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Le coach sportif d'une salle de Nice faisait du trafic de produits dopants

En enquêtant sur un coureur de demi-fond, des gendarmes ont découvert un trafic de produits dopants au sein d’une salle de fitness niçoise.

Christophe Perrin Publié le 22/06/2021 à 16:20, mis à jour le 22/06/2021 à 16:36
Des produits, importés en toute illégalité, permettent à certains adeptes de la musculation de prendre rapidement du volume. Photo R. R

Leur rêve est d’augmenter leur volume musculaire, leur force physique tout en diminuant la masse graisseuse. Ils sont prêts à tout dans leur quête du corps parfait et certains, comme Ryan, 25 ans, les conseille.

Coach sportif dans une salle de fitness niçoise jusqu’en janvier, féru de diététique, le jeune homme a acheté sur Internet et revendu à des adhérents du Sustanon, de l’ Oxymétholone, du Clenbuterol…

"Ce n’était pas un business"

C’est en enquêtant sur un athlète de demi-fond qui cherchait à se procurer des produits dopants à Nice que des gendarmes ont découvert le commerce illicite de Ryan, 25 ans.

Depuis sa garde à vue en janvier dernier, le jeune homme explique avoir changé de métier. De nombreuses boîtes de médicaments et des fioles en tout genre ont été saisies à son domicile lors d’une perquisition.

 

Le laboratoire des douanes a confirmé la présence de molécules classées comme substances vénéneuses.

Ryan, adepte du culturisme, avoue avoir été "un gros consommateur" de ces produits illicites avant les compétitions. Il se défend d’être un trafiquant: "Ce n’était pas un business. C’était pour un cercle fermé. C’était plus du conseil, un service rendu à quatre ou cinq personnes, pas plus."

Sur les écoutes téléphoniques, il apparaît que Ryan démarchait parfois des clients. Il recevait des colis d’un peu partout en Europe. Une dose achetée 15-20 euros en Bulgarie était revendue 70 euros. "La marge était confortable", remarque le président Alain Chemama. "C’est curieux, on a retrouvé des médicaments cachés dans des bottes de votre compagne", ajoute le magistrat.

Infertilité, acné et risque cardiaque

"Vous en pensez quoi de ces produits?" interroge le procureur Thibault Rossignol. "C’est cher payé pour les résultats obtenus", admet le prévenu. Le procureur dresse la liste des effets secondaires des hormones de croissance et des stéroïdes anabolisants: acné, attaque du foie, infertilité, risque cardiaque… "Ce qui m’arrive est un mal pour un bien. C’est une erreur de parcours utile", commente Ryan qui fait mine d’avoir pris conscience de la dangerosité des produits après son arrestation.

 

Le procureur regrette dans son réquisitoire "la banalisation de ces produits dans les salles de sport, le rôle néfaste de certains influenceurs" . Il demande au tribunal de retenir les délits "d’activité illégale de pharmacien" et il requiert un an de prison dont six mois ferme à effectuer sous le régime d’un bracelet électronique.

Le jeune homme devra se soumettre à un suivi de deux années et à une obligation de soins.

A l’issue de la plaidoirie de Me Tordo, Ryan est condamné à un an avec sursis et une période probatoire de deux ans. La peine est assortie d’une amende de 1.000 euros et d’une interdiction pendant trois ans d’exercer la profession de coach sportif.

Un autre coach (défendu par Me Taieb) qui a joué les intermédiaires a été condamné à trois mois de prison avec sursis.

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