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Le faux prêtre Don Romano écope de 30 mois de prison pour avoir escroqué une paroissienne varoise

Se faisant passer pour un moine franciscain, Edmond Romano avait soutiré l’été dernier 2.500 euros à une paroissienne raphaëloise. Il s’agit de sa deuxième condamnation dans le Var.

V.W. Publié le 22/11/2021 à 20:18, mis à jour le 22/11/2021 à 20:26
Don Romano a abusé de la charité d’une fidèle de la basilique Notre-Dame-de-la-Victoire, à Saint-Raphaël. Photo DR

La messe (judiciaire) est dite: Edmond Romano, faux prêtre mais vrai escroc, a été condamné ce lundi à trente mois d’emprisonnement avec maintien en détention par le tribunal correctionnel de Draguignan. La justice des hommes l’a reconnu coupable d’avoir soutiré 2.500 euros à Marinette (1), fidèle de la paroisse Notre-Dame-de-la-Victoire, à Saint-Raphaël.

Pour ce faire, le sexagénaire s’était fait passer pour un moine franciscain auprès de sa victime. Abusant de "l’âme charitable" – et de la candeur – de la retraitée, il était parvenu à lui faire croire être le directeur d’un orphelinat à Abomey, au Bénin, et qu’il avait besoin d’argent pour recruter un professeur.

"Messager" de Padre Pio

Fin observateur, Don Romano avait remarqué que la paroissienne vouait un culte à Padre Pio (2). Il avait alors poussé le vice jusqu’à affirmer recevoir nuitamment des messages du saint homme. Messages qu’il partageait évidemment avec sa nouvelle "amie". Cette dernière, "la gentillesse incarnée" selon son avocate Me Anne-Claire Burot, n’avait pas hésité pas en contrepartie à lui reverser la totalité d’une "tirelire", environ 1.500 euros. Puis à lui acheter "divers cadeaux" pour un montant de 1.000 euros. Devant les enquêteurs, Edmond Romano avait reconnu avoir dépensé cet argent "dans des fringues" mais n’avoir jamais forcé Marinette à lui donner "quoi que ce soit".

Atteint d’un cancer?

À confesse dans le box du tribunal correctionnel, l’escroc a en revanche choisi de faire vœu de silence, ne donnant aucune explication. "J’aurai bien aimé savoir pourquoi ce choix d’abuser d’une croyante, d’utiliser les artifices de l’Église", regrette la procureure Pauline Loine. Le prévenu a en revanche affirmé souffrir d’un cancer de la prostate en phase terminale. Sans n’apporter de document justifiant de son état de santé. "Il ne me reste que trois mois à vivre. Je ne veux pas me soigner. J’arrive à une période de ma vie où j’estime avoir le droit de choisir qu’elle se termine." Une façon "d’apitoyer le tribunal" selon la partie civile. "Moi, je suis comme saint Thomas, je ne crois que ce que je vois", pique Me Burot.

 

Faute de sermon de la part du principal intéressé, il faut donc se tourner vers son passé pour tenter de comprendre ce présent apocalyptique. "Edmond Romano, c’est 40 ans de mensonges" poursuit l’avocate de la partie civile. Et 26 mentions au casier judiciaire.

"Abus de charité"

Quatre décennies à se faire passer pour un autre, à chaque fois dans un but crapuleux: médecin, inspecteur de la Cour des comptes, ingénieur du bâtiment. Et surtout, fort d’une certaine connaissance théologique, pour un homme de Dieu. Ce dernier rôle de composition lui a d’ailleurs valu, en 2018 à Toulon, une condamnation à deux ans d’emprisonnement. Mais aussi, dès 1998, le surnom de "fripouilles des bénitiers" chez nos confrères de Libération.

Mais quand l’accusation pointe un "abus de charité", la défense n’y voit aucune révélation. "Aux innocents les mains pleines, relève Me Christophe Mairet. Edmond Romano n’a jamais demandé de l’argent à Marinette. On lui donne, il le prend. Il s’est juste présenté comme un homme foi. Il a juste profité de la charité chrétienne d’une croyante." Charité bien ordonnée commence par soi-même: en guise de pardon, Don Romano devra également verser à sa victime 5.700 euros de dommages et intérêts. Amen.

1. Le prénom a été changé.

2. Capucin et prêtre italien mort en 1968 et canonisé en 2002.

Offre numérique MM+

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