du Mérite ont donné l'occasion à Johann Jorquera d'être récompensé à l'issue de cette triste histoire. «Je suis extrêmement fier aujourd'hui et ça me fait très plaisir. Je suis un policier et il est normal que je rende service. Être policier c'est 24 h sur 24. C'est un état d'esprit, pas une fonction. Si j'avais fermé les yeux, je n'aurais pas pu dormir.»

«C’est admirable»

Le directeur de la Sûreté publique était présent, ce mardi à la Maison de France,pour rendre hommage au courage de l’agent de police. «Un agent de police l’est 24 heures sur 24. C’est important d’être exemplaire. Pour être respecté, il faut être respectable. Et cette respectabilité est une norme que nous devons avoir en permanence. Le geste de Johann Jorquera est un acte fort qui doit servir d’exemple à tous ses collègues. Ce type d’événement montre les valeurs aux plus jeunes de notre profession.Johann Jorqueraa pris des risques. C’est admirable. Il a fait preuve d’un grand acte de civisme

à partir de 1 €


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